Casser la routine

Comment, avec quelques accessoires à portée de mains, une bouteille d’eau, un miroir de poche ou des clés, on peut brouiller les pistes et rendre une photo originale et intrigante.
Christopher Anderson travaille ici avec un des derniers iPhone (il s’agit d’une vidéo promotionnelle pour Apple), mais les conseils qu’il prodigue peuvent s’appliquer, quel que soit l’appareil que vous avez entre vos mains.

Ce qui compte, ça n’est pas l’appareil, mais c’est votre perception, votre sensibilité : le regard que vous portez sur les choses.

Depuis la fenêtre arrière

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Ces temps-ci, j’ai l’impression de vivre dans ma voiture, toujours sur la route. La route, parfois ce sont des moments de joie, souvent des moments de replis nécessaires, mais d’autres fois, la route de nuit, c’est l’angoisse au ventre, l’histoire qui se répète et l’indicible douleur au bout. Il faut bien faire face, pourtant. Et si cette douleur qui touche celle qui est assise à mes côtés, je le ressens si fort, au moins, je sais que c’est parce que je l’aime.


photo : près de Montpellier, le 21 février 2015.
On ne doit pas, dit-on, présenter ensemble des clichés n & b et couleurs. Très subjectivement, pour moi, ces deux photos se répondent. Prises à moins d’une heure l’une de l’autre, elles disent quelque chose, le noir et blanc Low key fait place à la couleur, et même avec la pluie, c’est une note d’espoir.


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L’exposition

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Très belle exposition Aaron Siskind au Pavillon populaire de Montpellier, jusqu’au 22 février. L’occasion aussi de faire quelques photos, avec le téléphone cette fois.

À propos d’Aaron Siskind et de l’exposition : Figure majeure de la photographie américaine, mais trop souvent contournée, Aaron Siskind (1903-1991) voit l’importance de son œuvre se déployer enfin dans une exposition monographique exhaustive, la première depuis plus de 30 ans, constituée de près de 250 tirages originaux, conçue et organisée par le Pavillon Populaire, en collaboration avec les archives Siskind (Center for Creative Photography, Tucson) et la Aaron Siskind Foundation de New York.


photos : Montpellier, Pavillon populaire, février 2015


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Une nuit à l’opéra

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photo : Opéra de Montpellier, février 2015.


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Baby, you can drive my car !

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Moi, le froid, l’hiver, j’aime ça. Ma voiture un peu moins, elle s’enrhume, tousse, rien n’y fait, et voilà, hier matin, elle ne démarre plus. Un coup de pinces, et c’est assez pour relancer la machine et rouler jusqu’au garage, mais guère plus loin. Le 31 décembre, le garagiste, lui, ne chôme pas. Il me dit de l’attendre, il revient, une autre intervention, je reste dans le garage, je tourne et prends quelques photos. Le chien me connaît, depuis le temps. Il se frotte avant de s’éloigner doucement. Le vieux B. est là aussi, il me dit qu’il préfère laisser faire son fils, ma voiture il faut régler l’ordinateur, je ne sais pas si c’est un ordinateur, mais pour lui c’est pareil, c’est de l’électronique pareil, et c’est la bonne vieille mécanique qu’il aime. Un autre de son âge s’amène, un vieux paysan d’origine marocaine et ces deux-là se connaissent bien, bientôt ils sont tous les deux jusqu’au cou dans un moteur, pour le plaisir. Ils parlent, tantôt ils rient, tantôt ils sont graves. Le vieux Gérard est mort hier soir, ils disent. Il laisse deux tracteurs. C’est triste, deux bonnes machines et personne pour les reprendre.
Le fils revient, s’affaire sur ma voiture. Le diagnostic est sans appel. Rapport de test, batterie HS. Le dernier jour de l’année, la batterie est à plat. Je le sentais ces derniers jours, j’avais du mal à l’allumage. Mais moi, les pièces peuvent être hors d’usage, on ne les trouve plus. La voiture, on déleste le compte en banque et ça repart. S’alléger pour mieux repartir, mû par une énergie nouvelle : finir l’année avec une fable moraliste.

Le vieux marocain nous salue et s’éloigne. Ma voiture roule, je repars à regret. Je n’y connais rien en mécanique, rien de rien, vraiment, mais j’aime l’ambiance des vieux garages, les bidons d’huile, les carcasses ouvertes des vieilles bagnoles, l’odeur d’essence et les mains plongées dans le cambouis. J’aurais pu être écrivain mécano comme on est prêtre ouvrier, ou bien agriculteur, dès l’aube dans le champ à remuer la terre, vivre ma foi de l’écriture à l’épreuve du feu, être au plus près des hommes. J’ai choisi autre chose, plus dans mes cordes, croyais-je. Mais quand je partirais, je laisserais quoi ? Peut-être pas même l’équivalent de deux tracteurs.


photo : Sauteyrargues, décembre 2014.


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