Étiquette : voyage

  • Image du mythe

    America

    Le rêve américain, ça n’existe pas. En vrai, ça n’existe pas. Mais chacun le porte en lui, ce rêve. L’Amérique, c’est une boule à facette. Elle est faite de mythes, de figures qui se croisent, se complètent, se choquent ou se contredisent, mais qui tous sont l’Amérique. Et qu’on le veuille ou non, chacun de nous porte en soi son Amérique, une Amérique toujours fantasmée, adorée ou détestée, que ce soit celle des Kennedy ou des Dead Kennedys, d’Hollywood ou de Compton, du blues, du jazz ou du rock, celle des comic books ou des séries télés, des Simpsons ou de Donald Duck.

    Une photo par jour : 181 — San Francisco, octobre 2013

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  • On the road, again

    On the road, again

    Une photo par jour : #153
    Les billets sont pris, les réservations faites, la voiture louée, les amis prévenus, le trajet défini : le départ est pour bientôt (mais il faut quand même encore un peu de patience).

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  • Kyōshū Nihon

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Sans titre

    Nostalgie du JaponTokyo, Avril 2007
    Je suis parti une semaine à Tokyo en 2007, malheureusement avec un appareil vraiment bas de gamme, et à une époque où je ne m’intéressais que de loin à la photo. J’en garde cependant un très bon souvenir, et certaines photos, avec tous leurs défauts, ont gardé pour moi un charme nostalgique.

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  • Adiós Barcelona

    En retour de Barcelone où j’ai passé quatre jours intenses, il me reste à trier près de 1700 photos, recopier des passages de mon journal de voyage, reprendre le texte écrit sur mon iPhone pour le projet 52, et le blog repartira de plus belle !

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  • L’envol (Projet 52 – épisode 3)

    Ils sont assis tous les deux et c’est la femme qui parle. Elle lui parle et maintenant, son ton est un ton de reproche. Il l’écoute, oui, mais ne dit rien. Il s’apprête à parler, se retient, commence de soupirer, se retient, elle le voit, le lui dit. Ok. C’est tout ce qu’il dit : ok, et à nouveau, il retient un soupir. Tu vois, elle dit. Tu vois, tu soupires. Mais non, se défend-il, et il soupire. Elle continue. Il l’écoute. Il fait semblant de l’écouter. Il regarde le ciel. Il tâche de ne pas lever les yeux au ciel, mais son regard est attiré par ce ciel si parfaitement bleu, un ciel sans nuage, un ciel d’été. Tu ne m’écoutes pas, elle dit. Bien sûr que je t’écoute, tu vois bien que je t’écoute, insiste-t-il, et il regarde le ciel. Tu pourrais me regarder quand je te parle ! Oui, oui, il fait et il continue de regarder le ciel. Il est fasciné par ce bleu. Il aime quand le ciel est comme ça. Il aime à s’asseoir comme ça, en fin de journée, quand le soleil ne brûle plus et qu’il fait encore chaud, s’asseoir dehors et ne rien faire sous le ciel bleu, se laisse engourdir et ne rien faire et ne rien dire, simplement profiter du moment ; il lui faudrait parler pourtant, désamorcer la dispute qui gronde. Il voudrait le lui dire, lui dire que ça n’est rien. Regarde plutôt le ciel, voudrait-il lui dire, tais-toi et regarde comme c’est beau, mais il ne sait pas comment le dire sans aggraver son cas, alors il soupire. Il voudrait lui dire ça suffit, tu as raison, j’accepte tous mes torts, et lui prendre la main, la serrer dans ses bras et l’obliger à regarder le ciel avec lui, lui dire regarde comme c’est beau tout ce bleu, mais il y a ce soupir qu’il vient de lâcher, et elle n’entend que ça. Il soupire parce qu’il ne sait comment reconnaître ses fautes, et elle entend tout autre chose.
    Il y a un avion qui maintenant traverse le ciel. Il voudrait le lui dire. Il voudrait partir. Se lever et partir. Partir…
    Il est dans l’avion. Il ne sait trop comment il est arrivé là, mais il vole à présent. Il n’a rien pris, son passeport et son portefeuille pour tout bagage. Il ferme les yeux. Il s’endort dans le fracas des réacteurs et le remous des turbulences. Il ne sait pas combien de temps il dort, et lorsque l’avion se pose, il ne sait pas où il est. Le ciel dehors est toujours bleu, mais ce n’est plus le même bleu. Ce n’est plus le même ciel, ni les mêmes odeurs, et les gens sont différents. Il s’avance, tend ses papiers à l’officier qui les lui demande. On lui souhaite la bienvenue dans une langue qui lui est étrangère. Il sort de l’aéroport. Les voitures, comme les gens, son différents. Il prend un taxi. Le chauffeur lui demande quelque chose qu’il ne comprend pas, il acquiesce d’un mouvement de tête et la voiture démarre. Il arrive en ville. Il ne sait pas quelle ville. Il marche au hasard. Il marche longtemps, avant de trouver un hôtel pour la nuit. Il ne demande pas où il est, on ne lui demande pas qui il est. Il est heureux de s’être ainsi perdu. Il est dans la chambre qu’il a louée et il regarde depuis la fenêtre le soir qui tombe, le ciel orangé. C’est beau, dit-il à haute voix. C’est beau, quand même, ce ciel.
    Tu vois, soupire la femme assise à côté de lui, tu vois que tu ne m’écoutes pas.

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