Un ange vagabond

Un ange est venu pour le rachat des âmes. Il voulait me sauver. Il ne m’a pas trouvé. Il a trouvé le bar.


Las Vegas, août 2018. Une nuit que je tournais en rond sans trouver le sommeil, je fini par m’assoupir un court moment aux premières heures du jour. Je rêvais cette photo, et une nouvelle qu’elle pourrait illustrer.
En voici, en quelque sorte, l’incipit et le pitch !

Littéra-Tube au Centre Pompidou

Dans le cadre du Festival Extra ! consacré aux littératures hors du livre, qui se tient du 5 au 9 septembre 2018, me voilà au programme du Centre Pompidou, au sein de l’exposition collective Littéra-Tube, une proposition de Gilles Bonnet, Erika Fülöp et Gaëlle Théval ! Pas peu fier 😉


LITTÉRA-TUBE
UNE PROPOSITION DE GILLES BONNET, ERIKA FÜLÖP ET GAËLLE THÉVAL

5 – 9 sept. 2018 de 11h à 21h
Forum -1 – Centre Pompidou, Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Qu’est-ce que la Littéra-TUBE ?
« Par Littéra-TUBE, je propose de désigner un corpus nouveau et en expansion constante, regroupant les expériences actuelles de vidéo-écriture, qui explorent un pan audio-visuel de la littérature diffusée sur Internet. Qu’il s’agisse de contenus nativement numériques et « YouTubéens », c’est-à-dire pensés et créés pour être mis à disposition d’un public d’internautes usagers du site, ou de contenus provenant d’autres médias (TV, radio, captations) et désormais remédiatisés, transférés sur la plateforme. C’est un écosystème littéraire inédit qui se construit ici, interrogeant le statut du littéraire via la mise en place de modalités neuves de publication. »
Issue d’une triple évolution, la Littéra-TUBE revendique une littérarité non logocentrée, qui la place au cœur des enjeux contemporains de redéfinition en acte du littéraire par la littérature numérique.

Parmi les contenus nativement numériques, les journaux vidéo ou vlogs (vidéo-blogs) prennent la place quantitativement la plus importante. Inspirés par les vloggueurs américains populaires pour certaines techniques, par le cinéma documentaire et le journal filmé pour d’autres aspects, et continuant en même temps la pratique du journal extime d’écrivains et de bloggueurs, ces journaux vidéos sont des compositions d’images du vécu, de musique et de réflexions, parfois parlées mais plus souvent inscrites directement sur les images.
Plus expérimentale, la poésie vidéo se sert de ces éléments aussi bien que de l’animation et d’autres jeux visuels, la génération automatique de textes, la voix automatique, et tout ce que le médium et les logiciels de montage permettent, mais propose ce que Tom Konyves appelle « une expérience poétique », plutôt qu’une expérience plus ou moins directe du quotidien vécu.
Certaines de ses modalités de présence sur Youtube relèvent d’un transfert, à l’instar de nombreuses formes cinématographiques, vidéo ou nativement numériques interactives dont la vidéo propose alors une capture, là où d’autres formes se lient de manière directe à la plateforme, reprenant et travestissant ses codes spécifiques dans des formes nouvelles de vidéoperformances.

Gigantesque archive du temps présent, Youtube permet enfin de rendre accessibles des vidéos d’événements éphémères comme les lectures publiques et les performances poétiques. Institutionnelles ou sauvages, les très nombreuses captations qui y circulent donnent à voir un pan important de la littérature hors livre en performance. « Toute une vie littéraire du XXIe siècle se bâtit et se conserve également sur la plateforme, qui remédiatise d’anciennes prestations télévisuelles d’écrivain.e.s, et qui aujourd’hui offre un espace neuf de présentation et de discussion des oeuvres par leurs auteurs mêmes, souvent accompagnés, d’ailleurs, par leurs éditeurs. »
De l’entrelacs de la création et de la prescription naît enfin une communauté riche de « lectubeurs.euses », à la fois proches et lointain.e.s des mieux connu.e.s booktubeurs.euses. Lectubeurs et lectubeuses lisent, à voix haute, des textes littéraires – rarement les leurs ; à voix autre, pour dire la littérature au coeur du royaume de l’image, en adoptant, pour les détourner éventuellement, les fondements des cultures numériques : improvisation, fragmentation et appropriation de contenus.

Avec diffusion d’extraits des vidéos YouTube de :
Pierre Alferi – Armand le Poète – Jean-Pierre Balpe – Gracia Bejjani – François Bon – Patrick Bouvet – Michel Brosseau – Philippe Castellin – Philippe Castelneau – Boris Crack – Gwen Denieul – Arnaud de la Cotte – Jérôme Game – Brigitte Giraud – Pierre Guéry – Noémi Lefebvre (Studio Doitsu) – Perrine Le Querrec – Corinne Lovera Vitali – Arnaud Maïsetti – Canan Marasligil – Alma Maria – Jean-Charles Massera – Anh Mat – Pierre Ménard – Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet – Ottaras – Charles Pennequin – Mathias Richard – Milène Tournier – Stéphen Urani – Laura Vazquez – Alma – Tom Konyves – Jonas Mekas – David Perlov

Pierre Ménard a eu la bonne idée de regrouper ici l’ensemble des vidéos projetées. Merci à lui.

The cornershop

The Cornershop bar, Londres, janvier 2018
Boxpark Shoreditch, Londres, janvier 2018

 

L’Angleterre, c’est ma première histoire d’amour, et c’est mon premier baiser.
Je rencontrais Alison à dix ans, au cours de l’été 1978, dans un camping de Loire Atlantique, et tombais foudroyé, amoureux au premier regard. Alison ne parlait pas français, je bafouillais tout au plus quelques mots d’anglais. Nous communiquions malgré tout, traçant nos noms dans le sable, marchant timidement l’un près de l’autre sur le bord de la plage, main dans la main, deux enfants complices jouant un jeu encore innocent devenu incompréhensible aux adultes. Je partais huit jours plus tard sans avoir pu lui dire adieu. Ce fut un long chagrin d’amour, un bleu à l’âme dont je porte encore l’ecchymose, une blessure profonde devenue douce et qu’on appelle mélancolie ; c’est un *blues* qui ne me quittera plus.
Deborah, je la rencontrais 6 ans plus tard. Nous étions une vingtaine d’adolescents, filles et garçons, en stage d’intégration en vue d’un séjour long à l’étranger. Deborah avait deux ans de plus que moi, et s’apprêtait à rentrer chez elle en Angleterre après trois mois passés en France. Elle avait des rudiments de français, mais s’amusait de mon anglais de pacotille, et je m’escrimais une nuit durant à la faire rire, assis sur les marches de l’escalier conduisant à nos chambres, tâchant de repousser le plus longtemps possible le moment de nous séparer, tenant timidement sa main dans la mienne sans oser encore aller plus loin. Elle riait de mes maladresses et j’aimais son sourire. Enfin, elle se blottit contre moi, et sans plus rien dire, serrés l’un contre l’autre, nous regardâmes le jour se lever. Elle fumait et notre premier baiser échangé à l’aube avait le goût de cendre des matins gris d’automne.

(extrait du livre L’appel de Londres, éditions publie.net)


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Paris, Galerie Saint-Marc, février 2018


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Paris qui s’allume

Voir la nuit qui s’étoile et Paris qui s’allume.
— François Coppée


Paris 13e, mars 2018

l’éternelle Italie

San Remo, mai 2018

Solitudes


Paris, février 2018

le même lieu, à quelques minutes d’intervalles.