La Piscine #2 — La bande-annonce !

La Piscine, revue graphique et littéraire

Format 21 x 27 cm | couvertures sur offset 250g/m² | dos carré cousu | 72 pages offset 120g/m² | 15 euros

Réalisation : Alain Mouton
Comité de rédaction : Philippe Castelneau, Louise Imagine, Christophe Sanchez, Alain Mouton

Vous voulez le commander ? Cliquez ici !

18 secondes


Le texte lu dans la vidéo a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur tierslivre.net. On peut le lire ici.

Texte, photos, sons et montage : Philippe Castelneau

Voix automate pour texte automatique


Juliette Automatique lit 50 nuances de générateur, épisode 18


son corps soumis est couché sur l’ardoise luxuriante de mes passions rieuses il me regarde avec ses yeux de guipure brodés dans l’étoffe de la lune envoyant des étoiles brillantes de convoitise au-dessus du lit je lui demande dans un souffle s’il veut toujours de moi sa respiration m’arrache un craquement qui s’enfuit en courant par ma bouche satisfaite ça claque encore en moi est-ce sa gueule chiffonnée qui me trouble son corps de travers sa tête penchée sa langue de dentelle mon fol orgueil mal placé ses doigts furieusement beaux ses mains splendides et glorieuses ses mains animées par un souhait défendu dont la brûlure est si forte sur ma chair rose et tendre j’adore sur mes lèvres humiliées sentir dans ses baisers le doux frisson de nos corps noirs serrés je m’étais assise nue impérieuse avec pour lui le regard bleu des âmes conquérantes et il m’avait renversée


50 nuances de générateur, le dispositif détaillé, c’est ici.
Le site web dédié, c’est .
Acheter le livre, dès aujourd’hui, qui reprend les 50 textes : ici (version papier ou numérique).

50 nuances de générateur a pour objectif de se réapproprier les mots, de tordre le texte pour y réinjecter de la littérature.
Le principe en est simple :
1. générer un fragment aléatoire, en anglais, inspiré du livre 50 nuances de Grey
2. faire traduire le passage en français par Google
3. passer le résultat obtenu dans une machine à cut-up
4. Réécrire le texte
5. Répéter l’opération 50 fois


Licence Creative Commons

Envie d’un livre qui fait du bien ?

Marre de la morosité ambiante ? Lassé des polars nordiques ? Fatigué des best-sellers formatés ?
Envie de vous sentir bien avec un livre ? Et même : envie d’un livre qui fait du bien ?
Si vous vous laissiez tenter par un « feel good book » ?


Après une déception amoureuse, Étienne se laisse convaincre par son ami Manu de s’inscrire sur un site de rencontre. Les aventures d’un soir, drôles ou pathétiques, succèdent aux histoires sans lendemain, laissant notre héros de plus en plus perplexe, jusqu’au jour où il fait la connaissance de Juliette. Mais Juliette est une femme libre qui refuse de s’engager, et il lui faudra jouer de persévérance pour la convaincre de lui laisser une chance. Dans le même temps, Flore entre dans la danse, et si Flore aime Étienne, lui aime Juliette en secret. Au milieu de tout cela, Manu, l’ami de toujours, prouve chaque jour un peu plus qu’il mérite haut la main la palme du parfait loser, et entraîne son ami dans des situations où l’absurde rivalise avec le comique.

placeit.png-50

C’est sympa, tout ça, dites-vous, mais vous aimeriez bien en lire un extrait ! C’est ici.

De la romance, des rires, des larmes… et même un chat ! Maintenant, vraiment, vous n’en pouvez plus d’attendre, il vous faut acheter le livre : c’est , et aussi partout ailleurs.


seulement 4,99€, format epub et sans DRM, ou seulement 11€ en édition papier.

revendeur600-29889ea0
Disponible au format papier, et également au format ePub et/ou Kindle sur iBookstore Apple, Amazon.fr, ca et com, Kobo France et Kobo Canada, Google Play, Archambault.ca, ePagine.fr, Bookeenstore, Chapitre.com, Relay.com, Decitre, Cultura, Nolim Carrefour, Feedbooks et +

La Piscine #1 — L’âme des lieux sans âme

La Piscine, revue graphique et littéraire
Format 21 x 27 cm couverture sur offset 250g/m² 2 faces tête-bêche – 80 pages intérieures offset 120g/m² – Dos carré cousu.

Plus d’information ici : revuelapiscine.com

La nuit au caravansérail


La nuit au caravansérail, feu intérieur, l’esprit se consume, le cœur est en ébullition, mais c’est le monde autour qui brûle, l’humanité qui bascule dans le chaudron du volcan.
Pulsation minute trop rapide, rêve impossible ; minuit : la mort certaine, compagne des nuits blêmes, l’angoisse irrésolue et pourtant le réveil, on le sait, sera fait d’apaisement.

Je repasse par des lieux où je n’irai plus, des lieux où tu n’es déjà plus. Les arbres, dehors, s’inclinent aux fenêtres, les murs pleurent nos présences, les lits se désespèrent des corps endormis.


Également sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=f3XPCYATogg&sns=tw

Licence Creative Commons

La déraison


J’ai dans le crâne une fleur sauvage à la place du cerveau. Une tige d’épines et des feuilles rouges et blanches aux reflets vénéneux. J’ai dans la tête des idées sombres aux parfums capiteux ; des vers tressés à la bouche des poètes, une musique de nuit, une quinte diminuée, un diable en boîte monté sur un ressort. J’ai dans les yeux une étincelle, un feu-follet, des hectares en fumée ; dans le corps un mouvement obligé qui cherche sa résolution. J’ai l’ardeur au combat, j’exhale le souffle des batailles. Mes jambes me portent sur des terres ravagées, mes pieds foulent des sols en friche. Je traine un héritage ancien, les siècles des damnés. « Dieu » est un autre et je ne suis plus vraiment moi-même. Mes rêves sont peuplés de fantômes et j’ai déjà vécu plus de mille ans ici. J’ai écrit plus de poèmes qu’il n’y a de livres dans les bibliothèques, posé sur le papier plus de mots qu’il ne s’en trouve dans tous les dictionnaires ; j’ai dessiné des palais, construit des cités d’or, des châteaux de cartes, tracé des routes impériales et des voies sans issue à la seule force de mes nuits. Au réveil cependant, mes phrases s’étiolent comme des papillons blancs quand vient le bout du jour. Ma langue est une libellule endormie, agonisante sous la lumière crue d’une ampoule électrique trop longtemps confondue avec un soleil noir.
J’ai sur mes os depuis l’enfance la marque d’une fracture temporelle, les stigmates d’un crime irrésolu. Je porte au coin de l’œil une cicatrice profonde qui vient du fond des âges.
J’ai le cœur endeuillé de toutes mes vies vécues. J’ai la parole trouble, embuée de visions irréelles à couper au couteau. J’ai perdu un moment l’usage de la mémoire dans l’inconfort de solitudes passées. Depuis, je vis de signaux faibles, d’incertitudes légères : la mélancolie, me dis-je, est mon entéléchie.

Licence Creative Commons