Tentative d’épuisement du monde par la lecture

Levé tôt chaque matin, la journée commence par un peu de lecture. À côté du fauteuil, posés sur l’une des enceintes de la chaine hi-fi, il y a les livres en cours de lecture et ceux à lire ensuite. Il n’y a pas celui du soir, qui traine dans la chambre, ni ceux qui sont dans la liseuse, que je lis la journée. Et quand je m’assois dans le fauteuil, il y a tout autour de moi les bibliothèques qui débordent et les piles posées dessus de tous ces livres encore à lire. C’est comme un doux vertige, et je pourrais finir ma vie ainsi, à lire dans une bibliothèque, dans une course contre la montre perdue d’avance, une tentative d’épuisement du monde par la lecture.

Je suis au mitan de ma vie, et je me tiens encore debout, un livre à la main ; j’ai survécu à l’éclipse solaire du 11 août 1999 et à Paco Rabanne, au bug de l’an 2000, aux prédicateurs et à leur fin du monde de décembre 2012 : le temps, peut-être, joue en ma faveur.

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8 réflexions sur “Tentative d’épuisement du monde par la lecture

  1. 😀 … Une petite fille que j’adore est en train d’apprendre à lire, après plusieurs années où elle se plongeait tout le temps déjà dans les livres (elle préparait avec ardeur cela, c’était clair!! ). Elle m’a fièrement déchiffré ses premières histoires toute seule dimanche, et j’ai repensé à mon propre plaisir énorme, fantastique, de ce monde au même âge. La découverte de ma propre capacité à déchiffrer le continent de la lecture. Ton texte m’évoque aussi cela, j’aime que les livres soient très présents dans ma maison, dans moi.

    1. J’ai un souvenir très précis du premier livre que j’ai lu seul et en entier. C’était un Oui-Oui, et j’étais si heureux de l’avoir fini que je l’ai relu aussitôt, et je n’ai depuis jamais cessé de lire. Plus tard, au sortir de l’adolescence, me voyant toujours avec un livre, on me posera la question : « A quoi ça vous sert, de lire ? » Aujourd’hui, je connais la réponse : ça me sert à être moi. Et si ça ne devait servir qu’à ça, ça serait déjà beaucoup.

  2. J’ai toujours été habituée a voir des livres à la maison. Mes parents et mon frère étaient tous les trois de grands lecteurs. Ce n’es qu’un peut tard que je suis arrivée à la lecture, cela a commencé lorsque j’avais 12 ans par un livre que nous devions lire en classe, un livre tout simple, mais dans lequel je voyais beaucoup d’images à chaque mot. C’était « la gloire de mon père », de Marcel Pagnol. Deux trois ans plus tard je venais dans la chambre de mon frère lui demander de me prêter un livre. Le pli était prit. A la fin de chaque lecture je revenais auprès de lui lui en redemander un autre et , je le laissais choisir.
    Une chose m’étonne parfois chez les gens. Il y a des maisons où il n’y a aucun livre … aucun.

    1. J’adorait Pagnol à peu près au même âge… Je ne l’ai pas relu depuis, et je pense que je n’aimerais plus aujourd’hui, mais j’en garde un souvenir heureux, un plaisir de lecture intact. Le déclic de la lecture passe en général par un seul livre, il suffit de trouver lequel, et c’est pourquoi j’essaie de ne pas porter de jugement sur les livres que les gens achètent. Prendre plaisir à lire, c’est déjà énorme, et souvent, de livres en livres, avec un peu de curiosité, cela conduit à d’autres découvertes.
      Quand je rentre chez quelqu’un, j’aime à regarder ses livres. Parfois, comme tu le dis, il n’y en a pas. D’autre fois, il y a simplement un vieux Larousse usé par les ans, et c’est déjà ça.
      Il y a des gens qui disent ne pas aimer lire. Je pense que personne n’a su leur donner l’envie, leur glisser dans les mains le livre qui fait déclic. Il n’est jamais trop tard, et parfois, en librairie, un adulte vient nous voir et dit : « je veux me mettre à lire, que me conseillez-vous ? » Ca n’arrive pas tous les jours, mais c’est bien plus souvent qu’on ne le pense. Et dans ces moments-là, je me dis que le métier que je fais a vraiment du sens.

      1. Tu dis bien « donner envie de ».
        Comme il n’y a pas de mauvais élèves, il y a simplement de mauvais et même parfois de franchement mauvais pédagogues (c’est quelqu’un qui en a fait les frais qui te dis cela),.
        Parfois lorsque je prends le bus il y a un gosse avec un livre, je remarque que ces gosses là sont franchement plongés dans leur histoire et cela fait plaisir à voir

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