Il fut un temps où j’étais roi. À cinq ans, rien ne résistait à l’enfant prodige, ses boucles blondes, son sourire angélique. L’amour que je recevais était sans partage ; j’étais le soleil et l’univers tournait autour de moi.
Il fut un temps où je conquérais le monde. À 17 ans, je traversais les mers et multipliais les conquêtes. Le sexe était facile. Rien ne résistait aux mèches blondes et au sourire carnassier de l’enfant prodigue.
Il fut un temps où j’avais toutes les cartes en main. L’or me brûlait les doigts. L’amour était encore une promesse, les combats furieux. À 30 ans, je courais si vite que je ne voyais plus rien.
Il fut un temps où je perdais toutes mes batailles. Après m’être relevé des décombres, à l’âge des premières rides, des premiers cheveux blancs, contemplant le champ de ruines qu’était devenu mon royaume, j’arborais un sourire désenchanté.
Je me suis levé ce matin, le corps fourbu et dans le miroir la lumière du néon faisait briller des reflets argentés dans mes cheveux. J’ai adressé un sourire compatissant à mon double désabusé. J’ai plongé mes yeux au fond de mes yeux et j’y ai vu briller encore les derniers feux des promesses d’autrefois. J’ai coiffé mon casque et attendu que s’élèvent les tambours et les chœurs. J’ai ouvert grand la porte : le soleil brillait, qui m’inondait de sa lumière, et j’ai couru vers lui une dernière fois ; je riais de toutes mes forces, à bout de souffle, laissant derrière moi mon empire disloqué.
« Faites de beaux rêves ! », m’a dit l’anesthésiste, tandis que le liquide froid parcourait ma veine, remontant le long de mon bras jusqu’à m’engourdir tout à fait. « Autant ne pas résister », ai-je pensé, et j’ai fermé les yeux. J’ai rouvert les yeux, peinant à me dépêtrer du songe dans lequel j’étais plongé, aussitôt oublié, sinon pour une impression rétinienne, un visage éclairé de biais par des lumières rouges et vertes, les traits exagérément déformés par un cri très cinématographique. Je ne sais pas qui était le directeur de la photographie de mon rêve, mais il était doué. « Ah ! Vous revoilà ! », m’a dit une infirmière que je n’avais jamais vue. Elle a levé les yeux vers l’écran placé au-dessus de ma tête, relevant mes stats, avant de pianoter sur le clavier de son ordinateur sur lequel était juché un panda miniature. « C’est mignon », j’ai marmonné, désignant l’animal. L’infirmière a souri. « Nous avons chacun le nôtre. Ma collègue, c’est un chien », et elle m’a désigné ce qui semblait être un cochon. « Je rêve encore », me suis-je dit, « et c’est Buñuel qui dirige mon rêve », tandis qu’une autre infirmière glissait un énorme boyau flasque sous la couverture de la vieille dame allongée sur le brancard à côté du mien. Au contact de l’air chaud qui s’échappait du tuyau, la couverture se gonflait et il m’a semblé qu’avec l’aide d’un ou deux souffleurs supplémentaires et d’un peu de bonne volonté, cette dame pourrait bientôt léviter. J’ai refermé les yeux. L’infirmière est revenue me voir. « Bon. Votre pression est bonne, je vous envoie au parking. » Elle a dit tension, mais que voulez-vous, entre le panda et les tentatives de lévitation de ma voisine, j’étais encore un peu perdu. Un aide-soignant a surgi et m’a souri avec quelque chose dans le regard qui pouvait s’apparenter à du sadisme ou de la malice, et, posant ses deux mains fermement sur les poignées du brancard, m’a entraîné au pas de course dans un enchevêtrement de couloirs, les néons défilaient au plafond, créant un effet stroboscopique, nous frôlions parfois des silhouettes en blouses bleues ou blanches, jusqu’à enfin rejoindre une chambre — ma chambre où, après qu’il m’a laissé là, je constatais que, sous ma couverture, j’étais à peu près nu. Une infirmière est venue peu après m’apporter une « collation », une madeleine industrielle et une tranche de fromage sous cellophane, et seulement alors, j’ai su avec certitude que je ne rêvais plus.
Le chagrin
Le 21 janvier 1879, Flaubert écrit à sa nièce Caroline : « malgré des efforts de volonté gigantesques, je sens que je succombe au chagrin. Il est temps que ça finisse. Ma santé serait bonne si je pouvais dormir. J’ai maintenant des insomnies persistantes ; que je me couche tard ou de bonne heure, je ne puis plus m’endormir qu’à 5 heures du matin. »
Cinq heures, c’est l’heure où je me rendors. Mes insomnies viennent à trois ou quatre heures, et je rumine alors, et succombe au chagrin. Flaubert a le mot juste. Ce ne sont pas des angoisses. C’est la vérité crue qui s’impose à moi ; le temps qui passe, les années perdues et qui ne se rattrapent pas. Je peux bien mourir demain ou dans vingt ou trente ans, j’aurai toujours ce vide que j’ai laissé se creuser dans ma vie. Je n’ai plus de regrets, mais j’en ai du chagrin.
Je porte seul le poids des sentiments
Le corps est un territoire hostile. Ne vous approchez pas trop près : je parais calme, mais je mords parfois. Des anguilles glissent dans mes veines. Elles se nourrissent de ce que je tiens caché. Et elles ont faim. Je les sens qui vibrent, créatures électriques sous ma peau de papier de verre. Elles sont moi comme je suis mon père, mon frère et tous mes morts, et nous sommes multitude. Avec elles je me sens en danger et plus fort. Avec elles je me sens vivant. J’écris pour ne pas me noyer. Mes mains tremblent quand les mots sortent. Ce que j’appelle libération ressemble à de l’épuisement. La littérature qui ne risque rien ne coûte rien.
Quand j’écris, je suis vulnérable. Et c’est quand j’écris que je suis vivant. J’ai pensé à ça, hier soir, en entendant Gilda parler de la peur d’écrire. L’écriture me vient par à-coups ces dernières semaines. J’essaie d’écrire tous les jours. J’écris au clavier. J’écris dans mes carnets. Je tente des choses. Je trompe l’ennemi. Je trompe l’ennui. J’ai un livre à finir. Des idées prennent forme, d’autres projets se dessinent. Tout cela est fragile. Moi-même…
tout sacrifier à la vie
Me voilà bien : le corps usé, fatigué, et en panne d’écriture. Flaubert peut bien écrire à Maupassant, le 15 août 1878, qu’un artiste ne doit avoir qu’un principe : « tout sacrifier à l’Art » ; que la vie ne soit pour lui « qu’un moyen, rien de plus ». La maladie, qui m’a cueilli à l’âge où Flaubert est mort, m’a appris autre chose : à chérir la vie, à aimer les autres et à m’aimer. M’aimer ! C’est cela le plus dur. Je ne me suis jamais vraiment aimé. On m’a aimé, on m’aime encore, je ne m’aimais pas et je commence tout juste à m’accepter.
Enfant chéri pourtant. Enfance heureuse. Adolescence chaotique mais sans risques. Jeune adulte à qui la vie commençait de faire des cadeaux que je n’ai pas su saisir.
Je me suis laissé porter, et portais le poids d’une culpabilité, d’un trop-plein d’amour reçu à la naissance qui aurait dû être mieux partagé, un amour exclusif visant à faire de moi un enfant roi, un rôle que j’ai eu la sagesse de ne jamais accepter complètement, mais qui a fait de moi un éternel insatisfait, un homme pétri de doutes, perpétuellement en quête de quelque chose qui lui échappe. Toujours en retrait, et préférant laisser passer les opportunités plutôt que de me mettre en avant. Et en même temps, conscient de moi-même, jugeant les autres et ne comprenant pas qu’on ne puisse pas m’aimer quand moi-même je ne m’aimais pas.
J’aimais, sans le comprendre, ce que les autres aimaient chez moi. Je m’aimais à travers eux. La vie allait son cours et je ne voyais pas les cadeaux qu’elle continuait de me faire. Elle s’est faite plus pressante : j’ai eu mon lot d’épreuves, assez terribles pour me désarçonner, jamais assez pour que je ne me relève pas, leçon apprise, et plus solide peut-être. Les épreuves : d’autres cadeaux, plus piquants, mais autrement salutaires.
Seulement, j’ai beau faire, un semblant d’ordre revient toujours pour m’amadouer et m’endormir. Mais la vie ! La vraie vie : la vie heurtée se vit à cent à l’heure, les poches vides peut-être, mais la tête pleine, et le cœur, se déversant à grands flots sur des pages arrachées aux carnets.
Un artiste, que Flaubert me le pardonne, ne doit selon moi avoir qu’un seul principe : tout sacrifier à la vie. L’art découle de la vie.
Superboy
J’ai acheté la semaine dernière un Superman en vinyle sur un marché d’Alicante. Une figurine de 10 cm en noir et blanc. Son visage qui se résume à deux ronds figurant les yeux, surmontés chacun d’un trait pour les sourcils, et posés au-dessus d’un triangle en guise de nez, est pourtant étonnamment expressif. Sa tête énorme est fixée à un petit corps qu’on dirait potelé, et cela lui confère une apparence enfantine. Posé sur mon bureau, face à moi quand j’écris, il me renvoie l’image de l’enfant que j’étais. Peut-être s’inquiète-t-il de mes choix ? J’ai commencé à me délester des choses qui m’encombraient, une partie des livres et des disques, un ordinateur, un appareil photo et tous ses objectifs, d’autres choses encore, accumulées au fil des ans, avec lesquelles, comme avec des briques on élève des murs, je m’étais bâti un refuge, avant de me rendre compte que je m’enfermais dans une tour d’ivoire.
Superman est triste parce qu’il voit que cela m’est parfois douloureux. Il est compatissant parce qu’il sait que cela m’est nécessaire. Mais il n’est pas inquiet, non. Il sait que, devrais-je me séparer de tout, il est la dernière chose à laquelle je m’accrocherai, sans jamais l’oublier ni jamais le trahir : ma part d’enfance, mon enfant intérieur.
C’est quand même étonnant, toutes ces voix dans ma tête. Elles me parlent en anglais ces jours-ci, la langue des livres que je lis en ce moment, qui a trouvé le chemin de mes nuits.
Je ne les rêve pas, non. J’ai les yeux fermés, c’est vrai, mais je ne dors pas. Pas encore. Bien calé dans le lit, je les laisse venir et c’est comme quand j’étais scout, enfant, et que l’on se regroupait les soirs d’été autour du feu de camp, après une journée à crapahuter dans les bois, dans la chaleur moite et le bourdonnement incessant des insectes. Une fois le repas avalé, après les chansons reprises en chœur et les plus jeunes partis se coucher, l’air frais de la nuit nous faisait déjà frissonner, nous n’étions plus que quelques-uns, assis en cercle devant les dernières braises, et, à tour de rôle, la lampe torche sous le menton, nous nous inventions des histoires censées faire peur, qui, la plupart du temps, se terminaient en éclats de rire et nous tenaient longtemps éveillés.
Aujourd’hui, ce sont des femmes qui racontent. Elles me murmurent à l’oreille. De la tendre enfance jusqu’au grand âge, ce sont des vies entières qui se révèlent, avec tout ce qu’elles charrient de joies et de peines, un cortège de destins croisés, de rencontres, d’amours éphémères et de détestations tenaces.
Je sais tout des secrets et des manigances, des arrangements et des actes manqués, mais rien de tout cela n’est du babillage.
Il y a des couples, des enfants au milieu de tout ça, des intrigues, de véritables épopées, et ça pourrait faire plusieurs livres, si seulement je pouvais, au matin, me souvenir de ce que m’ont chuchoté mes Parques.
J’ai peur de la nuit.
J’ai peur de la nuit. Je me couche tard, me lève tôt. La nuit vient pourtant même le jour. C’est de la nuit des nuits dont j’ai peur. Celle qui vient dans un parfum de cyprès et de myrrhe, d’eau de rose et de camphre, la nuit au goût de miel et de lait, de dattes, figues et raisins.
Depuis presque deux ans, la nuit m’est devenue une visiteuse régulière. Elle se tient à mes côtés nuit et jour. Elle sait se faire consolante. Elle me berce quand je m’endors, remontant le drap sur moi pour que je ne prenne pas froid.
C’est qu’elle a tout son temps. Elle s’est fait une place au chaud, si l’on veut, attendant mon heure. Souvent, je m’éveille entre deux et trois heures du matin, et, lorsque j’ouvre les yeux, elle est penchée sur moi.
Je lui dis que parfois j’ai peur d’elle, parfois non (elle sait que c’est faux). Je lui dis que je ne suis pas prêt ni pressé. Elle ne dit rien, elle me sourit. Nous nous sommes habitués l’un à l’autre.
On Classic Albums: Pink Floyd – The Making of The Dark Side of the Moon, it is stated that during the recording of the album, in which death and life had been a consistent theme, the members of the band went around asking questions and recording responses from people working inside Abbey Road at the time. Among the questions, they were asked « Are you afraid of dying? » The responses of doorman Gerry O’Driscoll and the wife of their road manager Peter Watts were used, as well as other spoken parts throughout the album (Wikipedia)1
And I am not frightened of dying. Any time will do, I don't mind. Why should I be frightened of dying? There's no reason for it – you've got to go sometime.I never said I was frightened of dying.
Dans Classic Albums : Pink Floyd – The Making of The Dark Side of the Moon, il est rapporté que durant l’enregistrement de l’album — dont la mort et la vie constituaient un fil thématique constant —, les membres du groupe parcoururent les couloirs d’Abbey Road pour interroger les personnes qui y travaillaient, enregistrant leurs réponses au passage. Parmi les questions posées figurait celle-ci : « Avez-vous peur de mourir ? » Les réponses du portier Gerry O’Driscoll et de l’épouse de leur road manager Peter Watts furent retenues, aux côtés d’autres interventions parlées disséminées tout au long de l’album. ↩︎
Fais attention à ce que tu dis. Filtre ta pensée. Il y a des choses que tu ressens que les autres ne comprennent pas. Des choses qu’ils ne veulent pas entendre. Des choses qu’ils savent, mais se défendent de reconnaître. Ils t’écoutent. Tes mots les touchent au cœur, pourtant, ils se refuseront à l’admettre. Dans leurs discussions, dès lors que tu auras le dos tourné, on parlera de toi comme d’une personne trop sensible, trop émotive, trop fragile ou trop faible. Ce monde-ci a besoin de certitudes, de rapport de force, et que surtout, surtout, on ne révèle jamais aux autres son vrai visage.
C’est peut-être le bienfait qu’il faut apprendre à retirer des épreuves qu’on traverse : elles nous obligent à baisser la garde. Un voile se lève, qui recouvrait notre vision. Les couleurs du ciel ne sont plus tout à fait les mêmes. L’air n’a plus la même texture. Tout est plus sensible. La beauté se révèle enfin. La vraie beauté : la vie, fragile, précieuse, infinie nous est offerte.
Je suis poussière d’étoiles. Je suis l’eau et le vent. Je suis la terre et le feu et je partage avec vous l’univers tout entier. Tous, nous sommes uniques, et pourtant, ensemble, nous formons un tout indissociable. Chaque personne, irremplaçable. Un être cher nous quitte et tout s’effondre. Mais la bonne nouvelle, c’est que rien ni personne ne disparaît : nos morts ne nous quittent jamais vraiment. Ils s’installent en nous. Ils nous soutiennent, et nous sommes désormais plus riches de leur présence. Nous vivons avec nos fantômes. Mais cela, je ne peux pas le dire : vous me trouveriez trop sensible, ou faible ou trop fragile. Au fond de vous pourtant, regardez bien, vous verrez…
Write longhand, Felipe !
Surfaces abrasives
Sans cesse en mouvement
Nous créons des continents
La fille m’avait fait signe de la suivre. Parvenue au sommet de la colline, elle s’était retournée et m’avait dit ces mots : « One word of advice, Felipe, you’ve gotta write longhand !1 »
« Emily !… » Je voulais qu’elle m’explique ce qu’elle entendait par là, mais déjà, elle avait disparu, et je manquais tomber du canapé dans lequel je m’étais assoupi une heure plus tôt. Trois jours que j’étais à Alicante, et je rêvais en anglais, ce qui n’avait aucun sens. Je notais tout de même qu’Emily Dickinson avait choisi de prononcer mon nom à l’espagnole. Je ramassais la liseuse qui m’avait glissé des mains dans mon sommeil, et relisais les derniers mots du livre Ghost stories de Siri Hustvedt que j’avais lus avant de m’endormir :
When I told David Shapiro, a poet and a professor of mine at Columbia, about my word constipation, he said, When I’m stuck, I do automatic writing the way the Surrealists did. I went home, wrote thirty pages in a single night, and spent the next three months editing it into a prose poem of ten pages. It was published the following year as “Broken Geometry” in the literary magazine Pequod. I felt that those marks in the dark were better than anything I had done before.2
write longhand, m’avait dit Emily D. un peu plus tôt, ce qui signifie littéralement « écrire à la main », mais que j’entendais, de manière plus poétique, comme une invitation à pratiquer une écriture du temps long. J’y voyais aussitôt un lien avec ce qu’écrivait Hustvedt, en dépit de la contradiction apparente : une pratique plus lente, plus incarnée, au service d’une écriture proche du flux de conscience. Les surréalistes, bien sûr. Mais je pensais surtout à la correspondance extatique de Neal Cassady, qui a eu une influence décisive sur Kerouac au moment de la rédaction de Sur la route.
Écrire à la main, écrire long, écrire dans un flux de conscience… Je planifie trop, et je devrais plutôt noircir sans trop y réfléchir, des pages et des pages d’une seule lancée, que je reprendrai ensuite pour les mettre en forme. « Écrire trente pages en une nuit, pour en tirer un poème en prose de dix pages. »
Emily Dickinson, je n’ai lu que quelques poèmes d’elle, et je ne sais de sa vie que ce qui en a été retranscrit dans la série TV. Autant dire : presque rien. Pourtant, c’était bien elle qui gambadait avec moi dans la campagne.
Étonnant, tout de même, que ce soit elle, entre toutes, qui m’adresse cette injonction à « écrire long ».
Un petit conseil, Felipe : tu dois écrire à la main ! ↩︎
« Lorsque j’ai parlé de ma constipation des mots à David Shapiro, un poète qui était aussi l’un de mes professeurs à Columbia, il m’a dit : quand je suis bloqué, je pratique l’écriture automatique à la manière des surréalistes. Je suis rentrée chez moi, j’ai écrit trente pages en une seule nuit, et j’ai passé les trois mois suivants à les retravailler pour en tirer un poème en prose de dix pages. Il a été publié l’année suivante sous le titre « Broken Geometry » dans la revue littéraire Pequod. J’avais le sentiment que ces traces dans l’obscurité valaient mieux que tout ce que j’avais fait auparavant. » ↩︎