Catégorie : publications

Articles en relation avec mes textes publiés

  • London calling

    (Londres, octobre 2014)

    L’Angleterre, c’est ma première histoire d’amour, et c’est mon premier baiser.
    Je rencontrais Alison à dix ans, au cours de l’été 1978, dans un camping de Loire Atlantique, et tombais foudroyé, amoureux au premier regard. Alison ne parlait pas français, je bafouillais tout au plus quelques mots d’anglais. Nous communiquions malgré tout, traçant nos noms dans le sable, marchant timidement l’un près de l’autre sur le bord de la plage, main dans la main, deux enfants complices jouant un jeu encore innocent devenu incompréhensible aux adultes. Je partais huit jours plus tard sans avoir pu lui dire adieu. Ce fut un long chagrin d’amour, un bleu à l’âme dont je porte encore l’ecchymose, une blessure profonde devenue douce et qu’on appelle mélancolie ; c’est un blues qui ne me quittera plus.
    Deborah, je la rencontrais 6 ans plus tard. Nous étions une vingtaine d’adolescents, filles et garçons, en stage d’intégration en vue d’un séjour long à l’étranger. Deborah avait deux ans de plus que moi, et s’apprêtait à rentrer chez elle en Angleterre après trois mois passés en France. Elle avait des rudiments de français, mais s’amusait de mon anglais de pacotille, et je m’escrimais une nuit durant à la faire rire, assis sur les marches de l’escalier conduisant à nos chambres, tâchant de repousser le plus longtemps possible le moment de nous séparer, tenant timidement sa main dans la mienne sans oser encore aller plus loin. Elle riait de mes maladresses et j’aimais son sourire. Enfin, elle se blottit contre moi, et sans plus rien dire, serrés l’un contre l’autre, nous regardâmes le jour se lever. Elle fumait et notre premier baiser échangé à l’aube avait le goût de cendre des matins gris d’automne.


    En savoir plus, lire d’autres extraits ou acheter le livre ? Cliquez ici.

    Vous pourrez également me retrouver et vous faire dédicacer le livre le weekend prochain, samedi 13 mai, au Salon du livre du Grand Narbonne, sur le stand publie.net.


  • L’île des anamorphoses (Borges projet)

    BorgesProjet

    BORGES PROJET est un projet interactif du site http://www.jptoussaint.com. Dans La Vérité sur Marie, Jean-Philippe Toussaint évoque une nouvelle de Borges, L’île des anamorphoses. En voici l’argument : « L’île des anamorphoses, cette nouvelle apocryphe de Borges, où l’écrivain qui invente la troisième personne en littérature finit, au terme d’un long processus de dépérissement solipsiste, déprimé et vaincu, par renoncer à son invention et se remet à écrire à la première personne.» Toute trace de cette nouvelle captivante semble s’être évanouie. Pourquoi ne pas la réécrire ? Ou imaginer son destin ?
    Ma version porte le n° BP-OF-36
    (vous pouvez aussi le trouver en me cherchant dans l’index des auteurs ou en cliquant directement ici)

  • Revue La Piscine — Le n° 0 est disponible

    Ça commence comme ça, par une rencontre un soir de juillet. Parce que la maison est en travaux, et parce qu’il fait beau, nous sommes dehors, assis au bord de la piscine, entourés de cyprès. La nuit tombant, la seule lumière dont nous disposons est celle des spots aux couleurs changeantes qui éclairent l’eau par en dessous. Il y a comme de la magie dans l’air. C’est Louise, je crois, qui la première, lance l’idée d’une revue. C’est une belle soirée, et c’est une belle idée. C’est aussi, d’abord, une belle histoire d’amitié. Six mois plus tard, pari tenu : le sommaire du premier numéro de La Piscine est bouclé. Nous avons reçu 230 contributions. Les textes, les photos, les dessins qui nous ont été envoyés nous ont émus, surpris, enthousiasmés. Aucun ne nous a laissé indifférent. Seulement, plus de 200 contributions pour une revue de 72 pages, nous devions faire un choix. Les discussions, les échanges entre nous furent nombreux et passionnés, à tour de rôle, nous défendions vaillamment tel ou tel texte, telle ou telle photo : le choix a été difficile, parfois déchirant, mais c’est un choix que nous assumons.
    C’est la loi du genre, certains seront déçus de ne pas figurer au sommaire de notre première livraison. Qu’ils nous pardonnent, et qu’ils se rassurent : beaucoup d’autres numéros suivront.

    La Piscine, revue graphique et littéraire, est un projet éditorial dirigé par Louise Imagine, Christophe Sanchez, Alain Mouton et Philippe Castelneau
    Le numéro zéro est en vente ici : http://j.mp/LaPiscineH20


    la-piscine-nc2b00

    Ils sont les contributeurs du numéro 0 :

    Melania Avazanto (photo)
    Lidia Badal (texte)
    Marilyne Bertoncini (texte)
    Valérie Bilodeau (texte)
    Pascal Bodin (photo)
    Sophie Boisson (texte)
    Isabelle Bonat-Luciani (texte)
    Dominique Boudou (texte)
    Emeline Bravo (texte)
    Luc Comeau-Montasse (texte)
    Antonin Crenn (texte)
    Emmanuel Darley (texte)
    Clotilde Daubert (texte)
    Benoit Debuisser (photo)
    Olivia Del Proposto (texte)
    Hélène Desplechin (photo)
    Marie Josée Desvignes (texte)
    Cattina Elettroshock (photo)
    Guillaume Estève (photo)
    Jean Yves Fick (texte)
    Virginie Gallet (texte)
    Zacharie Gaudrillot-Roy (photo)
    Laurent Herrou (texte)
    Jalaude (texte)
    Benoit Jeantet (texte)
    Andre Joaquim (photo)
    Carol L. (texte)
    Lucien Laubert (texte)
    Eloïse Lièvre (texte)
    Antoine Maine (texte)
    Laurent Margantin (texte)
    Jean Jacques Marimbert (texte)
    Edith Masson (texte)
    Joseph Melin (photo)
    Pierre Ménard (texte)
    Sébastien Ménard (texte)
    Murièle Modély (texte)
    Azilys de Nowhere (texte)
    FranKc Orsoni (photo)
    Aliénor Oval (texte)
    Nathalie Palayret (texte)
    Langda Perrin (texte)
    Thierry Radière (texte)
    Louis Raoul (texte)
    Laurie-Anne Romagne (photo)
    Sophie Rousseau (linogravure)
    Tom Rousselon (photo)
    Alice Santini (photo)
    Guillaume Siaudeau (texte)
    Laurence Skivée (dessin)
    Lucien Suel (texte)
    Jules Sylvestre (photo)
    Marlène Tissot (texte)
    Thomas Vinau (texte)
    Astrid Waliszek (texte)
    Frida Wannerberger (dessin)

    Pour acheter ce numéro : http://j.mp/LaPiscineH20

  • Un soir au pub

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    Dans un pub, non loin de St Christopher’s place, il y a une inscription au plafond que l’on ne peut vraiment lire qu’allongé sur le sol. C’est une citation attribuée à l’acteur Oliver Reed : S’ils peuvent se coucher sur le plancher sans avoir à se tenir, alors ils ne sont pas ivres, tout juste se reposent-ils. Au Hand and Shears, sur Middle street, les prisonniers étaient jugés à l’étage, et si le jugement était en leur défaveur, ils étaient autorisés à boire un verre au bar avant d’être conduits à la potence. Le Two Brewers, du côté de Covent Garden, s’appelait autrefois le Sheep’s Head, parce qu’on y déposait chaque jour à côté de l’entrée la tête d’un mouton fraichement abattu.
    Un chien, plus vrai que nature, portant sur sa tête une lampe surmontée d’un abat-jour, est installé au-dessus de la porte du Black Dog, à 200 mètres de notre hôtel, du côté de Vauxhall. C’est une grande pièce qu’un simple comptoir sépare des cuisines. On y sert des burgers et du fish & chips, et on y propose à la pression une dizaine de bières différentes.

    (L’appel de Londres – editions publie.net 2015)

    Le livre L’appel de Londres est disponible au format numérique et en édition papier en librairie et sur toutes les plateformes de vente en ligne.


    Photo : Londres, octobre 2014

    Licence Creative Commons
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  • L’appel de Londres

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    La sortie de L’appel de Londres en mai dernier s’est accompagnée de plusieurs bonus — carte, lectures, photos, etc. —, disponibles pour les abonnés publie.net, et désormais accessibles à tous ici.

    J’avais pour l’occasion enregistré une lecture du prologue, mis en musique par Lilac Flame Son, dans un esprit très 80’s qui collait bien au livre. Je vous en propose aujourd’hui un mix un peu différent.

    Lilac Flame Son et moi nous connaissons depuis l’adolescence, et nous avions en ce temps-là l’idée de faire de la musique et de monter un groupe de rock. Nous avons réalisé quelques démos, et puis la vie nous a entrainés vers d’autres chemins. Cependant, nous n’avons jamais perdu l’envie de travailler ensemble, et ce morceau marque la naissance d’une nouvelle collaboration que nous espérons riche.

    Ainsi, à l’occasion du Ray’s Day, qui se tient le 22 août prochain, nous vous proposerons un nouveau morceau, extrait d’un projet en cours intitulé « récits de la grand-route ».

    Enfin, il est probable que je participe à la rentrée, sur Paris, à des rencontres et des lectures, peut-être accompagné de musiciens (mais sans Lilac Flame Son : le bougre habite San Francisco).


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    L’appel de Londres est disponible partout aux formats numérique et papier Vous pouvez lire ou télécharger un extrait au format pdf en cliquant ici.


    Enregistrement audio : Musique Lilac Flame Son / Texte Philippe Castelneau
    Photo : Londres, octobre 2014


    Licence Creative Commons