L’aube nouvelle

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Voici le jour naissant. Une chanson oubliée chante à mes oreilles, qui parle d’une aube nouvelle et du pays gitan.
Une fille fond en larmes ; c’est ce qui la rend si belle, ce voile de tristesse qui passe devant ses yeux de biche traquée par les chasseurs en meute. Et moi, moi, je ne suis qu’un coq arrogant qui parcourt la lande, courant d’hôtel en hôtel, fuyant les miroirs, criant au ciel pour faire venir l’orage, mais dont la voix ne porte guère plus loin que les premiers nuages. Il me suffirait d’un sourire pour me fixer enfin. Je suis à des années-lumière de trouver le bonheur pourtant à portée de ma main, mais c’est toujours la mauvaise porte que je choisis d’ouvrir. J’ai tracé mille itinéraires, traversé des rivières sans jamais retrouver mon chemin. C’était ici, me dit une petite voix, là devant toi, juste à côté, mais je me suis perdu, encore, sans même voir la lumière filer dans le matin.
La ville est bleue et sombre et la vie passe trop vite dans un bruit de moteur encrassé. La route est de plus en plus encombrée. Des voitures foncent à contresens, leurs pleins phares m’éblouissent comme pour me rappeler de me méfier de toutes les choses qui brillent. Je repars en arrière et, quand finit le jour, je pose ma tête sur un oreiller frais dans une chambre inconnue et laisse venir à moi les rêves de la nuit.


Photo : Lasalle, dans le Gard, octobre 2016

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4 réflexions sur “L’aube nouvelle

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