Lendemains de fête (publie.net)

lendemains-03« Photographier en riant », c’est ainsi que Bernard Plossu défini sa pratique de la photographie avec des appareils-jouets, Agfamatic et autres Instamatic. Je ne sais pas si un iPhone peut être considéré comme un jouet — en tant qu’appareil photo, il a quelque chose du polaroid, et on parle maintenant de phonéographie pour en désigner la pratique —, c’est en tout cas un outil ludique, toujours disponible au fond de ma poche.

Partant de la nouvelle de Richard Brautigan « Qu’est-ce que tu vas faire de 390 photos d’arbres de Noël ? », Gaétane Laurent-Darbon et Pierre Ménard, via publie.net, ont lancé un appel à photographier des sapins de Noël abandonnés dans la rue au lendemain des fêtes de fin d’année. C’est un soir, en janvier dernier, que j’ai pris la photo de « mon » sapin, et je n’avais pour le faire que mon téléphone portable sous la main. C’est une photo de rien, la photographie d’un instant « non décisif », pour citer encore Plossu, et je trouve amusant que cette photo soit ma première photo publiée.
Il y a quelques jours est sorti Lendemains de fête, un ouvrage collectif reprenant un certain nombre de ces photos (dont la mienne), en regard de contributions de plusieurs auteurs (François Bon, Mathieu Brosseau, Mitch Cullin, Jean-Marc Flahaut, Arnaud Maïsetti, Pierre Ménard, Eric Pessan, Thomas B. Reverdy, Joachim Séné, Pascal Simon, Lucien Suel, et Thomas Vinau).

Un tumblr reprenant toutes les photographies est accessible ici, le livre, disponible au format numérique, est téléchargeable et ne coûte que 3,99€.

Regarder passer les passantes

Chicago

Immersion profonde dans la photographie ces derniers jours, théorie et pratique. Lecture du livre de Susan Sontag Sur la photographie chez Christian Bourgois. Également lut tout récemment la Petite philosophie pratique de la prise de vue photographique de Jean-Christophe Béchet et Pauline Kasprzak, dialogue entre une philosophe et un photographe. Et découverte, hier soir, du très enthousiasmant Manifeste pour une École inférieure de la Photographie, de Serge Tisseron et Bernard Plossu.
Besoin de faire une pause. Regarder le monde passer.
Be back soon.


photo : Chicago, octobre 2013.


Licence Creative Commons
Flattr this

De passage à Albuquerque

À l’aéroport, chez Alamo, l’agence de location, le retour de la voiture fut une simple formalité, et nous sommes repartis tout de suite après avec Bob et Angelina en direction d’Albuquerque.
A défaut d’en être la capitale, c’est de loin la plus grande ville du Nouveau-Mexique, avec une population de plus de 555 000 habitants. Fondé en 1706 par les Espagnols, la ville profitera de l’expansion de la mythique compagnie ferroviaire Atchison, Topeka and Santa Fe Railway, qui, en installant en 1880 une gare à quelques kilomètres du centre-ville, permit le développement d’un quartier commercial et d’affaires, et à la fin des années 20, du tracé de la route 66 qui marquera le développement de l’industrie touristique.
Il y a beaucoup à voir à Albuquerque, mais pour l’heure nous nous contenterons d’une ballade dans old town, le centre historique, typique avec ses maisons anciennes en pisé et son église espagnole San Luis Felipe, où nous nous arrêtons quelques instants.
Dans une toute petite librairie, je trouve un livre des photographies du Nouveau-Mexique de Bernard Plossu, qu’il prit au cours des années 60 et 70, quand il visitait l’Ouest américain et l’Amérique du Sud. J’avais mis la première partie de notre voyage sous le signe de Kerouac. Plossu, ici, au Nouveau-Mexique, en assurait en quelque sorte la relève.
Tandis qu’ensuite j’étais parti m’acheter un happy skull, une sculpture en forme de crâne humain, colorée et ornée de motifs floraux, célébrant la Día de los Muertos, le jour des Morts, une fête indienne qui vient d’Amérique du Sud et qui date de bien avant l’arrivée des Espagnols sur le continent, L. a discuté, devant l’église, avec John, un vieux biker de 76 ans.
John, avec ses cheveux blancs et sa tenue de cuir, a quelque chose de Peter Fonda et pense avoir fait le tour de sa vie. Il accepte qu’elle le prenne en photo, mais lui dit qu’il ne sourira pas. Désignant le ciel, debout devant l’église, il lui dit qu’il attend maintenant de monter là-haut.

Une photo par jour : 202 — Old town Albuquerque, NM
Fragments d’un voyage : Le Nouveau Mexique, octobre 2013

Licence Creative Commons