les secondes passent avec une lenteur infinie


Le message préenregistré qui annonce par deux fois la prochaine station, le crissement des freins quand le métro arrive à quai, la brusque secousse avant-arrière, le claquement des portes qui s’ouvrent, le brouhaha diffus qui l’enveloppe parfaitement (une gangue faite de paroles échangées, de rires, de filets sonores aigus brouillés en provenance des casques ou écouteurs intra-auriculaires branchés sur smartphones ; les gens qui se lèvent tous ensemble, les pas, les roulettes des valises, le froissement du plastique, du coton, des tissus — vestes qui retombent, sacs ajustés sur l’épaule, même le souffle léger de la toile fixée sur l’armature des sièges qui se tend lorsque les corps s’en extraient), tout ça son cerveau l’a identifié, classé, mémorisé sans qu’il s’en rende compte. Le stylo tenu au-dessus du carnet noir, il n’en a que l’écho inconscient ; la pensée en suspens, il est tout entier à observer le ballet compact des personnages qui rentrent et sortent de la rame. De la grisaille qui surcharge tout l’espace se détache des aplats mouvants de beige, de rouge et de vert : auréolée de lumière, une silhouette sur le quai marche dans sa direction ; on dirait que c’est vers lui qu’elle se dirige (pour lire de près, il porte des lunettes, mais quand il lève les yeux à ce moment précis, il voit flou ; il ne comprend pas pourquoi, il a oublié les verres de correction, son esprit occupé à la phrase qui trace des arabesques dans sa tête), bientôt, les couleurs s’agrègent devant lui, la femme qui s’avance gracieusement, il la contemple maintenant magnifiée bien que plus vaporeuse encore, il esquisse un geste vers ses lunettes, mais une note de musique, une voix et le voilà déjà transporté ailleurs, son cœur se serre, réminiscence d’une histoire ancienne, tu verras, tu verras (coincée dans l’angle d’un des couloirs de sortie, invisible depuis la rame, une fille seule avec sa guitare chante Nougaro) ; la sonnerie du métro retentit précisément 5 secondes, les portes se referment, il détourne le regard — son stylo, son carnet, il a perdu le fil —, lorsqu’il relève les yeux la femme a disparu. Bien sûr, rien de tout ça n’est venu jusqu’à lui sous forme de pensées structurées ; des flashs, plutôt (images lointaines, souvenirs gazeux), qu’accompagnaient un imperceptible tressaillement du corps, un frisson, un battement de cœur. Et ça ne dura que quelques instants, 18 secondes d’éternité qu’il oublia pourtant presque aussitôt.


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre.
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Revue La Piscine n°2 : les couvertures

Chers amis,
Voici, les couvertures (recto/verso) du numéro 2 de la Revue La Piscine, dont le thème est Incidences / coïncidences :

Connexion et pouvoir de la pensée, impression de « déjà vu », loi de Murphy, synchronicité ; personnes, lieux, circonstances qui font douter, rêver, s’émerveiller et bouleversent ainsi nos parcours de vie. Les coïncidences sont-elles uniquement le fruit du hasard ? Quelle est la part insidieuse de nos croyances dans le déroulé de l’existence ? Quelles en sont les incidences ? Qui agit sur qui, sur quoi et pourquoi ? Du cercle vertueux à la spirale infernale, que signifient ces phénomènes ? Autant de questions à se poser. Autant de questions pour soulever l’écriture (une nouvelle, un poème, un récit). Autant de questions à illustrer par des œuvres décalées : « L’insolite est inséparable de l’amour, il préside à sa révélation » écrivait André Breton ; « la photographie, une suite de coïncidences merveilleuses » disait de son côté Henri Cartier-Bresson.

Parution octobre 2017.


Photos : Philippe Castelneau
Maquettes : Alain Mouton

(Pour commander les anciens numéros, c’est ici).

Fantôme de soi, écrivain

Cher F,
Pour répondre à l’exercice que tu nous as assigné, voici plusieurs jours que je m’échine à imaginer la biographie d’un auteur fantôme, et je n’arrive à rien. J’ai exploré les recoins de ma bibliothèque en quête d’inspiration, en vain. Et puis, en rêve, me sont venus une histoire et un nom. Au réveil, fébrile, je me suis précipité sur mon traitement de texte pour noter ce dont je me souvenais encore. Voilà, j’avais mon auteur. Seulement, peu après, je retrouvais pour déjeuner mon ami Florent G., et comme je lui en parlais, il fut pris d’un fou rire qu’il n’arrivait pas à contenir. « Tu plaisantes, bien sûr ? » finit-il par dire. Il s’avéra que je n’avais rien inventé : mon auteur, scénariste de comics dans les années soixante-dix, quoique fort méconnu, existait bien. Adolescent, j’avais même eu en main ses bandes dessinées, sans que je me souvienne de son nom (il faut dire qu’à l’époque, les auteurs étaient rarement crédités). Je me mis alors en quête d’informations à son sujet, mais ne trouvais rien, ni sur internet ni en bibliothèque. Enfin, je suis tombé sur ce texte étrange, déniché chez un bouquiniste et qui faisait partie d’un package promotionnel destiné à accompagner le lancement d’un projet multimédia qui, à ma connaissance, n’a jamais vu le jour. Je t’en propose un extrait, pour que tu t’en fasses une idée :

En France, dans les années 70, on lit Pif Gadget et les Quatre As ; nous lisions Jack Kirby, Gene Day et Edward Alexander Dawn.
En 82 la France se pâme devant Sophie Favier, nous, du haut de nos 15 ans, dans la torpeur de nos nuits moites, les yeux clos, nous faisons danser sous nos mains Margaux Hemingway et Pauline Lafont.
Quand la France bouge mollement sur « Vacances j’oublie tout », nous pogotons sur le cadavre encore tiède de Claude François, au son des Sex Pistols, des Ramones et des Cryo Boys on LSD.
Aujourd’hui Sophie Favier va bien. Margaux Hemingway et Pauline Lafont sont mortes. Jack Kirby, Gene Day sont morts; Sid Vicious est mort. Joey, Dee Dee, Johnny et Tommy Ramone sont morts également, et Edward Alexander Dawn, on ne sait plus très bien… Mais peut-être devrions raconter cette histoire autrement.

Edward Alexander Dawn: sorti de nulle part, il débarque à New York à la fin des années soixante et réinvente l’art de raconter une histoire illustrée en 24 pages. Si l’on ne se souvient plus guère de lui, son style immédiatement copié devient emblématique de la culture pop, combinant les styles classiques d’un Jack Kirby et d’un Wallace Wood avec la folie d’un Salvador Dalí. Le grand public l’ignore, mais il devient la coqueluche des happy few. Andy Warhol l’invite à la Factory, on lui prête une liaison avec Edie Sedgwick. Ça ne dure pas, et il quitte bientôt New York pour la Californie. Dans un marché dominé par deux éditeurs sur lequel ils règnent en maîtres, il se lance avec l’ambition de créer seul et en quelques mois un univers aussi riche que ceux patiemment élaborés trois décennies durant par ses concurrents. Ils ont Batman et les X-Men, lui s’inspire de l’épopée de Gilgamesh et veut redonner vie aux dieux babyloniens. Quelques titres sortiront bientôt, mais ils sont mal distribués, et l’affaire fait long feu. Dawn prend le maquis, on le retrouve quelques années plus tard musicien. On le dit fou, il se prétend magicien. Le voici chanteur, leader des Cryo Boys on LSD, un groupe punk qui n’est pas sans rappeler le Velvet Underground croisé quelques années plus tôt chez Warhol. Lui dira seulement qu’à cette époque Lou Reed l’écoutait avec attention quand il jouait de sa guitare. Une pop électrique incandescente coulée dans un métal froid et coupant, un EP, pas même un album, six titres pour solde de tout compte, et les Boys disparaissent. Dawn ne donnera plus signe de vie avant longtemps.

Nous avons dix ans, Pierre Scias nous voit passer chaque semaine dans sa librairie, 38 rue Dauphine à Paris. Il nous aime bien et nous met dans les mains les rares exemplaires de Rise and Fall of Babylon qu’il a chez lui. L’histoire n’est pas complète, l’impression est de mauvaise qualité, on n’y comprend rien, qu’importe : ce sera notre trésor.
Sept ans plus tard, de comics, il ne nous reste que ceux-là. Les autres, on les a revendus, pour s’acheter des vinyles chez Parallèles. Le punk, on prend le train en marche, et c’est par hasard et avec beaucoup de chance qu’on déniche dans un bac ce disque réputé introuvable que l’un de nous achète pour la pochette. Ça n’est que plus tard, en lisant les notes au dos de l’album qu’on retombera sur ce nom qu’on croyait avoir oublié : Edward Alexander Dawn. À l’écoute des paroles, on sait. On ressort les comics, on se les lit en boucle en écoutant pareil le disque.
Les deux plus grosses claques de nos jeunes vies, c’est lui qui nous les a données. Personne ne le connait, et son nom chuchoté devient notre sésame. Il est la clé de notre monde, il devient notre dieu. Nous étions amis, nous serons frères de sang. Par provocation, Dawn, sur la couverture d’un de ses magazines, avait inscrit : lisez ce livre, puis brûlez-le ! Armés d’un couteau, à grand renfort de Jack Daniels et de tabac qui fait rire, nous nous sommes entaillé les mains, mêlant nos sangs au-dessus du disque et des comics. Puis nous avons jeté dessus l’essence de nos Zippo et une allumette, et nos objets fétiches ont disparu dans une épaisse fumée toxique.
Lequel de nous trois eut le premier l’idée de cette cérémonie ? L’un ou l’autre, peu importe : c’était Dawn qui nous l’avait commandé.

Les années ont passé, et Dawn n’est pas réapparu. On l’a longtemps cru mort, avant de retrouver sa trace en Inde au tournant du millénaire. Mais il n’était déjà plus là lorsque nous y parvînmes. Il était en Indonésie, disait-on, au Sri Lanka ou en Thaïlande. Le tsunami de 2004 effacera définitivement sa piste.

Son œuvre, inachevée, protéiforme est aujourd’hui introuvable. Plusieurs fois, nous avons voulu la continuer, nous heurtant à chaque coup à la colère et aux représailles d’un groupe de fans organisés en secte, se faisant appeler les Annunaki.
Mais peu nous chaut aujourd’hui la folie de quelques-uns, il nous semble plus important de renouer avec un héritage qui autrement risquerait de disparaitre. Notre ambition est de redonner corps au dessein de Dawn, et comme il nous l’a appris, sous des formes variées.
Ainsi, DAWN, c’est désormais le nom de notre collectif : Deceptive Audio Waves Network comme acronyme possible.
Romans graphiques, nouvelles, récits imaginaires ou relations d’évènements bien réels, en lien ou non avec la fiction d’origine, nous mélangerons tout, brouillant à notre tour les pistes pour mieux nous retrouver. Musique aussi, et autour du noyau dur, des invités, et les portes sont ouvertes pour qui voudrait se joindre à l’aventure.

Rise and Fall of Babylon; Babylone renaît, et tandis que dans les airs s’élèvent à nouveau les dieux, retentit le son amplifié d’un lourd rock électrique.
DAWN COLLECTIVE: 2 stylos, une guitare, maximum rock’n’roll !

Le texte que tu viens de lire était à l’origine accompagné d’un carnet de croquis, d’une courte nouvelle et d’un CD (tout cela avait disparu de la boite que j’avais achetée).
Maintenant, tu en sais autant que moi. Pour autant, je reste sceptique quant à l’existence de ce Dawn. Quelque chose me chiffonne, et je me demande quand même si tout ça n’est pas un coup monté par l’ami Florent.
Il est passé chez moi l’autre jour, et comme j’étais dans la cuisine, je l’ai distinctement entendu parler de Dawn avec quelqu’un dans la pièce à côté. Je me suis précipité pour voir : il était seul, et c’est à moi qu’il parlait, en définitive.

Enfin, je ne suis pas plus avancé pour ce qui nous concerne, j’en ai peur. Aussi je jette l’éponge. Je me rattraperai sur un autre exercice.

Bien à toi,
Philippe


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre.
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Alors quoi, Sarah ?… Vous croyiez la connaître ?…

Alors quoi, Sarah ?… Vous croyiez la connaître ?… C’est son maquillage, sa peau diaphane barbouillée de couleurs qui vous retournait le sang ?… Le rouge un peu trop rouge sur ses lèvres… le khôl sur ses yeux… Tout, trop appuyé… « Elle avait en elle une maladresse presque enfantine »… Vous êtes sérieux ?… Non, mais, écoutez-vous !… Vous dites : « pour elle, la vie était un jeu »… Ah ça, oui, d’accord, elle jouait : elle se jouait de vous, vraiment !… Elle était fragile, vous dites… Ah oui, fragile !… Regardez-vous, regardez bien : c’est vous qu’elle a brisé, non ?… Une enfant ? Elle était plus femme que bien des femmes, vous pouvez me croire… Et puis, elle avait mon âge, Sarah… Vous l’ignoriez ?… Si vous saviez comme elle se riait de vous… Comme on riait tous les deux… Elle me disait tout… Ah ! ça, vous pensiez lui en apprendre, hein ?… La musique savante, les arts… Des heures, vous lui parliez et vous étiez convaincu qu’elle buvait vos paroles… Enfin, étiez-vous aveugle à ce point ?… Et toutes ces choses vulgaires qu’elle aimait, vous en faisiez quoi ?… Elle était comme toutes ces jeunes filles qui jouent avec le sens des images, oies blanches plaintives à l’inspiration chétive… Quoi ?… Vous en voulez encore ?… Ça vous plaît, hein, qu’on remue comme ça la fange ?… Pardon ? Mais si elle était un ange, vous étiez quoi, vous ?… Elle n’était pas naïve, elle, ça non… Creusons… Creusons encore… Jusque sous les cicatrices… Jusqu’aux articulations… Creusons à l’os… Ce qu’il y a dessous n’est pas beau à voir… Ni vous d’ailleurs : vous n’êtes pas beau à voir, qui vous mourez de ce mal mystérieux qu’on appelle la culpabilité… Secouez-vous, bon sang !… C’est elle qui était corrompue !… Elle qui jouait l’équilibriste avec la mort… Elle était belle, dites-vous ? C’est que vous ne l’avez jamais vu grimacer… Parce que si vous l’aviez vue telle qu’elle était vraiment, vous en auriez eu la nausée… Vous ne pouvez pas savoir comme elle se moquait de vous… Vos mots coulaient sur elle et elle faisait mine de vous écouter, mais elle n’écoutait pas… Elle était toujours ailleurs… Elle avait toujours un temps d’avance… Manipulatrice… Cette fille n’était qu’illusions… Partout où elle allait, elle portait la destruction… Et vous, vous ressentiez quoi ? Un imperceptible trouble… Un fluide poétique, dites-vous ?… Votre esprit anémique est encore ébloui par les nuits passées avec elle… Décidément, vous faites peine à voir… Oh, mais rassurez-vous !… Demain, vous dormirez tranquille… Le tribunal prononcera sa sentence, je serais le coupable… Oui, allez si vous voulez, le coupable c’est moi… Mais la victime, c’est moi aussi… Et c’est vous, et tous ceux qui ont croisé sa route… Vous ignoriez qu’il y en avait eu d’autres ?… Vous voulez que j’arrête ?… Je vous torture ?… Pardon ? La décence ?… Quoi ?… La morale ?… Ah, elle a bon dos, la morale !… Mais allez, vous avez raison, ça suffit : il convient désormais de faire place au silence.


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre.

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Une soirée entre amis : chronique des temps modernes

Imaginez-vous la scène : un soir de la semaine, vous décidez de retrouver des amis dans un lieu familier. Rien n’est prévu, mais vous savez qu’en général ils trainent par là. Vous poussez la porte, il y a du monde, et vous apercevez tout de suite des visages connus. Vous voici bientôt attablé avec Pierre, qui vous parle de sa journée, et Christian, qui vous montre ses dernières photos de famille. Florence était en train de vous dire quelque chose, mais elle disparait soudain, et à sa place, un type, au demeurant sympathique, engage la conversation avec vous. Très vite, il vous précise qu’avant d’aller plus loin, il a besoin de vos coordonnées bancaires. Du côté de Pierre, qui est assis à votre droite, un brouhaha monte : un attroupement s’est formé sans que vous vous en rendiez compte, et chacun maintenant semble avoir son mot à dire sur votre discussion. Le ton est vif et les insultes fusent. Les plus virulents, étrangement, portent des masques et refusent de dire leurs noms. Pierre voudrait mettre fin à l’échange, mais rien n’y fait. Vous décidez de changer de table et alors que vous reprenez votre discussion là où vous l’aviez laissée, un type surgit qui vous insulte avant de disparaitre aussitôt. Sans plus de manière, une jeune femme s’assoit à votre gauche et vous demande si vous accepteriez de lui accorder 5 minutes pour évaluer votre expérience client concernant la boisson que vous aviez commandée en arrivant. Il suffit de répondre à quelques questions, et si elle note vos nom, prénom et adresse mail, elle vous assure que votre anonymat sera préservé.
Vous vous tournez vers vos amis. « La prochaine fois, vous leur dites, choisissons un lieu moins fréquenté. » « Google+ ? » propose Pierre, sans conviction. « Twitter ? », tente Christian.
« En tout cas, plus Facebook », dites-vous, et vous sortez sans prendre la peine de dire au revoir.


Photo : à la santé du fantôme, Londres, un soir d’octobre 2014.

De l’autre côté du miroir


Photo : Séville, juin 2014

(photo coming soon)

Social network automatic poetry

I’m Ready Now
I saw it in the sky
Yours are the brightest eyes
I love all the details : it’s absolutely beautiful !
(photo coming soon)

Are you looking for a starter?
it’s another beautiful weekend
today is the day you will fall in love
I hope to see you
please stop by

Are you looking for a smooth closing?
Woke up at 5 AM this morning
I drove through the neighborhood,
and look what I found sitting on the front porch?
Oh Lord, let me be the one who helps you


poésie automatique à partir d’un réseau social

Recette :
1. balayer distraitement, sur le réseau social de votre choix, les pages de personnes inconnues
2. prélever ça et là des mots ou des expressions toutes faites
3. délayer grossièrement
4. saupoudrer le tout sur une page vierge de votre traitement de texte
5. c’est prêt !