Cannery Row est un poème

No fishing

“Cannery Row in Monterey in California is a poem, a stink, a grating noise, a quality of light, a tone, a habit, a nostalgia, a dream. Cannery Row is the gathered and scattered, tin and iron and rust and splintered wood, chipped pavement and weedy lots and junk heaps, sardine canneries of corrugated iron, honky tonks, restaurants and whore houses, and little crowded groceries, and laboratories and flophouses. Its inhabitants are, as the man once said, « whores, pimps, gambler and sons of bitches, » by which he meant Everybody. Had the man looked through another peephole he might have said, « Saints and angels and martyrs and holy men » and he would have meant the same thing.”
― John Steinbeck, Cannery Row

Nous avons quitté San José peu après 9 h, emprunté dans un premier temps la 101, avant de rejoindre l’ancienne highway 1 jusqu’à Monterey, où nous sommes arrivés après une petite heure de route. Monte Rey, ainsi nommée en hommage au roi d’Espagne par Sebastián Vizcaíno, capitaine espagnol qui fonde la ville en 1602. Au XXe siècle, jusqu’aux années 40, c’est un port de pêche important, mais la disparition des sardines des zones de pêche provoque la faillite des conserveries, et la ville aujourd’hui vit principalement du tourisme.

Nous nous sommes d’abord arrêtés au fisherman’s wharf, et nous sommes promenés sur la jetée un bon moment. Le temps était splendide et le lieu, avec ses vieux pontons en bois, avait quelque chose de magique. On entendait sous nos pas les otaries, qui parfois pointaient le bout de leur museau pour nous observer. Des dockers chargeaient à la pelle dans des camions la pêche du jour déversée à même le quai par des tapis roulants, en même temps que des tonnes de glace pilée pour garder le poisson frais. Les mouettes produisaient au-dessus des hommes un ballet incessant, ponctué de cris affamés.
Nous avons ensuite repris la voiture et roulé vers le centre-ville, pour nous arrêter dans une brocante, d’où nous sommes ressortis avec trois comic books et une adresse où déjeuner. Le Sea Harvest n’était qu’à trois blocs de là, et nous y sommes allés à pied. À la fois poissonnerie et restaurant, limité à quelques tables, l’endroit ne paye pas de mine, mais la nourriture y est fraiche et savoureuse. Personne ne vient ici, sinon les habitués qui se repassent l’adresse.
En déjeunant, je vis en face de nous, à moins d’un bloc, une librairie et un disquaire d’occasion, et j’allais rapidement y faire un tour tandis que L. retournait à la voiture. Pour la rejoindre, je fis un détour et traversais Cannery row, où les anciennes conserveries ont cédé la place à des boutiques de souvenirs et des restaurants pour touristes, mais dans un cadre préservé, à peu près authentique. Seulement, le peuple décrit par Steinbeck s’en est allé et les marchands ont pris leurs places. À bien y regarder, on doit cependant toujours y trouver des saints et des anges et des martyrs et des hommes de bien.

Une photo par jour : 188 — Fisherman’ wharf, Monterey
Fragments d’un voyage : De San José à Monterey, octobre 2013

Licence Creative Commons

8 réflexions sur “Cannery Row est un poème

  1. Que dire d’autre que les photos sont de plus en plus belles et les récits passionnants je les dévore chaque jour. Ils me transportent dans un monde que j’imagine passionnant.

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