Zuihitsu

Zuihitsu (随筆), littéralement « au fil du pinceau ». Genre littéraire japonais classique caractérisé par une prose libre, à la première personne, enregistrant pensées, événements, détails, anecdotes, etc. (Wikipedia)

Sortir de sa zone de confort, et regarder ailleurs ce qui se fait. Ailleurs, c’est à dire les autres, ses pairs, oui, mais aussi, vraiment, ailleurs : qu’est-ce qui, dans la construction d’une chanson, par exemple, peut vous servir dans l’élaboration d’une nouvelle? Un poème peut-il devenir un roman?

Ces réflexions semblent laisser Mistinguett, ma chatte, indifférente. À moins qu’elle soit lasse de m’entendre toujours radoter les mêmes choses.

Zuihitsu : au fil du pinceau. Une photo prise sur le vif est aussi un croquis à main levé. L’appareil photo est un pinceau. Parfois, une photo suffit à enregistrer une idée.

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(et il y a dedans d’autres photos du chat !  📷🐈 )

 

Un nouvel objectif

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Un nouvel objectif : publier moins, écrire plus. Écrire plus long, peut-être, et laisser les textes reposer. Deux mois, et à la relecture, les scories sautent aux yeux. Deux mois encore, et c’est une réécriture rageuse : ratures, déplacements, pages arrachées. Donner du temps au temps, quand on a l’impression soi-même d’en avoir si peu, n’est pas la moindre des gageures. Mais ce temps-là est précieux, on le découvre en avançant. Et puis, et puis, ne pas faire lire avant la complétion, même à celle qui est proche : conseil fort avisé glané chez Stephen King.

Un nouvel objectif : se tenir éloigné du monde, pour se retrouver soi. Publier moins, aussi, sur les réseaux sociaux : sollicitations insensées, le pro se mêle trop au privé pour que ça ne nécessite pas de se protéger un peu.

Un nouvel objectif : Un Carl Zeiss Planar T* 1.4 50 mm, acheté une poignée de figues dans un vide-grenier, le Carl Zeiss avec quelques autres optiques, montées sur un appareil Yashica FR, vendus en lot tout ça, qui appartenait au grand-père dit le vendeur, remisés dans un coin depuis quarante ans. Fixé sur mon SONY, c’est une merveille, parce que cela oblige à recourir aux réglages manuels, et c’est un jeu nouveau, la mise en pratique de théories patiemment apprises qui reviennent tout à coup.

Un nouvel objectif, voilà : se faire plaisir. Écrire, photographier, avancer à tâtons, mais avancer pour soi.


Photo : l’un de mes chats, victime plus ou moins consentante de mes nouvelles expériences photographiques

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Courbes et déliés place Alfaro

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Le matin tôt, à Séville, j’aimais sortir me promener dans le barrio de Santa Cruz encore désert. J’allais ainsi m’asseoir sur un banc place doña Elvira pour écrire. En chemin, je m’arrêtais saluer la statue de Don Juan place de los Refinadores, et place Alfaro je croisais plusieurs fois des chats qui semblaient vivre là.
L’arrosage automatique avait inondé les allées, et l’un des matous avait trouvé abris dans une haie, quand l’autre, que j’avais déjà vu la veille, se tenait dans ce qui formait comme une belle cage en fer forgé, dont il s’échappa pour venir se faire caresser, sitôt qu’il me vit. Quelqu’un, tout près, avait déposé des morceaux de viande crue. Au même titre que les ruelles, les statues et les places, ces chats faisaient partie du quartier, et le quartier prenait soin d’eux.

Séville, Espagne — juin 2014

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Chat derrière la vitre

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Une photo par jour : 364 – avril 2014

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Réfléchir…

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Une photo par jour : 361

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Un petit lion chez soi

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Une photo par jour : 306 – mars 2014

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Ombre portée

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Même lieu, autre chat… Celui-là a ce qui s’appelle une gueule !

Une photo par jour : 265 – Sète, La Pointe Courte, janvier 2014

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Du côté de la pointe courte

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Petite visite à Sète hier en fin d’après-midi, l’occasion d’aller faire quelques photos du côté de la Pointe courte. J’avais oublié de vérifier la batterie de mon appareil photo, qui était pratiquement vide. Du coup, j’ai du rapidement me rabattre sur mon téléphone et l’application Hipstamatic, qui à l’usage permet quelques belles surprises.

Une photo par jour : 264 – Sète, janvier 2014

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Je suis un chat errant

Je suis un chat errant. Un chat malade, peut-être, et peut-être seul, mais pour rien au monde je ne voudrais d’une autre vie.
Avoir pour maître un homme ? Enfin, voyons, un homme… Un homme, ça pleure, ça geint, ça souffre de nous voir souffrir. Un homme, ça fait comme ça peut, et c’est toujours trop peu. Un homme, je veux bien m’en approcher, d’accord, dans un fauteuil, auprès du feu, un homme sur les genoux duquel je viendrais dormir un moment. Mais qu’il n’essaie pas de me garder, je sais me défendre et nul n’a jamais pu me tenir enfermé.

Un homme pour me nourrir, aujourd’hui que j’ai faim je ne dirais pas non, ni me glisser chez lui, un peu, parce que dehors il pleut. Mais il ne me voit pas. Il travaille, il écrit, et depuis la fenêtre je le regarde faire.
Ce monde qu’il croit diriger, eh bien, il m’appartient ! Le jour quand je dors j’en explore les frontières invisibles, la nuit il est mon territoire et gare à ceux qui croisent ma route. Je suis un chat, un chat errant, chat de gouttière, laissé pour compte ; un chat abandonné, ni Dieu ni maître, et je suis libre. Le maître, c’est moi. Le roi, c’est moi, mais le royaume est triste, et il n’est que souffrance. La vie passe, cependant, et si la vie d’un chat par ici ne vaut finalement pas grand-chose, c’est ma vie et c’est bien tout ce que j’ai.

Pourtant, quand je te croise, toi, si douce qui doucement pleure sur l’un des miens que tu serres si fort contre toi, quand je te vois l’aimer ainsi, alors pour un instant, je me dis que rien ne vaut la vie d’un chat, quand c’est auprès de toi.
Et je me dis qu’au moment de partir, je voudrais être là, moi aussi, dans tes bras.

(Pour L., qui sait pourquoi)

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Mon petit chat est parti…

Nous sommes rentrés cet après-midi, mais il manquait quelqu’un dans la maison. Ma petite panthère noire est partie hier soir, quelques heures avant notre retour. Elle avait 15 ans.
Je me sens terriblement malheureux, le coeur bien lourd…

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