Donner du sens au chaos

Suivant le conseil de son ami, Adam s’était mis en tête de laisser les choses venir naturellement à lui. Il errait ainsi depuis plusieurs heures dans les rues de Paris. Le matin il s’était rendu dans le quartier de la Butte-aux-cailles, espérant qu’en revenant là, quelque chose se passerait, mais l’endroit semblait ne plus être le même. La magie du lieu qu’il avait ressentie le premier soir avait disparu.

Il était presque 15 heures Il n’avait cessé de marcher depuis le matin, il se sentait fatigué et il avait faim. Ses pas l’avaient conduit près du centre Beaubourg. La foule était dense, et il se fit bousculer à plusieurs reprises. Il repensa aux signes et réalisa que jusque-là il n’en avait vu aucun. Il s’arrêta un instant et laissa son regard errer dans le vague. Une affiche capta soudain son attention. Il s’approcha pour mieux la lire. Dessus était écrit : Le monde est plus magique que vous ne le pensez. Un sourire se dessina sur son visage.

« C’est fort, hein ?
— Pardon ?
— L’affiche. Ce qu’elle dit. C’est ça que vous cherchiez, non ?»


Parfois, lorsque j’étais enfant, il me semblait que le monde qui m’entourait me cachait quelque chose d’essentiel. Je regardais autour de moi, et les passants inoffensifs croisés quelques minutes auparavant devenaient tout à coup menaçants. Un visage se tournait vers moi, et je croyais l’avoir déjà vu plus tôt, mais sur une autre personne. Il n’y avait pas six milliards d’habitants sur la planète, mais une poignée seulement, quelques centaines tout au plus, changeant constamment de costumes et d’identités pour me donner le change. Mais je n’étais pas dupe : j’étais la victime d’une expérimentation, seulement j’en ignorai le but. Et si j’étais le cobaye, alors tous les autres étaient mes bourreaux. Comme David Vincent dans le feuilleton Les envahisseurs, je réalisais bientôt que je ne pouvais faire confiance à personne. Parfois, je voulais bien admettre que mes amis étaient comme moi des victimes. Mais quoi penser de mes parents ? pouvaient-ils ne pas savoir ?
Je n’ai jamais rien dit à personne, et j’ai surmonté seul cette peur panique qui me prenait parfois. On peut mettre ça sur le compte des blessures profondes de la tendre enfance, une manière un peu tordue d’exorciser mes démons, une étape de la construction par laquelle nous passons tous à un degré ou un autre : avec les années, j’ai découvert que de nombreuses personnes se sont un jour posé ces mêmes questions.

Depuis, toutefois, je n’ai jamais cessé de m’interroger sur le monde, sur les choses cachées derrière les choses, et le sens qu’il y a à être là, sur cette petite planète bleue perdue au milieu d’un espace qu’on dit infini.

Je ne crois pas aux théories du complot. Je crois à la révélation. Je crois que nous ne voyons pas parce que nos yeux sont fermés, parce que notre cerveau ne sait pas interpréter ce qu’il y a devant nous et préfère l’ignorer. Nous sommes des fourmis qui s’agitent autour de leur fourmilière sans voir l’enfant penché au-dessus qui s’amuse de nous regarder faire.

Mon livre La grammaire du chaos se classe dans la catégorie « roman ». C’est une œuvre de fiction. Si l’on voulait, on pourrait parler à son propos de fantasy urbaine : il y est question de forces obscures, on y croise des magiciens, une rock star qu’on croyait morte depuis longtemps, et une jeune femme que rien ne préparait à recevoir un pouvoir proprement extraordinaire.
C’est une fantasy, et pourtant on n’y croise pas d’elfes ni de nains, et peu de créatures féériques.
C’est une fantasy, et pourtant tout est vrai. Métaphoriquement, peut-être, mais tout est vrai. Il y a sept ans, j’ai vécu une expérience difficile, mais alors que je croyais toucher le fond, quelque chose s’est ouvert en moi ; le monde s’est ouvert à moi, et j’ai écrit ce livre. C’était mon premier, et il était sans doute maladroit. En le reprenant il y a quelques mois, j’ai eu l’étrange impression de lire un message qui m’était adressé d’un ailleurs que je ne voyais plus. J’y ai lu des réponses à mes peurs d’enfant, et j’ai ressenti le besoin de le retravailler.

Il parait qu’il ne faut pas être trop long sur internet, au risque de perdre son lecteur. Si tel est le cas, alors nul doute que j’ai déjà dû perdre la plupart d’entre vous, aussi je m’arrêterais là.
Pour ceux qui en voudraient plus, je les renvoie au livre. N’oubliez pas, tout est vrai dans ce récit initiatique, pour qui sait lire entre les lignes.

Mais si vous voulez, allez, c’est une fantasy urbaine.


Si vous souhaitez acheter le livre, il ne coûte que 2,99€ et il est disponible .

grammaire du chaos


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7 réflexions sur “Donner du sens au chaos

  1. J’aimerais beaucoup lire ton livre mais je ne peux me résoudre à lire sur un support numérique et encore moins à amener un support numérique dans mon lit (mon lieu préféré pour m’adonner à la lecture)… En tout cas, si jamais un jour ton livre est imprimé, préviens-nous!

    1. J’entends tes retiscences, et pourtant, je trouve qu’une liseuse, au lit, est bien plus pratique qu’un livre papier. Mais il faut essayer pour le savoir 🙂
      En tout cas, promis, le jour où j’ai une version papier d’un de mes livres, je te le dis ! 🙂

  2. Ah voila que ca me redonne l’eau à la bouche tout ça … je vais donc le reprendre itou, ayant lu la premiere mouture avant publication!

    ah, et je suis tjrs en lisse pour te commander un polar noir ou thriller beckettien pour mes 50 ans, dans quinze ans!! ( chuut ) 😉

  3. J’ai changé d’Iphone en septembre, et le 5C rend la lecture de tes romans bien plus aisée que sur mon portable, où je ne suis pas fan de cela. Me voilà donc justement plongée dans « la grammaire du chaos » que je lis de façon chaotique, dans les pauses de mes répétitions des concerts de fin d’année (chut je n’ai rien dit!). Même si je préfère l’objet livre, je m’y fait, et j’aime bien ce moment chaotique, aux rendez vous imprévus.

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