Intersate 40

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Il est 7 h 22 à Rio Rancho, New Mexico, 6 h 22 à San Francisco et 15 h 22 à Paris. Nous sommes le dimanche 20 octobre, voilà une semaine pleine que nous sommes sur la route, et nous attaquons la deuxième partie du voyage.
Nous avons quitté Flagstaff hier peu après 8 h et pris l’interstate 40 que nous avons suivie pratiquement tout du long sur 328 miles (527 kilomètres), jusqu’à Albuquerque. Nous nous sommes posés une première fois pour un brunch copieux chez Denny’s, en plein territoire Navajo, et ici pratiquement tout le monde était indien, le personnel et les clients, à l’exception de deux ou trois bikers et des routiers de passage, rednecks pur jus. Plus loin, nous nous sommes arrêtés quelques fois pour prendre des photos ou visiter des boutiques d’artisanat local, et il fallait chercher au milieu du fatras pour touristes pour espérer trouver un peu d’authenticité, mais peu importe, nous n’étions pas là pour acheter : le Nouveau-Mexique nous attendait, Albuquerque et Santa Fé down the road nous combleraient.

Tout du long, nous avons écouté une playlist que j’avais élaborée consciencieusement comme un long hymne à l’Amérique, cette Amérique que je porte en moi depuis 25 ans, celle qui m’est apparue quand j’ai pour la première fois mis le pied sur ce territoire, celle qui va de New York à Chicago, de Topeka au Grand Canyon, de Flagstaff à Los Angeles ; l’Amérique profonde, celle des champs de blé à perte de vue, des déserts et des canyons, celle qui s’écrit en roulant, celle que Kerouac écrivit sur un rouleau. Une Amérique qui ne me lâche plus, une Amérique chantée par Dylan, Springsteen, Elliott Murphy ou Johnny Cash.

Le paysage qui nous conduisit de Flagstaff au Nouveau-Mexique a été tout du long magnifique, un éblouissement continu, et je garde en moi cette image particulière, avec en fond sonore, la reprise de Blue Moon par les Cowboys Junkies, douce et mélancolique : face à moi, la route, qui s’étend à à perte de vue, et sur ma droite, le désert, au loin une montagne teintée de rouge et devant un train de marchandises qui passe lentement, trainant ses dizaines de wagons, un convoi si long qu’il semble ne jamais devoir finir.

Une photo par jour : 197 — Quelque part sur l’interstate 40, en Arizona
Fragments d’un voyage : De Las Vegas au Nouveau Mexique, octobre 2013

Licence Creative Commons

2 réflexions sur “Intersate 40

  1. Que de souvenirs magnifiques vous avez gardés au fond de vous même! Et quelle joie de pouvoir les refaire surgir au long de ce superbe périple!

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