Catégorie : articles

  • Disparition de l’autrice Joan Didion

    « J’écris pour savoir ce que je pense, ce que je regarde, ce que je vois et ce que cela signifie », déclare Joan Didion lors d’une conférence donnée à l’Université de Berkeley en 1975 (…) « Nous interprétons ce que nous voyons, sélectionnons parmi les choix multiples celui qui nous arrange le plus. Nous vivons entièrement, surtout si nous sommes écrivains, à travers l’imposition d’une trame narrative sur des images disparates, à travers les “idées” avec lesquelles nous avons appris à figer ce tissu mouvant de fantasmagories qu’est notre expérience réelle », écrit-elle dans L’Album blanc, l’un des reportages au long cours qui ont assis sa réputation.

    (…) Les romans de Joan Didion ne sont guère épais. Styliste obsessionnelle, celle-ci souhaitait, en effet, qu’ils soient lus d’une traite, afin d’éprouver la prosodie qu’elle leur insufflait par son tempo. « J’ai toujours eu le sentiment que le sens même des choses résidait dans le rythme des mots, des phrases, des paragraphes, j’ai développé une technique pour tenir à distance toutes mes pensées, toutes mes croyances, en les recouvrant d’un vernis de plus en plus impénétrable », écrit-elle dans L’Année de la pensée magique.(Macha Séry — Le Monde)

    Joan Didion est morte hier, à 87 ans.

  • Qui décide des livres que nous lirons ?

    Comment expliquer que si peu de livres concentrent tant de ventes ? Qui fait le succès des livres ? Editeurs, représentants, libraires… au moment de la sortie d’un ouvrage, toute une mécanique s’enclenche, qui définira son destin. Décryptage avec Florent Georgesco, journaliste au « Monde des livres ».

    Le livre publié, comment arrive-t-il en librairie ?

    Quel est le rôle du distributeur, comment travaillent les représentants, qu’est-ce qui décide les libraires à prendre ou pas un titre ? Un podcast très bien fait, qui répond à toutes les questions que vous vous posez certainement.

    https://www.lemonde.fr/podcasts/article/2021/12/10/qui-decide-des-livres-que-nous-lirons_6105429_5463015.html

  • Processus de création littéraire

    Arno Bertina, discutant avec Philippe Roussin, revient sur le processus de création littéraire qui a conduit à Ceux qui trop supportent, titre de l’ouvrage récemment paru aux éditions Verticales en octobre 2021.

    Comment naît un projet, comment se construit un livre, mais aussi : de quoi vit un auteur, quels sont les possibilités qui s’offrent à lui (résidences d’écrivains, salons, etc.), et la muséification des auteurs classiques. Un entretien dense et passionnant.

    Un très grand merci à Sébastien Bailly pour m’avoir fait découvrir cette vidéo dans sa dernière infolettre, écrire clair.

  • Amazon aurait proposé un accord à la France pour qu’elle renonce à une loi protégeant les libraires

    Selon une information de Reuters, reprise ce matin par le Le Monde, « le géant de l’e-commerce a proposé de relever les frais d’envoi de livres en France aux alentours de 2 euros, contre une quasi-gratuité actuellement, à condition que le Parlement renonce à un texte définissant un prix de port minimal afin de favoriser les librairies indépendantes. »

    Le texte en question est celui discuté actuellement, défendu par la députée Laure Darcos, visant à sauver ce qui peut encore l’être pour les librairies indépendantes, en matière de commerce en ligne.

    Rappelons quelques données : selon le SLF, « 3200 librairies exercent la vente de livres de manière significative ou principale. Les 1200 premières librairies constituent 60 à 75 % du chiffre d’affaires des éditeurs. » (chiffres 2016)

    À proportions égales, la librairie indépendante représente une activité qui génère deux fois plus d’emplois que dans les grandes surfaces culturelles, trois fois plus que dans la grande distribution et, selon les chiffres de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), 18 fois plus que dans le secteur de la vente en ligne.

    Les librairies indépendantes (librairies indépendantes et surfaces culturelles) représentent plus de 40 % de l’ensemble des ventes de livres au détail (43,7 % selon GFK) et davantage dans de nombreux secteurs éditoriaux : 46% en littérature, 54% en sciences humaines, 52% en histoire, 53% en beaux arts, 60% en théâtre et poésie…

    67 % des références vendues sur l’ensemble du marché l’ont été dans le réseau de la librairie.

    Tout cela, on le dit depuis 40 ans, la France le doit à la loi Lang sur le prix unique du livre, qui a permis de sauvegarder chez nous une diversité, tant éditoriale que commerciale, qui n’existe souvent plus ailleurs.

    Amazon se moque du livre, qui ne pèse plus grand chose dans son C.A. global, maintenant que l’entreprise s’est diversifiée dans à peu près tout ce qui peut se vendre. Il n’en reste pas moins qu’elle agit en prédateur sur tous les marchés où elle opère.