Casser la routine

Comment, avec quelques accessoires à portée de mains, une bouteille d’eau, un miroir de poche ou des clés, on peut brouiller les pistes et rendre une photo originale et intrigante.
Christopher Anderson travaille ici avec un des derniers iPhone (il s’agit d’une vidéo promotionnelle pour Apple), mais les conseils qu’il prodigue peuvent s’appliquer, quel que soit l’appareil que vous avez entre vos mains.

Ce qui compte, ça n’est pas l’appareil, mais c’est votre perception, votre sensibilité : le regard que vous portez sur les choses.

Renversements et variations

Il n’y a aucune règle pour une bonne photographie, il y a seulement de bonnes photographies – Ansel Adams

J’ai toujours un appareil photographique sur moi. Pour fixer les détails les plus infimes du quotidien. Je règle l’exposition en quelques secondes, en fonction du sujet : la vitesse plus ou moins rapide de l’obturateur, l’ouverture plus ou moins grande du diaphragme et la sensibilité ISO, toujours la plus basse possible. Le doigt relâche le déclencheur, je suis déjà passé à autre chose. Plus tard, je retrouve des instants volés, à peine entr’aperçus, que je peux désormais explorer à loisir. Voler du temps au temps, c’est ça, la photographie.

J’ai dit les trois points auxquels il faut être attentif lorsqu’on prend une photo, mais combien de photos ratées pour une photographie réussie ? Une sur trente-six ? Deux ou trois par planche contact ? Le photographe est un animal solitaire qui se confronte seul à ses échecs.

À force de prendre des photographies, les réglages nécessaires deviennent des automatismes, et l’appareil du photographe un objet abstrait, purement utilitaire. Un rectángulo en la mano, disait Sergio Larrain. À ce moment, il est possible de rêver les photographies sans avoir à les prendre. À ce stade, la photographie est un art zen. Une méditation.

J’ai dit les règles d’expositions. J’ai dit la solitude du photographe. J’ai dit le rêve éveillé. Mais je n’ai rien dit de la lumière.


Texte écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre : « En 4000 mots, construction d’une nouvelle » Tous les auteurs et leurs contributions à retrouver ici.
(et toujours les vidéos de François Bon sur ses chaines youtube et Vimeo).

De l’autre côté du miroir


Photo : Séville, juin 2014

Jeunes femmes avec chapeaux


Photo : Sète, festival ImageSingulières. Autour de l’exposition Jeunes — générations, mai 2017

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Nature morte

Quand la nature tente de reprendre ses droits…
Longtemps que je n’avais rien ajouté à mon projet « embrasures » (l’occasion aussi de tester mon nouvel appareil photo nouveau téléphone).


Photo : Vintimille, Italie, avril 2017

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London calling

(Londres, octobre 2014)

L’Angleterre, c’est ma première histoire d’amour, et c’est mon premier baiser.
Je rencontrais Alison à dix ans, au cours de l’été 1978, dans un camping de Loire Atlantique, et tombais foudroyé, amoureux au premier regard. Alison ne parlait pas français, je bafouillais tout au plus quelques mots d’anglais. Nous communiquions malgré tout, traçant nos noms dans le sable, marchant timidement l’un près de l’autre sur le bord de la plage, main dans la main, deux enfants complices jouant un jeu encore innocent devenu incompréhensible aux adultes. Je partais huit jours plus tard sans avoir pu lui dire adieu. Ce fut un long chagrin d’amour, un bleu à l’âme dont je porte encore l’ecchymose, une blessure profonde devenue douce et qu’on appelle mélancolie ; c’est un blues qui ne me quittera plus.
Deborah, je la rencontrais 6 ans plus tard. Nous étions une vingtaine d’adolescents, filles et garçons, en stage d’intégration en vue d’un séjour long à l’étranger. Deborah avait deux ans de plus que moi, et s’apprêtait à rentrer chez elle en Angleterre après trois mois passés en France. Elle avait des rudiments de français, mais s’amusait de mon anglais de pacotille, et je m’escrimais une nuit durant à la faire rire, assis sur les marches de l’escalier conduisant à nos chambres, tâchant de repousser le plus longtemps possible le moment de nous séparer, tenant timidement sa main dans la mienne sans oser encore aller plus loin. Elle riait de mes maladresses et j’aimais son sourire. Enfin, elle se blottit contre moi, et sans plus rien dire, serrés l’un contre l’autre, nous regardâmes le jour se lever. Elle fumait et notre premier baiser échangé à l’aube avait le goût de cendre des matins gris d’automne.


En savoir plus, lire d’autres extraits ou acheter le livre ? Cliquez ici.

Vous pourrez également me retrouver et vous faire dédicacer le livre le weekend prochain, samedi 13 mai, au Salon du livre du Grand Narbonne, sur le stand publie.net.


Oublier le monde


Photo : Paris, jardins du Palais Royal, mars 2017

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