L’homme a délégué son activité aux machines. Il s’est départi pour elles de la faculté de penser. Et elles pensent, les machines. Dans l’évolution de cette pensée, elles dépassent l’usage prévu. Elles ont par exemple inventé les effets inconcevables de la vitesse qui modifient à tel point celui qui les éprouve qu’on peut à peine dire, qu’on ne peut qu’arbitrairement dire qu’il est le même qui vivait dans la lenteur. Ce qui s’empare alors de l’homme, devant cette pensée de sa pensée, qui lui échappe et qui grandit, que rien n’arrêtera plus, pas même sa volonté qu’il croyait créatrice, c’est bien la terreur panique, de laquelle il imaginait les pièges déjoués, présomptueux enfant qui se flattait de se promener sans elle dans le noir. Une fois de plus, à l’origine de cette terreur, vous trouverez l’antagonisme de l’homme qui se considère, et se considère étant, et de cette pensée qui devient. Caractère tragique de toute mythologie. Il y a un tragique moderne : c’est une espèce de grand volant qui tourne et qui n’est pas dirigé par la main.
Le paysan de Paris — Louis Aragon, 1926
Catégorie : journal
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L’homme a délégué son activité aux machines
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Rendez-vous le 7 octobre
Chers amis,
si vous passez près de Montpellier le dimanche 7 octobre, je vous donne rendez-vous au festival les automnales du livre de Juvignac. L’occasion de se rencontrer et d’échanger autour de la littérature et de la photographie, et — soyons fous ! — vous faire dédicacer un de mes livres ou un tirage photo.
Le 3e Salon des Automnales du livre aura lieu à Juvignac et sera dédié à la rencontre d’auteurs héraultais (de toujours ou d’adoption).Romanciers, bédéistes, auteurs pour la jeunesse, une vingtaine d’auteurs seront présents pour dédicacer leurs ouvrages et rencontrer le public.
Ont déjà confirmé leur venue : Ali Zamir, Philippe Castelneau, Audrey Bougette, Gaëlle Hersent, Rafik Bougueroua, Julie Huleux, Martine Nougué, Leen, Mylène Dufour, Bud Rabillon, Béatrice Serre, Justine Caizergues, Sylvie de La Forest, Sylvie Monpoint, Emmanuel Quentin.
La journée se déroulera dans la salle de Brunélis : rue des Cigales / Complexe culturel et sportif (un fléchage est prévu).
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Un ange vagabond

Un ange est venu pour le rachat des âmes. Il voulait me sauver. Il ne m’a pas trouvé. Il a trouvé le bar.
Las Vegas, août 2018. Une nuit que je tournais en rond sans trouver le sommeil, je fini par m’assoupir un court moment aux premières heures du jour. Je rêvais cette photo, et une nouvelle qu’elle pourrait illustrer.
En voici, en quelque sorte, l’incipit et le pitch ! -
Littéra-Tube au Centre Pompidou
Dans le cadre du Festival Extra ! consacré aux littératures hors du livre, qui se tient du 5 au 9 septembre 2018, me voilà au programme du Centre Pompidou, au sein de l’exposition collective Littéra-Tube, une proposition de Gilles Bonnet, Erika Fülöp et Gaëlle Théval ! Pas peu fier 😉
LITTÉRA-TUBE
UNE PROPOSITION DE GILLES BONNET, ERIKA FÜLÖP ET GAËLLE THÉVAL5 – 9 sept. 2018 de 11h à 21h
Forum -1 – Centre Pompidou, Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Qu’est-ce que la Littéra-TUBE ?
« Par Littéra-TUBE, je propose de désigner un corpus nouveau et en expansion constante, regroupant les expériences actuelles de vidéo-écriture, qui explorent un pan audio-visuel de la littérature diffusée sur Internet. Qu’il s’agisse de contenus nativement numériques et « YouTubéens », c’est-à-dire pensés et créés pour être mis à disposition d’un public d’internautes usagers du site, ou de contenus provenant d’autres médias (TV, radio, captations) et désormais remédiatisés, transférés sur la plateforme. C’est un écosystème littéraire inédit qui se construit ici, interrogeant le statut du littéraire via la mise en place de modalités neuves de publication. »
Issue d’une triple évolution, la Littéra-TUBE revendique une littérarité non logocentrée, qui la place au cœur des enjeux contemporains de redéfinition en acte du littéraire par la littérature numérique.Parmi les contenus nativement numériques, les journaux vidéo ou vlogs (vidéo-blogs) prennent la place quantitativement la plus importante. Inspirés par les vloggueurs américains populaires pour certaines techniques, par le cinéma documentaire et le journal filmé pour d’autres aspects, et continuant en même temps la pratique du journal extime d’écrivains et de bloggueurs, ces journaux vidéos sont des compositions d’images du vécu, de musique et de réflexions, parfois parlées mais plus souvent inscrites directement sur les images.
Plus expérimentale, la poésie vidéo se sert de ces éléments aussi bien que de l’animation et d’autres jeux visuels, la génération automatique de textes, la voix automatique, et tout ce que le médium et les logiciels de montage permettent, mais propose ce que Tom Konyves appelle « une expérience poétique », plutôt qu’une expérience plus ou moins directe du quotidien vécu.
Certaines de ses modalités de présence sur Youtube relèvent d’un transfert, à l’instar de nombreuses formes cinématographiques, vidéo ou nativement numériques interactives dont la vidéo propose alors une capture, là où d’autres formes se lient de manière directe à la plateforme, reprenant et travestissant ses codes spécifiques dans des formes nouvelles de vidéoperformances.Gigantesque archive du temps présent, Youtube permet enfin de rendre accessibles des vidéos d’événements éphémères comme les lectures publiques et les performances poétiques. Institutionnelles ou sauvages, les très nombreuses captations qui y circulent donnent à voir un pan important de la littérature hors livre en performance. « Toute une vie littéraire du XXIe siècle se bâtit et se conserve également sur la plateforme, qui remédiatise d’anciennes prestations télévisuelles d’écrivain.e.s, et qui aujourd’hui offre un espace neuf de présentation et de discussion des oeuvres par leurs auteurs mêmes, souvent accompagnés, d’ailleurs, par leurs éditeurs. »
De l’entrelacs de la création et de la prescription naît enfin une communauté riche de « lectubeurs.euses », à la fois proches et lointain.e.s des mieux connu.e.s booktubeurs.euses. Lectubeurs et lectubeuses lisent, à voix haute, des textes littéraires – rarement les leurs ; à voix autre, pour dire la littérature au coeur du royaume de l’image, en adoptant, pour les détourner éventuellement, les fondements des cultures numériques : improvisation, fragmentation et appropriation de contenus.Avec diffusion d’extraits des vidéos YouTube de :
Pierre Alferi – Armand le Poète – Jean-Pierre Balpe – Gracia Bejjani – François Bon – Patrick Bouvet – Michel Brosseau – Philippe Castellin – Philippe Castelneau – Boris Crack – Gwen Denieul – Arnaud de la Cotte – Jérôme Game – Brigitte Giraud – Pierre Guéry – Noémi Lefebvre (Studio Doitsu) – Perrine Le Querrec – Corinne Lovera Vitali – Arnaud Maïsetti – Canan Marasligil – Alma Maria – Jean-Charles Massera – Anh Mat – Pierre Ménard – Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet – Ottaras – Charles Pennequin – Mathias Richard – Milène Tournier – Stéphen Urani – Laura Vazquez – Alma – Tom Konyves – Jonas Mekas – David PerlovPierre Ménard a eu la bonne idée de regrouper ici l’ensemble des vidéos projetées. Merci à lui.