Étiquette : voyage

  • Caliente !

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    Retour hier soir d’une semaine à Séville. Beaucoup de photos à trier, et des textes à écrire autour de tout cela.
    Bref, quelques petites choses à venir par ici dans les semaines qui viennent. Et l’atelier d’écriture de François Bon repart pour un été : ma première contribution pour cette semaine sera aux couleurs andalouses.

    No direction home continue aussi : un texte d’ici la fin de la semaine, avec Cookie Monster en vedette américaine !

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  • No direction home : notes sur un projet

    young americanHow does it feel
     To be on your own
     With no direction home ?
     (Bob Dylan - Like a rolling stone)

    No direction home, ça peut se traduire de deux façons : sans foyer où revenir, et aussi sans indications de retour. À la fois homeless, et perdu loin de chez soi.

    À 17 ans, je passais une année complète à Topeka, Kansas, aux États-Unis. Ça aurait pu être ailleurs, n’importe où sur le globe, dans n’importe quel autre pays, n’importe quelle autre culture et n’importe quelle autre langue : le choc aurait été certainement le même, un ébranlement de toutes les certitudes, une ouverture en grand des portes sur le monde, tous les possibles soudain à portée de main.
    Ça aurait pu être ailleurs, n’importe où, mais pas à un autre moment : à 17 ans, j’étais une page vierge sur laquelle j’étais libre de tracer une carte, dessinant à grands traits les routes possibles de ma vie future — naïf peut-être, ignorant encore tout des chemins de traverse. Je plantais là, au cœur du Nouveau Monde, mon axis mundi, point de passage entre le réel et le rêvé, le lieu non pas idéal, mais où prit forme un idéal. Mon lieu totem d’où partaient toutes les pistes qui reliaient tous les points du globe, éternelle invitation au voyage.
    Mais en y revenant, je me perdais sans cesse. À 17 ans, j’étais un brouillon sur lequel j’écrivais mes obsessions futures. J’avais tracé une carte, et oublié d’y inscrire mes points cardinaux : sans boussole, il me fallait tout reprendre, tout parcourir, citoyen du monde, en mouvement et sans domicile fixe, explorant de nouveaux lieux, repassant par des routes mille fois traversées, cherchant à faire sens, à épuiser le réel pour retrouver le chemin d’un rêve.

    No direction home est le récit de ce voyage.

  • Pay to park

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    Une photo par jour : 294 – Monterey, Californie, oct. 2013

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  • Réflexions (Une photo par jour : 218)

    Chicago

    38 articles écrits : les bases d’un projet plus ample sont jetées, qui trouvera bientôt ici un nouvel écho.
    Le récit de voyage est terminé, mais il reste quelques photos…

    Une photo par jour : 218 — Réflexions, Chicago (oct. 2013)

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  • No direction home

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    18 h 05, dimanche 27 octobre, quelque part au-dessus de la côte est des États-Unis, à bord du vol Iberia IB6274, Airbus A340 à destination de Madrid.

    Après le petit déjeuner et le check out, nous laissons nos bagages en consigne à l’hôtel, et sortons faire un dernier tour dans la ville, dépensant les derniers dollars que nous avons encore en poche. De retour, en tout début d’après-midi, nous faisons une petite halte dans les salons qui jouxtent le lobby, le temps de jeter un œil à nos mails, puis c’est l’heure de partir, 10 minutes à pieds jusqu’au métro Clarke/Lake, puis 40 minutes jusqu’à l’aéroport. Le voyage, l’enregistrement, les douanes et les couloirs interminables nous conduisent jusqu’à l’heure du départ.

    Par le hublot, je vois l’Amérique s’éloigner, qui n’est déjà plus qu’une bande de terre mangée par la mer, et je laisse derrière moi le soleil de Californie, les premiers jours chez P. à San José, je laisse la route et les motels, le désert aride du Nevada, l’Arizona, la chaleur du Nouveau-Mexique et le vent froid dans les rues de Chicago. Je laisse Bob et Angelina, Angela et Byron, je laisse Randy, je laisse John et je laisse tous ceux qui remontent du passé, je laisse New York et je laisse Phoenix, Los Angeles, Barstow et Topeka, je laisse Jason, je laisse Laurell, je laisse Shawn, Melody et Laura, le Grand Canyon et Acoma. J’écris avec ma plume trempée dans le sang de mes veines. Mon âme est balayée par des vents contraires. Je trace un sillon profond dans les terres, je suis de ce pays et je ne suis pas d’ici, je suis le vagabond, l’étranger, le juif errant. Je suis le maudit à genoux sous les portes d’Eden. Je suis un souvenir, un bus traversant les plaines du Kansas, un taxi à New York, un paysage qui s’estompe, un rêve qui passe par Duluth et Hibbing, qui va jusqu’à Pasadena, je suis un rocher à Big Sur, une ferme isolée en Californie, un oiseau au-dessus du Rio Grande. On m’a jeté un sort, je porte en moi une mojo hand, une prière dans un sac, une amulette fixée sur mon cœur qui me retient prisonnier du rêve qui m’a fait grandir. Je ne sais plus d’où je suis. Je rentre chez moi sans plus savoir où je vais. Je regarde derrière, et il n’y a plus rien. No direction home.

    Une photo par jour : 217 — La côte Est depuis mon hublot
    Fragments d’un voyage : USA, octobre 2013

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