S’enfoncer dans la brume

Jeudi 24 octobre, 8h, près de Montpellier

Genèse

Comme j’écrivais mes larmes une à une, les poches vides et les poings crevés, du sang coula sur la page. La difficulté initiale résidait dans le silence. L’aventure s’entreprend la nuit : la nuit, tout est mouvement.

Pousser la porte, prendre le large

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La grande pièce sombre est vide, sinon pour deux plantes vertes et un tapis de type persan, posés près de l’entrée. Par les fenêtres et les ailes vitrées de la porte-tambour glisse doucement à l’intérieur la lumière triste et grise du jour qui se lève à grand-peine. Deux marches, et je pousse la porte pour rejoindre la terrasse qui semble surplomber la mer, mer peu agitée à forte, vent de force 5 à 6. Il faut descendre par des chemins, passer un mur, escalader encore quelques rochers pour rejoindre le rivage. Dans la maison, loin derrière moi, rien ni personne ne semble avoir bougé. Debout au bord de l’eau, sous le crachin, bercé par les vagues, me prend l’envie de disparaître au monde. Je reste immobile sur la grève, presque en déséquilibre, l’esprit déjà ailleurs, répondant à l’appel du large. Mon corps se dissout dans l’espace, les pieds dans l’eau, le corps dans les rochers, la tête balayée par des vents contraires. Libéré du temps, je vole avec la mouette ; poisson, je nage vers les grands fonds, je suis de ces nuages que le vent pousse toujours plus loin.
Un pas en avant, je disparais dans l’écume soyeuse, un pas en arrière, et je retrouve le monde. Partir, c’est fuir, peut-être, mais on n’échappe pas à soi-même.
Je m’en reviens par les rochers, les chemins, jusqu’à la maison, l’escalier résonne des pas et des rires des enfants. Derrière moi, la porte-tambour tourne à vide.


Photo : Roquebrune-Cap-Martin, mai 2015

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San Remo, mai 2015

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Immersion dans les eaux profondes de l’écriture ces temps-ci, travail au long court, et c’est trop tôt pour en donner des extraits ou même un aperçu. Étrange paradoxe : je suis trop pris par l’écriture pour pouvoir donner ici à lire. Du coup, je donne à voir :

La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.
Paul Éluard – donner à voir


Photo : San Remo, Italie, le 2 mai 2015


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Face à la mer

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La mer, depuis ma fenêtre, me manque parfois. Elle n’est pas loin de là où je suis habituellement, la mer, mais ça n’est pas comme s’endormir bercé par ses vagues, et rien ne vaut le café du matin, quand, face à la fenêtre ouverte, l’horizon où l’eau et le ciel se mélangent, l’esprit encore endormi accumule des images pour plus tard.


Photo : Roquebrune-Cap-Martin, mai 2015

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