Catégorie : journal

  • La valise

    La valise

    De mon cercueil ouvert verse ma part blessée. Moi, j’arpente le monde, je creuse sous mes pas l’innocence dure, et je meurs de raison à marcher en rongeant la charité dernière, dans le désespoir de mes poings prisonniers des racines.


    Photo : Montpellier, octobre 2015

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  • Le troisième amour

    abandon

    Pour L.

    Tu es le troisième amour, arrivée au mitan de ma vie, arrivée tard, c’est vrai, trop tard pour l’insouciance, trop tard pour la folie, c’est vrai ; trop tard pour les courses folles, trop tard pour les départs précipités, trop tard pour les déchirures et les réconciliations violentes, trop tard pour les transports naïfs, trop tard pour les mensonges, trop tard pour la patience, trop tard, bien trop tard pour les années d’innocence données encore à perdre.
    Tu es arrivée dans la désillusion et les premières rides, dans le gouffre du temps perdu et le vertige du peu qui nous reste à vivre.
    Mais tu es là, tu m’as saisi au vol quand je partais seul, tu es la compagne de mes fortunes et de mes infortunes, tu es mon amante de mille feux, tu es ma raison et mon emportement, ma passion calme, mon désir, tu es mon dernier voyage, tu es mon cœur qui bat et mon stylo qui écrit, la page blanche, le troisième amour, peut-être, mais tu es mon seul amour.


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  • Un soir au pub

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    Dans un pub, non loin de St Christopher’s place, il y a une inscription au plafond que l’on ne peut vraiment lire qu’allongé sur le sol. C’est une citation attribuée à l’acteur Oliver Reed : S’ils peuvent se coucher sur le plancher sans avoir à se tenir, alors ils ne sont pas ivres, tout juste se reposent-ils. Au Hand and Shears, sur Middle street, les prisonniers étaient jugés à l’étage, et si le jugement était en leur défaveur, ils étaient autorisés à boire un verre au bar avant d’être conduits à la potence. Le Two Brewers, du côté de Covent Garden, s’appelait autrefois le Sheep’s Head, parce qu’on y déposait chaque jour à côté de l’entrée la tête d’un mouton fraichement abattu.
    Un chien, plus vrai que nature, portant sur sa tête une lampe surmontée d’un abat-jour, est installé au-dessus de la porte du Black Dog, à 200 mètres de notre hôtel, du côté de Vauxhall. C’est une grande pièce qu’un simple comptoir sépare des cuisines. On y sert des burgers et du fish & chips, et on y propose à la pression une dizaine de bières différentes.

    (L’appel de Londres – editions publie.net 2015)

    Le livre L’appel de Londres est disponible au format numérique et en édition papier en librairie et sur toutes les plateformes de vente en ligne.


    Photo : Londres, octobre 2014

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