Étiquette : open road

  • Le corps maigre ruine d’étoffe

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    Paris en 1984 nous nous trainions par terre sans trop savoir pourquoi, la peau pâle, le corps maigre ruine d’étoffe, ignorant que nous étions vivants quand nos princesses mouraient l’une après l’autre. L’habitude ténue des jours laids portait la découverte sans importance, nous n’aimions plus que l’apport singulier des calmants vagues dans nos veines coincées sous nos doigts de poètes. Nous n’avions plus d’amour, mais le désespoir en bouquet.

    Nous allions dans les rues dans l’ennui des quartiers chauds confronter n’importe quelle attirance aux rêves des soirs d’octobre, où la littérature brûlait comme de l’acide. Nous marchions dans l’erreur avec rien dans la tête qui retient l’attention, et les coups nous arrivaient au cœur.

    Les rues depuis ont changé d’éclairage, on s’y perd un peu plus tard. Nos fantômes sont partis. L’impression également que nos idées s’y brisent.


    à la mémoire de Daniel Darc, et de quelques autres perdants magnifiques

    Photo : dans Paris, juillet 2014

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  • La route de nuit


    Demande à ceux qui ont enfoui leurs réticences sous le trottoir : nos rêves nous conduisent en enfer, nous glorifions la nuit tant on a mal au jour. Les cauchemars s’adressent à l’âme de ceux qui inventent la route, seuls, submergés de désirs déglingués qu’on retrouve au matin, hésitants.
    L’humanité se perd, moi je chante le changement allongé dans ma nuit mentale, nos bouches enlacées de tendresse dans la solitude de nos yeux perdus dans le vague. La route danse parfois, la route secrète où s’avance le verbe, garce résolue qui toujours, toujours ira plus loin que nous. On est seul sur la route, baigné dans la lueur des phares qui font coucher la vie. Qu’importe la démence, nous sommes des enfants fous couronnés de détresse, la folie au fond des yeux c’est le génie de Dieu, notre abstraction commune.
    Et dire que dehors, c’est déjà la fin du monde.


    La musique dans l’autoradio : Anouar Brahem – Impossible Day (album Souvenance) http://www.anouarbrahem.com/fr/

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  • Rêve de Providence


    Musique Lilac Flame Son / Texte Philippe Castelneau


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  • Depuis la fenêtre arrière

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    Ces temps-ci, j’ai l’impression de vivre dans ma voiture, toujours sur la route. La route, parfois ce sont des moments de joie, souvent des moments de replis nécessaires, mais d’autres fois, la route de nuit, c’est l’angoisse au ventre, l’histoire qui se répète et l’indicible douleur au bout. Il faut bien faire face, pourtant. Et si cette douleur qui touche celle qui est assise à mes côtés, je le ressens si fort, au moins, je sais que c’est parce que je l’aime.


    photo : près de Montpellier, le 21 février 2015.
    On ne doit pas, dit-on, présenter ensemble des clichés n & b et couleurs. Très subjectivement, pour moi, ces deux photos se répondent. Prises à moins d’une heure l’une de l’autre, elles disent quelque chose, le noir et blanc Low key fait place à la couleur, et même avec la pluie, c’est une note d’espoir.


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