Chimayó

Chimayó, Tsi Mayoh en langue indienne, est un lieu-dit, situé au pied des Sangre de Cristo mountains dans une vallée fertile irriguée par la rivière Santa Cruz, où, à la fin du 17e siècle, se sont établis des colons espagnols. Du fait de la situation géographique, ils y ont développé l’élevage et l’agriculture, et en parallèle ont établi une tradition de tissage de laine. Perpétuant l’héritage de ses premiers habitants, Chimayó est aujourd’hui réputée pour ses étoffes, son chili rouge, ses vergers, et ses élevages de chevaux et de moutons. Mais le village est aussi connu pour son artisanat, mélange d’art d’inspiration coloniale hispanique et indien Pueblo : étains, poteries et couvertures brodées, mais surtout peintures et sculptures sur bois, le plus souvent à connotations religieuses : bultos, petites figurines en bois travaillés, et retablos, panneaux de bois de différentes tailles, sorte de retables naïfs et modestes.

Chimayó est aussi un lieu de pèlerinage : il y a 200 ans, dit la légende, un moine, alors qu’il priait, vit une lumière apparaître sur une colline près de la rivière Santa Cruz. Intrigué, il marcha jusqu’au sommet, et vit que la lumière venait du sol. Il se mit à genoux et entreprit de creuser la terre avec ses mains nues pour en trouver la source, et déterra un crucifix en bois, semblable au Christ noir de la basilique d’Esquipulas au Guatemala.
Ensuite, par trois fois, le crucifix fut emmené lors de processions dans des villages voisins, et les trois fois il disparut mystérieusement, pour réapparaître plus tard, au sommet de la colline, dans le trou creusé par le moine. À ce moment — à cet endroit exact —, commencèrent de se produire des guérisons miraculeuses. On y construisit une chapelle, le Santuario de Nuestro Señor de Esquipulas, où est toujours exposé le Christ en bois, fascinant et mystérieux, qu’il est interdit de photographier. Comme nous, beaucoup viennent ici se recueillir, et emportent avec eux en partant un peu de la terre sacrée.

Paradoxalement, le Rio Arriba County, qui regroupe Chimayó et ses alentours, est également célèbre pour le trafic de drogue que les autorités peinent à endiguer depuis plus de 50 ans. Les règlements de comptes liés au commerce de l’héroïne sont monnaie courante, et la région détient le triste record de morts par overdose par habitant.
En sortant de la chapelle où se trouve le puits sacré d’où l’on peut prélever un peu de terre, une salle propose un mur où sont affichés des photos et des témoignages de miraculés. Près de la sortie, sont également accrochés des portraits de disparus : à côté des enfants de Chimayó morts au combat en Irak et en Afghanistan, il y a les photos des policiers tués au cours de leurs missions.

Une photo par jour : 206 — Sculpture en bois, Chimayó, NM
Fragments d’un voyage : Le Nouveau Mexique, octobre 2013

Licence Creative Commons

2 réflexions sur “Chimayó

    1. Ça n’est pas le Christ sur la photo. Il n’y a pas encore heureusement de distributeur de sofa dans les églises !
      Il s’agit d’une sculpture sur bois dans un magasin, comme je l’indique dans la légende. Le crucifix, il est interdit de le photographier…

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