Je suis la lumière


Musique & tous instruments : Lilac Flame Son / Texte & voix : Philippe Castelneau

Recording – Lilac Flame Son
Mix – Jesse Nichols – Fantasy Studios (http://fantasystudios.com/)
Master for mp3 – Lilac Flame Son

Montage vidéo : Philippe Castelneau / Footage : The light of Faith — 1922 (Dir. Clarence Brown)


Je suis la lumière au bout du long couloir. Je suis l’espoir et je suis la vie. Je suis le feu, je suis le ciel que le soleil embrase. Je suis l’envie qui te tenaille, le désir d’un ailleurs, le possible impossible. Je suis la mer qui va s’échouer sur des plages inconnues, je suis le vent qui vient battre tes volets, le sol qui porte tes pas. Je suis ton amoureux transi. Je suis celui que tu croises sans le voir, je suis ton père, ton frère, je suis ton ombre, ton amant oublié, ton amour de jeunesse, ton mari, celui que tu ne regardes plus. Je suis la langue étrangère qui vient chanter à tes oreilles des mots que tu ne comprends pas. 
Je suis l’inaccompli, l’amour inassouvi, celui qui est trop vite parti. Je suis le souffle, je suis le plaisir et je suis la souffrance, je suis la joie et la peine dans ton cœur quand les heures s’égrènent. Je suis la mort et je suis l’oubli. Je suis l’attente et je suis l’ennui. Je suis allongé près de toi endormie, je suis tous tes rêves et tes désirs cachés. Je suis un geste oublié, une parole tue, un souvenir passé. Je suis une caresse esquissée, une étreinte enfouie dans le dédale de tes pensées. Je suis la mélancolie, la passion alanguie, la brûlure au creux de tes reins. Je suis des mains sur ton corps, je suis le corps qui t’étreint. Je suis l’inconnu qui sourit, je suis son baiser sur tes lèvres. Je suis le feu qui couve, je suis les flammes qui viennent lécher les murs des façades endormies. Je suis le train qui traverse la nuit, je suis la route, je suis des villes inconnues dans des pays lointains. Je suis ton cœur qui bat. Je suis tes mains qui se serrent quand ton corps te trahit, je suis ton corps qui lâche, tes jambes qui flageolent. Je suis ta tête qui se renverse, tes cheveux répandus sur l’oreiller, je suis les draps, je suis le tissu qui glisse sur ta peau, je suis tes lèvres ouvertes, je suis le soupir qui dit oui. Je suis tes bras en croix, je suis la porte qui se referme sur ton désir liquide. Je suis tes souvenirs et le fardeau que tu portes. Je suis le chien qui aboie et le chat en boule serré tout contre toi. Je suis la vie qui vient et la vie qui s’en va. Je suis l’espoir qui te porte, les illusions qui te bercent. Je suis l’or et l’acier, je suis les bijoux à tes poignets, les parures à ton cou. Je suis la brise qui caresse ton corps nu, l’eau dans laquelle tu te baignes, l’éponge qui te lave, la bulle de savon qui glisse sur ton sein, la serviette qui te sèche. Je suis tes blessures et celui qui les soigne. Je suis l’onguent qui t’apaise, le pansement sur tes plaies, la cicatrice ancienne. Je suis ton cœur qui se serre et les larmes que tu retiens ; je suis les larmes que tu pleures et tes rires évanouis. Je suis l’alcool qui brûle, la tension soudain palpable, je suis le désespoir qui gagne. Je suis le couteau qui te blesse, je suis le verre brisé. Je suis tes souvenirs et le fardeau sur tes épaules. Je suis la vie qui vient et la vie qui s’en va. Je suis tes pulsions et tout ce qui en toi effraie. Je suis le vide et le plein, le néant, le chaos. Je suis l’inachevé. Je suis la ville qui dort, je suis le fracas des armes, le tir de barrage, le feu nourri, le tapis de bombes qui vient tout ensevelir. Je suis l’espoir retrouvé, je suis la rose qui pousse, la fleur qui perce sous le béton. Je suis l’engeance mauvaise, la mauvaise graine ; je suis la mauvaise herbe, la tempête, la violence et la guerre. Je suis la pluie qui vient tout nettoyer, je suis le soleil qui purifie, le soleil éclatant, je suis la chaleur des rayons qui touchent ta peau pour te réchauffer. Je suis la soif et je suis l’eau fraîche qui l’apaise. Je suis celui qui rit. Je suis un téléphone qui sonne dans le vide, je suis un vêtement oublié. Je suis le sang qui coule. Je suis celui qui meurt abandonné. Je suis l’enfant qui naît, je suis ton sourire et tes larmes. Je suis ton enfant endormi, je suis ton amant assoupi. Je suis l’envie et je suis la passion satisfaite. Je suis le feu qui brûle et je suis le brasier qui s’éteint. Je suis la neige qui fond, les dernières gouttes quand l’orage s’éloigne, je suis la feuille morte, le soleil qui se couche. Je suis le dernier cri, les mots qui s’effacent, la page blanche où plus rien ne s’écrit. Je suis la dernière pierre.

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notes pour moi-même

carnet photo

Les cinquante nuances de générateurs continuent de s’écrire, au rythme d’un à trois textes par jour (déjà une vingtaine en réserve), mais j’arrête pour l’instant de les publier en ligne, au moins le temps de voir où me mène ce projet.

Accords de principe reçus ces dernières semaines pour la publication de plusieurs nouvelles, mais sans doute pas avant 2016 ; il est trop tôt pour en dire plus. Des nouvelles, je commence à en avoir beaucoup, et il me faudrait prendre le temps de mettre tout ça en forme, mais le temps manque. Pour l’instant, ce sont encore des petits cailloux que je sème en chemin. Je verrais bien si je retrouve ma route ensuite !

Les enregistrements audio se poursuivent avec Lilac Flame Son. Réflexions aussi sur le format des vidéos, et déjà de courtes séquences vidéos filmées en prévision. Quelques belles choses, vraiment, sont à venir !

Mais la grande annonce du moment, c’est la création de La Piscine, revue graphique et littéraire avec Louise Imagine, Christophe Sanchez, Isabelle Pariente-Butterlin et Alain Mouton, un projet né au début de l’été et dont le premier numéro est en cours d’élaboration. Vous pouvez déjà nous retrouver sur Facebook, Twitter et Instagram, en attendant le site et la revue papier.


La rentrée littéraire est là, si jamais ça vous avait échappé, et il y a pas mal de bons livres qui vous attendent sur les tables des librairies : Bleu de travail de Thomas Vinau aux éditions La fosse aux ours, 7 de Tristan Garcia chez Gallimard, Boussole de Mathias Enard chez Actes Sud et Il était une ville de Thomas Reverdy chez Flammarion m’ont tous pas mal accroché.
Et puis il y a L’infinie Comédie de David Foster Wallace, la traduction tant attendue d’Infinite Jest, mais j’attendrais l’hiver et d’avoir terminé 2666 de Bolaño pour m’attaquer à ça (1487 pages quand même !). Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, je vous conseille vivement la lecture du très bon article de Titiou Lecoq dans Slate, Infinite Jest, la momie de Toutânkhamon de l’édition française.


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Rêve de Providence


Musique Lilac Flame Son / Texte Philippe Castelneau

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Le « Ray’s Day », c’est samedi !

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Samedi prochain, pour le Ray’s Day, vous trouverez ici même un de mes textes, mis en musique par Lilac Flame Son, et lu par moi : Rêve de Providence. Après avoir enregistré ensemble une première lecture pour accompagner la sortie de L’appel de Londres, nous nous sommes lancés dans un projet plus ambitieux intitulé Récits de la grand-route, dont Rêve de Providence est en quelque sorte un avant-goût, et dont je vous reparlerai bientôt plus avant.

Toujours dans le cadre du Ray’s Day, publie.net mettra à disposition gratuitement toute la journée mon livre, L’appel de Londres, au format numérique, à l’adresse suivante : http://bit.ly/rayslondres

raysday-anime

Lancé à l’initiative de Neil Jomunsi, le Ray’s Day vise à célébrer l’amour du lire. Vous trouverez en détail ici toutes les explications et la liste des participants et leurs contributions.

L’appel de Londres

London General

La sortie de L’appel de Londres en mai dernier s’est accompagnée de plusieurs bonus — carte, lectures, photos, etc. —, disponibles pour les abonnés publie.net, et désormais accessibles à tous ici.

J’avais pour l’occasion enregistré une lecture du prologue, mis en musique par Lilac Flame Son, dans un esprit très 80’s qui collait bien au livre. Je vous en propose aujourd’hui un mix un peu différent.

Lilac Flame Son et moi nous connaissons depuis l’adolescence, et nous avions en ce temps-là l’idée de faire de la musique et de monter un groupe de rock. Nous avons réalisé quelques démos, et puis la vie nous a entrainés vers d’autres chemins. Cependant, nous n’avons jamais perdu l’envie de travailler ensemble, et ce morceau marque la naissance d’une nouvelle collaboration que nous espérons riche.

Ainsi, à l’occasion du Ray’s Day, qui se tient le 22 août prochain, nous vous proposerons un nouveau morceau, extrait d’un projet en cours intitulé « récits de la grand-route ».

Enfin, il est probable que je participe à la rentrée, sur Paris, à des rencontres et des lectures, peut-être accompagné de musiciens (mais sans Lilac Flame Son : le bougre habite San Francisco).


castelneau

L’appel de Londres est disponible partout aux formats numérique et papier Vous pouvez lire ou télécharger un extrait au format pdf en cliquant ici.


Enregistrement audio : Musique Lilac Flame Son / Texte Philippe Castelneau
Photo : Londres, octobre 2014


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