Le désenchantement

La vie est un théâtre où tout est joué d’avance. La fin de la pièce est connue et les moments de grâce sont rares. Il y a toujours trop de pathos, les scènes tirent en longueur et il n’y a pas d’entracte. On improvise, c’est vrai, mais sur des clichés rebattus, et les acteurs pour la plupart jouent mal, figurants s’imaginant tous tenir le premier rôle. La vie, c’est du théâtre amateur, et nous sommes les intermittents d’un triste spectacle, animaux dressés, amaigris et dociles, exécutant notre petit numéro sur la piste du grand cirque sous le regard distrait d’un public qui s’ennuie.
Les jeunes qui arrivent croient pouvoir changer le monde, et ce sont eux qui changent. S’ils s’en rendent compte, il est déjà trop tard ; la plupart ne voient rien venir. La vie passe, ponctuée par les mauvais choix, les renoncements et les peines, et personne n’y trouve rien à redire. La vie passe, et il n’y a presque rien à en dire.


Texte extrait de la nouvelle « Le désenchantement », qui donne son titre au recueil.
150 pages. 16 nouvelles. 12€. Vous n’avez plus d’excuses : le livre  est en vente ici, et également .