Catégorie : écrire la lumière

Notes sur la photographie

  • Un homme dans la ville

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    Photo : Paris, juillet 2014

    Licence Creative Commons

  • Dreamin’ about California

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    So if you’re dreamin’ about California,
    It don’t matter at all where you’ve played before
    California’s a brand-new game.

    Larry Gatlin & The Gatlin Brothers (All the gold in California)

    À San Francisco, comment ne pas aller ici ? Comment résister à l’envie de photographier, encore et encore, sous tous les angles possibles, ces structures métalliques « orange international », ces câbles enchevêtrés, Alcatraz et la Baie au loin ?
    On réalise très vite que tous nos clichés sont clichés, déjà pris mille fois par d’autres, vus et revus ailleurs.
    Puis on se dit que le pont peut ne pas être le sujet principal de la composition, et on se met à regarder autour ceux qui regardent le pont, ceux qui regardent ceux qui les photographient devant le pont. Et on regarde ceux qui habitent la Baie, et qui viennent là pour leur jogging dominical, sans plus même un regard pour le Golden Gate et ses touristes.


    Photo : San Francisco depuis le Golden Gate Bridge, octobre 2013.

    Licence Creative Commons

  • Chaud devant !

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    Il joue, il s’amuse. Mais à quoi joue-t-il ? Il ne faut pas l’observer longtemps pour s’en rendre compte : il joue à être garçon de café. (Jean-Paul Sartre)


    Photo : Paris, août 2016

    Licence Creative Commons

  • La texture instantanée

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    Le monde conventionnel est un paravent, il faut en sortir — quand on photographie.
    Sergio Larrain, lettre à Sebastian Donoso, son neveu, 1982

    La lune qui se reflète en cristaux argentiques sur papier souple photosensible est le signal de la duperie standardisée. Le renoncement facile à la sincérité m’assaille parfois en demi-teintes, mais je résiste au danger invisible. Je pèse les choses et les rends égales. Je suis celui qui demeure dans un état d’abandon. L’attente n’est pas un espoir vide, et les temps ne sont pas encore accomplis. Les contours sensibles de l’exposition sont stables, c’est la dominante rêvée qui augmente en densité. Il y a une constante à la persévérance : dans le combat, c’est la composante principale de la lumière.
    La réussite calme équilibre le destin. On ne peut tout atteindre d’un seul coup, voilà le seul secret.


    Licence Creative Commons
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  • Are, bure, boke

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    L’image par elle-même n’est pas une pensée. Elle ne possède pas la complétude d’un concept. Elle n’est pas non plus un code interchangeable comme l’est le langage. Pourtant, sa matérialité irréversible — ce morceau de réalité qui est figée par l’appareil-photo — constitue l’envers de la langue, et pour cette raison, parfois, il stimule le monde du langage et des concepts.
    Lorsque cela se produit, la langue, figée et conceptualisée, se transcende, se transformant en un nouveau langage, et donc une nouvelle pensée.

    À ce moment singulier — maintenant — la langue perd sa base matérielle — elle perd sa réalité — et dérive dans l’espace, et nous autres photographes devons aller saisir avec nos propres yeux ces fragments de réalité qui ne peuvent être captés par le langage courant, nous devons activement produire ce matériau qui s’oppose au langage et à la pensée.

    En dépit de quelques réserves, c’est pour cela que nous avons donné en sous-titre à PROVOKE : « matériaux provocants pour la pensée. »
    (Nakahira & Taki 1968 | Manifeste PROVOKE)

    En 1961, le photographe William Klein est invité à faire un reportage à Tokyo. Son séjour est là-bas fortement médiatisé, et son style, qui se joue des règles, influence toute une génération de photographes.
    C’est la naissance du style « are, bure, boke » (brut, bougé, sans mise au point), qui s’illustre particulièrement dans les trois numéros de la revue PROVOKE, publiée à partir de 1968.


    Plus d’infos sur PROVOKE ici. Sur le voyage de Klein à Tokyo, on se réfèrera au très beau numéro 29 de la revue Polka et au site de la galerie éponyme.


    photo : Mèze, mars 2015.


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