Le désenchantement

La vie est un théâtre où tout est joué d’avance. La fin de la pièce est connue et les moments de grâce sont rares. Il y a toujours trop de pathos, les scènes tirent en longueur et il n’y a pas d’entracte. On improvise, c’est vrai, mais sur des clichés rebattus, et les acteurs pour la plupart jouent mal, figurants s’imaginant tous tenir le premier rôle. La vie, c’est du théâtre amateur, et nous sommes les intermittents d’un triste spectacle, animaux dressés, amaigris et dociles, exécutant notre petit numéro sur la piste du grand cirque sous le regard distrait d’un public qui s’ennuie.
Les jeunes qui arrivent croient pouvoir changer le monde, et ce sont eux qui changent. S’ils s’en rendent compte, il est déjà trop tard ; la plupart ne voient rien venir. La vie passe, ponctuée par les mauvais choix, les renoncements et les peines, et personne n’y trouve rien à redire. La vie passe, et il n’y a presque rien à en dire.


Texte extrait de la nouvelle « Le désenchantement », qui donne son titre au recueil.
150 pages. 16 nouvelles. 12€. Vous n’avez plus d’excuses : le livre  est en vente ici, et également .

L’île des anamorphoses (Borges projet)

BorgesProjet

BORGES PROJET est un projet interactif du site http://www.jptoussaint.com. Dans La Vérité sur Marie, Jean-Philippe Toussaint évoque une nouvelle de Borges, L’île des anamorphoses. En voici l’argument : « L’île des anamorphoses, cette nouvelle apocryphe de Borges, où l’écrivain qui invente la troisième personne en littérature finit, au terme d’un long processus de dépérissement solipsiste, déprimé et vaincu, par renoncer à son invention et se remet à écrire à la première personne.» Toute trace de cette nouvelle captivante semble s’être évanouie. Pourquoi ne pas la réécrire ? Ou imaginer son destin ?
Ma version porte le n° BP-OF-36
(vous pouvez aussi le trouver en me cherchant dans l’index des auteurs ou en cliquant directement ici)

Deus ex machina (microfiction)

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Pragmatique en toute chose, il trouvait toujours le premier les solutions aux problèmes les plus difficiles. Si bien que parfois, confronté à une complication quelconque qui pouvait révéler un certain illogisme — comme il arrive qu’on en rencontre en de rares occasions dans la nature —, et auquel cependant il apportait rapidement une réponse, il se disait que c’était lui, tout aussi bien, qui aurait dû construire le monde.


Photo : non loin de Montpellier, un soir de juin 2016
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