Derrière la porte, le ciel bleu

Parfois, ce ciel bleu que je vois le matin par la fenêtre me semble inaccessible. Parfois, je crois avoir perdu la clé du cadenas qui ouvrirait en grand les portes de ma pensée, libérant les mots qui rempliraient la page.

J’écris, pourtant. Chaque jour, j’écris. Deux heures, le matin, consacrées à l’écriture.
Levé tôt, le café fort, noir, sans sucre. Concentration maximum, seul face à la page blanche. J’écris, j’efface, je réécris. Parfois, deux heures, c’est une phrase. Une seule phrase, chaque mot pesé dix fois. Les jours se suivent, le texte avance, le texte gonfle. Je me prends à rêver d’un flot continu, inépuisable. Je me prends à rêver au temps qui viendrait à ne plus manquer.

No direction home, peut-être, mais un but vers lequel tendre : rien de plus cette semaine, mais, dans les jours qui vont suivre, un retour à Harlem, et une évocation de Gordon Parks.

Et aussi, une participation à une expérience d’écriture partagée, proposée par François Bon à ses abonnés, autour de Kafka et Roland Barthes.

Chaque jour, écrire.

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L’atelier de Mattt Konture

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L’atelier de Mattt Konture, à Montpellier, à la galerie en traits libres.

Une photo par jour : 227 (oct. 2013)

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Street view

From the window

Retour à Chicago aujourd’hui, avec une photo prise depuis la fenêtre de la chambre de notre hôtel.

Une photo par jour : 224 — Chicago, oct. 2013

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Réflexions (Une photo par jour : 218)

Chicago

38 articles écrits : les bases d’un projet plus ample sont jetées, qui trouvera bientôt ici un nouvel écho.
Le récit de voyage est terminé, mais il reste quelques photos…

Une photo par jour : 218 — Réflexions, Chicago (oct. 2013)

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No direction home

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18 h 05, dimanche 27 octobre, quelque part au-dessus de la côte est des États-Unis, à bord du vol Iberia IB6274, Airbus A340 à destination de Madrid.

Après le petit déjeuner et le check out, nous laissons nos bagages en consigne à l’hôtel, et sortons faire un dernier tour dans la ville, dépensant les derniers dollars que nous avons encore en poche. De retour, en tout début d’après-midi, nous faisons une petite halte dans les salons qui jouxtent le lobby, le temps de jeter un œil à nos mails, puis c’est l’heure de partir, 10 minutes à pieds jusqu’au métro Clarke/Lake, puis 40 minutes jusqu’à l’aéroport. Le voyage, l’enregistrement, les douanes et les couloirs interminables nous conduisent jusqu’à l’heure du départ.

Par le hublot, je vois l’Amérique s’éloigner, qui n’est déjà plus qu’une bande de terre mangée par la mer, et je laisse derrière moi le soleil de Californie, les premiers jours chez P. à San José, je laisse la route et les motels, le désert aride du Nevada, l’Arizona, la chaleur du Nouveau-Mexique et le vent froid dans les rues de Chicago. Je laisse Bob et Angelina, Angela et Byron, je laisse Randy, je laisse John et je laisse tous ceux qui remontent du passé, je laisse New York et je laisse Phoenix, Los Angeles, Barstow et Topeka, je laisse Jason, je laisse Laurell, je laisse Shawn, Melody et Laura, le Grand Canyon et Acoma. J’écris avec ma plume trempée dans le sang de mes veines. Mon âme est balayée par des vents contraires. Je trace un sillon profond dans les terres, je suis de ce pays et je ne suis pas d’ici, je suis le vagabond, l’étranger, le juif errant. Je suis le maudit à genoux sous les portes d’Eden. Je suis un souvenir, un bus traversant les plaines du Kansas, un taxi à New York, un paysage qui s’estompe, un rêve qui passe par Duluth et Hibbing, qui va jusqu’à Pasadena, je suis un rocher à Big Sur, une ferme isolée en Californie, un oiseau au-dessus du Rio Grande. On m’a jeté un sort, je porte en moi une mojo hand, une prière dans un sac, une amulette fixée sur mon cœur qui me retient prisonnier du rêve qui m’a fait grandir. Je ne sais plus d’où je suis. Je rentre chez moi sans plus savoir où je vais. Je regarde derrière, et il n’y a plus rien. No direction home.

Une photo par jour : 217 — La côte Est depuis mon hublot
Fragments d’un voyage : USA, octobre 2013

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