Étiquette : atelier d’écriture

  • Artaud en juste 100 mots

    Le cerveau cotonneux, impressions acides : engourdissement affectif par le sentimental exacerbé. Les os pourtant rompus à la douleur. Une brûlure à la place du cœur et le désarroi à la verticale du crâne écorché vif. Les tempes et la nuque en feu, même les mots fatiguent qui tombent en morceaux sur la page blanche tranchante. Le cheminement interne conduit au renoncement — il faut sans cesse recommencer, quand il n’y a plus de volonté, plus qu’un sentiment mouvant, fragile ; parler perpétuellement avec la mort de la rupture du temps pour, dans l’éblouissement des correspondances, comprendre que chaque chose a un sexe.


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre. Vidéo explicative ici, sur la chaîne youtube de François Bon.

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  • 14 fois vers le même objet

    1. En anglais, on dit « fontain pen », stylo fontaine. La source inépuisable de l’écriture, les mots qui se déversent, qui coulent sur la page, s’accrochent parfois aux rugosités, les mots rageusement rayés jusqu’à trouer le papier (effet conjugué de la pointe et de l’encre humide).
    2. Outil de jardin, râteau à main, cisaille et élagueur tout-en-un ? L’écriture comme du jardinage, d’abord on déblaie, on élague, on arrache les mauvaises herbes et les ronces.
    3. Fountain pen. Corne d’abondance, fontaine de Jouvence. Ratures plus souvent que littérature.
    4. je me souviens d’avoir lu une interview de Laurent Génefort dans la revue Bifrost, il y a 5 ou 6 ans. On l’interrogeait sur la raison pour laquelle il écrivait des romans de plusieurs centaines de pages. Selon lui, la littérature de science-fiction avait suivi l’évolution des techniques : d’abord de courts récits, écrits à la main ou tapés à la machine, publiés en revues. Puis des romans standard, machines électriques et diffusion de masse. Enfin, le traitement de texte, le roman-fleuve. On peut imaginer, suggérait-il, avec la publication en ligne, des romans sans fin, des livres univers qui s’étendraient à l’infini.
    5. “The surrealists believed that objects in the world possess a certain but unspecifiable intensity that had been dulled by everyday use and utility. They meant to reanimate this dormant intensity, to bring their minds once again into close contact with the matter that made up their world.” Jonathan Lethem—The ecstasy of influence. Quelle est l’influence qui sommeille dans mon stylo ?
    6. Oh, et puis, de toute façon, je n’écris presque plus jamais au stylo, encore moins à la plume.
    7. « La main est constituée d’une partie proximale, élargie, à laquelle sont appendues cinq structures cylindriques, les doigts. On lui décrit une face palmaire (ou antérieure) et une face dorsale (ou postérieure), une extrémité proximale (ou supérieure) et une extrémité distale (ou inférieure), et un bord latéral et un bord médial. La partie proximale peut être divisée en trois parties : l’éminence thénar, latérale, le creux de la main, central, et l’éminence hypothénar, médiale. Elle comporte sur sa face palmaire (la paume) trois plis de flexion, les lignes de la main. » (Wikipedia) C’est l’éminence hypothénar qui pose problème, quand on est gaucher et qu’on écrit au stylo plume : l’éminence hypothénar frotte l’encre encore humide et l’étale sur la feuille. On s’en met plein les doigts aussi. (L’encre sur la peau ne part pas facilement au savon et à l’eau).
    8. En chiromancie, cette éminence, on l’appelle le Mont de la Lune. C’est assez plaisant de se dire qu’on barbouille son texte à l’aide du Mont de la Lune.
    9. L’odeur de l’encre : l’encre, substance liquide mise en solution de colorants d’origine végétale, minérale ou chimique, dans un solvant » (Wikipedia, encore). L’écriture, mise en solution de substances chimiques présentes dans un cerveau.
    10. C’est un Parker sonnet vermeil (argent recouvert d’or). Bel objet. Trop ?
    11. La vraie question : pas le stylo, la marque, le modèle, le type d’encre ou la couleur. La vraie question : pourquoi écrire ?
    12. Motifs en léger relief sur le corps du stylo. Surface rugueuse sous les doigts. Métal froid, reflets dorés à la lumière. Oxydation légère. Négligence peut-être, charme certain. Acheté non pas d’occasion, mais en solde, retrouvé par le vendeur au fond d’un tiroir. Coup de foudre immédiat. Objet qui, sans avoir jamais servi, a paradoxalement déjà une histoire — comme en témoignent la patine et la vieille étiquette, minuscule carré blanc accroché à un mince fil rouge sur lequel quelqu’un a écrit au crayon le modèle et le prix (en euros : pas si vieux, finalement ce stylo).
    13. Plutôt qu’une cartouche d’encre, j’utilise la pompe à encre. J’ai le goût des rituels. Comme l’artisan affute ses outils avant d’attaquer son travail, je prépare mon instrument avant de me lancer dans les corrections à la main.
    14. L’écriture, le gros œuvre, je le fais avec le traitement de texte ; les corrections, au stylo. Comme Apple inscrit sur ses produits : « Designed in California. Assembled in China », je pourrais dire de mes livres : conçu dans un cerveau humain, fabriqué sur ordinateur, finitions main.

    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre. Vidéo explicative ici, sur la chaîne youtube de François Bon.

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  • autobiographie aux noms propres

    Champagne ! Champagne, et puis voilà. Un 31 décembre, à Lisieux, dans un appartement au deuxième ou au troisième étage de la place Thiers, aujourd’hui place François Mitterrand, un immeuble situé exactement en face de la cathédrale Saint-Pierre. Champagne, et c’est quatre ans d’attente, de tests et d’examens qui sont balayés par l’ivresse. Début octobre, neuf mois plus tard à peu de choses près, clinique Juliette de Wils, au 6 de la rue du même nom, à Champigny-sur-Marne — Juliette de Wils, le nom si souvent entendu dans la bouche de ses parents qu’il croira longtemps Juliette une amie d’enfance de son père, connue à Port Said, quand le père de son père travaillait au canal de Suez — il vint au monde comme un boulet de canon, selon le mot du médecin, le docteur Avignon, qui n’eut pas même le temps d’enfiler ses gants et sa blouse ; comme un bouchon de champagne aussi, et sans doute, s’il avait connu l’histoire, aurait-il choisi cette métaphore peut-être plus raffinée.
    Le baptême à l’église Saint Saturnin, 5 rue de Musselbourg. Dans sa mémoire Saturnin sonne comme le nom d’un personnage du Bois-Joli : il lit Saint Saturnin et c’est à Aglaé et Sidonie qu’il pense, Le Manège enchanté sur l’ORTF qui apparaît, Zébulon, la vache Azalée et le chien Pollux de son enfance, une enfance qui passe par l’école élémentaire Georges Politzer, rue Gaston Soufflay. Souvenirs sous forme de flashs rapides, trop rapides pour pouvoir bien les isoler, ciels bleus, les yeux plissés par le soleil, cols roulés orange, short bleu marine dans la cour de récréation bitumée, un grillage qui sépare la maternelle du primaire, un sac de billes qui se déchire, des pleurs, un genou en sang, le visage sévère d’un instituteur. La maison, rue Carnot, il s’en souvient mieux, les marches qui conduisent au couloir de l’entrée, oui, mais revus mille fois sur des photos, lui enfant, riant du chat et du chien qui tournent autour de lui, comme le salon, la chambre des parents, mais le jardin, la grille en fonte qui fait l’angle par laquelle il observe les passants, un pistolet à eau à la main, ça c’est un souvenir à lui. Champigny, Champignac-en-Cambrousse pour lui c’est pareil, il n’a pas dix ans et Spirou, comme Tintin, c’est sa fenêtre sur le monde.
    Maison-Rouge-en-Brie, dont il ne verra jamais plus qu’une simple route que traverse un passage à niveau qu’ils empruntent dans l’Aronde conduite par son grand-père maternel pour se rendre dans la maison de campagne où ils passeront tous leurs étés, avec sa sœur, comme en écho à la Maison-Blanche dont il entend parler au journal télévisé, et Port Said, Le Caire, Beyrouth, les souvenirs de son père, Bruxelles, Champignac, Moulinsart et la Syldavie, le monde on le lui offre en partage, et réels ou fictifs, les lieux dont on lui parle sont les lieux de l’ailleurs, son territoire parcellaire, son aventure.

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    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre. Vidéo explicative ici, sur la chaîne youtube de François Bon.

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  • Notes sur ma table de travail

    Le bureau ? OK, le bureau. Fatras de papiers, bordereaux de remise de chèques à droite, coincés sous l’encrier — encre bleu nuit, le flacon en verre encore au trois-quarts plein, acheté il y a plusieurs années, mais certaines habitudes sont tenaces ; fétichisme des objets : stylos-plumes (il y en a trois dans le tiroir, et chacun a une histoire à raconter), appareils photos argentiques, caméras super-8, magnétophones à bandes, tout ça plus ou moins hors d’usage, conservés pour leurs valeurs symboliques, stimuli d’imaginaires.

    Quatre disques durs externes et une clé USB dans l’axe de vue, sous la dalle de l’ordinateur dédié au traitement des photos. À gauche, papiers encore, tubes d’aspirine, quelques livres récents et le dernier numéro de Mojo. Une tasse de café vide sur un bock en plastique mou représentant un vinyle des Beatles, ramené de Liverpool par un ami. Et aussi, posé sur l’un des disques durs, une figurine — un homme assit, pensif, en train de fumer — réalisée à partir d’un manga dont on ne sait rien, mais elle aide à se mettre en condition pour écrire. Et tout autour, des bibliothèques. Livres plus ou moins classés dans les étagères, beaucoup entassés à même le sol qu’il faudra se résoudre un jour à trier. Et au milieu de la pièce, un petit tapis persan, dessus, un pupitre sur lequel est fixé un micro, pour quand l’écriture prend voix.

    Le bureau ? Non. Le bureau, c’est le sac en toile posé par terre. La table de travail : l’ordinateur portable ou l’appareil photo, parfois le téléphone, de temps en temps le carnet — le dernier tout récemment acheté, format bloc-note à couverture souple, qu’on ne finira jamais, on le sait —, tout ça qui tient dans le sac. Le bureau ? Le disque dur externe, avec le double des photos et des textes (et qui pour dire, à l’âge du numérique, si les originaux sont sur l’ordinateur, sur le disque externe ou sur un serveur distant ?). Pareil pour la bibliothèque : les livres, parfois les mêmes, parfois dans une autre langue ou une autre traduction, sont aussi dans la liseuse numérique.

    Le bureau ? Le bureau tient dans un sac, tient dans un disque dur, tient dans la main. Le bureau est en ligne, dans les nuages, il transite par des satellites géostationnaires, des câbles sous-marins, des fermes de données, stocké dans des machines aux quatre coins du monde, équipées de processeurs qui comportent entre quatre et dix cœurs, ce qui est plus que l’on n’aura jamais.
    Le bureau voyage plus vite que la lumière. Le bureau est agile, nomade, virtuel. L’auteur lui-même est nomade, il virtualise les données, il est à l’écoute des signaux faibles, échafaude des milliers de scénarios dynamiques qu’il oublie parfois presque aussitôt. Stratégie de création. Souvent, on ne le comprend pas, et il n’a plus le temps d’expliquer : « something is happening, and you don’t know what it is, don’t you, mister Jones ? » Il repense à ça. Parfois il se sent seul, mais il sait sa solitude partagée. Les signaux faibles annoncent le changement.

    Le bureau ? Il n’y a pas de bureau.

    « En d’autres termes, les signaux faibles seraient de l’éveil et non de la veille ». (wikipedia)



    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre. Vidéo explicative ici, sur la chaîne youtube de François Bon.

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  • Derrière la porte

    La porte est entre’ouverte, qui donne sur ma chambre d’enfant : le lit à étage (je dors en bas et ma sœur au-dessus) est posé contre le mur tout de suite à droite en entrant ; ma mère m’appelle, me demande si j’ai vu mon frère ; je ne réponds pas ; il est là pourtant, comme endormi, couché sur mon lit ; c’est le lit d’un garçon de onze ans, mon frère est de dix ans mon ainé : il y a quelque chose d’incongru à voir son corps ainsi plié bizarrement, allongé à ma place, le bras gauche détendu, une sangle élastique défaite à côté ; c’est une chambre d’enfant, mais l’odeur est celle d’une chambre d’hôpital, une odeur d’éther, et je ne vois plus les jouets, soldats en plastique, peluches et livres illustrés abandonnés quelques heures plus tôt, je ne vois rien d’autre que la petite table blanche en rotin, débarrassée de son désordre habituel, sur laquelle sont posés un flacon, une seringue et une boule de coton tâchée de sang ; la porte à gauche de ma chambre, c’est celle de mon beau-père et de ma mère ; je me tiendrais exactement là, deux ans plus tard, sur le seuil, lorsque les pompiers passeront en emportant son corps nu recouvert d’un drap fin et rêche, en pleine nuit ; « tentative de suicide » entendrais-je dire, « rien de grave, elle est bonne pour un lavage d’estomac, c’est tout », rien de grave, mais pour moi ? En face, le salon, une arche en délimite l’entrée ; le salon donne sur la rue, il est lui-même divisé en deux pièces, le séjour proprement dit, où sont le piano et un grand canapé, à droite, et à gauche, la salle à manger, si l’on veut, un globe terrestre en bois qui abrite le bar, la chaine hi-fi et les étagères de livres qui courent jusqu’au plafond ; les étagères courent aussi le long du couloir, et si, partant du salon, je remonte vers ma chambre, à gauche, il y a une porte blanche, vitrée sur sa partie haute, le verre épais, dépoli, qui ouvre sur un vestibule, également envahi par les livres et au fond, une autre porte, une grande porte en bois, blanche, poignée en porcelaine tenue par un clou, qui donne sur les toilettes ; la hauteur de plafond est conséquente, du moins vue avec des yeux d’enfant, et là encore, les murs sont recouverts d’étagères de livres, mais au sommet, ce sont des revues pornographiques que je trouverais cachées là, un mercredi après-midi où j’étais seul et désœuvré ; dans le couloir, à gauche donc, les toilettes, à droite, la cuisine : une porte en pin, vitrée, carreaux jaunes, tâchés de graisse, qui ouvre sur une pièce sombre (il y a bien une ouverture, mais elle donne sur la cour, la lumière du jour est avalée par les murs des immeubles), une odeur de thé dans la cuisine, toujours, le thé du petit-déjeuner, le thé de quatre heures, le thé aussi versé dans un bac où l’on plonge des feuilles de papier pour les faire jaunir avant de les sécher et de s’en servir pour restaurer des livres anciens, achetés aux puces le dimanche matin ; les livres, toujours présents, là où j’écris aujourd’hui, la porte du bureau devant moi fermée, porte en bois clair non traité, une affiche en toile fixée dessus, un dessin de Schuiten représentant Kafka assit à une table, entouré de colonnes vertigineuses de livres, et le long des murs ici aussi, des livres jusqu’au plafond, rangés selon un classement qui n’obéit qu’à mes humeurs, souvent changeantes : aujourd’hui, à gauche, une première armoire, avec quelques beaux livres, les Casanova reliés en dix volumes, les pléiades, les ouvrages théoriques sur la photographie, puis dans les cinq meubles suivants, de tailles et de teintes différentes, les comics, les CD et la Science-fiction ; derrière le bureau, une belle bibliothèque en chêne — elle était déjà dans le salon, à Paris —, les romans, disons, pour faire vite ; pour certains classés par éditeurs, par auteurs pour les autres ; posé sur la bibliothèque, les dictionnaires (le Robert Culturel en 5 volumes, le Larousse Universel en 2 tomes de 1923, un dictionnaire d’anglais, le Grevisse, le Robert Historique), la Bible d’Osty, la poésie ; dessus encore d’autres ouvrages en attente de lecture ; à droite, d’abord les disques vinyle, la chaine hi-fi, puis trois étagères de formes inégales empilées, où sont rangés les poches, les livres sur la musique, les beaux-livres : art et photographies ; en face du bureau enfin, à droite de la fenêtre, une bibliothèque de taille plus modeste, ancienne aussi, qui me vient, celle-là, de mon père, où sont les éditions anciennes et les essais ; au sol, empilés ici ou là, des livres encore, tout cela dans un désordre invraisemblable — enfin, pour tout autre que moi —, et tout autre que moi qui pénètrerait dans cette pièce (comme cela arrive de temps en temps) serait aussitôt pris d’un sentiment de vertige, mais moi non ; ou plutôt, c’est une sorte d’ivresse qui me prend quand je referme derrière moi la porte où est l’affiche de Schuiten, un étourdissement qui m’entraine autre part, dans un appartement parisien du 8e arrondissement, à une époque révolue, un Paris et un moment qui n’ont jamais vraiment existé ailleurs qu’en moi, en un rêve que je reconstruis par petites touches, patiemment, et lorsque le soir il m’arrive de m’asseoir dans le fauteuil ou à même le sol, sur le tapis persan (qui était aussi à Paris, dans le salon), que je balade mon regard dans la pièce, je me sens bien — je pourrai dire : en paix — ; et si je ferme les yeux, je suis dans une autre pièce qui ressemble à celle-ci ; à droite en sortant, il y a la porte d’entrée, recouverte d’une épaisse tenture — une tenture derrière laquelle je me cachais certaines fois — et en face de la porte d’entrée, sur le palier, la cage de l’ascenseur à grilles, et deux étages plus bas, la rue : dehors, c’était la liberté, l’errance joyeuse, le métro, l’école buissonnière ; sitôt franchi le seuil, je m’élançais comme un chien fou, laissant derrière moi la porte de l’immeuble se refermer lourdement sur les douleurs et les blessures cachées.


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre. Vidéo explicative ici, sur la chaîne youtube de François Bon.

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