Le bruit des jours · 13 septembre 2026

Chaque dimanche, le journal de la semaine.

Tout recommencer

On n’épuise jamais la vie. C’est la mort qu’on fatigue. Elle qui se désespère.
J’ai en moi un trop-plein d’émotions, de mots et de chansons, un trop-plein d’amour qui se heurte au réel.
J’ai le désir de l’autre que l’étreinte n’éteint pas.
Il n’y a rien à perdre à laisser déborder, et les larmes, et la joie. Rien à perdre à vivre intensément, à courir les chimères, à rattraper ses rêves. Je ne veux plus des faux-semblants, je suis lassé des mensonges, des petits arrangements.

Je n’écris rien qui n’ait déjà été dit. Nous avons les mots en commun et les idées nous traversent, mais ma voix est unique, comme la vôtre est précieuse, comme celles de ceux qui nous ont précédés, dont nous portons la trace, inscrite dans nos gènes. Nos langues se rencontrent et parfois elles se mêlent. Nous sommes nos parents, nos sœurs et nos frères et tous nos ancêtres retournés à la terre, mais dont l’écho résonne dans chacun des battements de nos cœurs.

Il faudrait redevenir sauvage, ou côtoyer les anges. Voir que chacun porte en soi la lumière d’une étoile disparue. Célébrer la vie qui nous traverse comme nous la traversons, comme le vent porte à nos oreilles les noms de nos morts pour qu’on ne les oublie pas.
Je me suis relevé, et mon ombre recouvre le monde, forte de toutes ces âmes enlacées qui sont mon héritage.
Je ne demande rien et peut-être n’ai-je rien à offrir, sinon mon verbe et ma chair et mon sang pour, quand je serai mort, à mon tour, ensemencer la terre.

Les mots se pressent à mes lèvres et la parole me déborde, si bien que vous ne m’entendez pas. Mais j’écris pour demain, quand mon âme aura quitté mon corps.
Peut-être serai-je alors vraiment libre, libéré du poids de mes os. J’aurai la nostalgie de l’eau, du soleil et du vent, de la terre sous mes pieds, de tes lèvres à mes lèvres et de ta peau sur ma peau.
Mais je t’attendrai, mon amour, pour tout recommencer.



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