Le gardien du phare

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Je suis le gardien du phare, le voyageur immobile. J’ai dans mes veines un fluide toxique, une encre noire qui fait battre mon coeur.
Tu es la fille du large qui parle à mon oreille endormie. Ma tête est une coquille vide où se dispersent tes rêves. L’horizon trace une ligne inutile depuis longtemps franchie — j’ai mis mes pas dans tes pas d’infini.
Je m’accommode encore de tes allures singulières, pourtant, tes griffes sur mon visage sont moins réelles que la mort aveugle qui me grignote le cerveau.


Photo : Le Phare de la Méditerranée, Palavas-les-Flots, mars 2017

Licence Creative Commons

4 réflexions sur “Le gardien du phare

  1. Il y a les mots, ceux qu’on attrape au large. Qui s’accommodent de la beauté, même inutile. Et il y a tout ce qu’on franchit, et tout ce dont on s’affranchit, à l’horizon et par le rêve. En se berçant le cœur, d’un mirador à l’autre.

    En écho à votre beau texte, monsieur le gardien, j’ai eu envie de jouer un peu, entre cut up et cœur. Belle fin de journée, Philippe.

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