Auteur : Philippe Castelneau

  • Vivons-nous déjà dans le métavers ?

    Je suis retombé hier dans mon journal sur ces notes, qui un an après, me semblent toujours d’actualité (et d’une cruelle ironie envers moi-même, alors que j’écris en ce moment un récit dystopique).

    Blade Runner (1982)

    Crypto people say they’re building it. Gamers might already be living in it. The art world is cashing in on it. Web veterans are trying to save it. But what is it?

    (New York Times, juillet 2021)

    Une chose à laquelle je pense ces derniers jours (déjà entendue formulée ailleurs) : depuis des dizaines d’années, nous vénérons une vision dystopique du futur, et Blade Runner par exemple, plutôt qu’une mise en garde nous apparaît comme la représentation d’un monde hyper connecté fascinant. La menace écologique pourtant décrite dans le film ne nous a jamais vraiment effrayés, perçue simplement comme un élément de ce monde, une ambiance presque cool. Du coup, c’est comme si, inconsciemment, séduit par une ambiance, une imagerie, nous avons délibérément ignoré la mise en garde et au contraire tout fait pour faire advenir cette nouvelle réalité.

    La confirmation de plus en plus tangible du réchauffement climatique nous amènera-t-elle à imaginer enfin un futur utopique ?

    À en croire l’article cité ci-dessus, nous sommes plutôt partis pour une fuite en avant dans la réalité virtuelle :

    Speaking to CNET in May, Mark Zuckerberg shared his own Facebook-centric view: “We want to get as many people as possible to be able to experience virtual reality and be able to jump into the metaverse and to have these social experiences within that,” he said, referring to the company’s experimental virtual reality environment, Horizon, which he hopes people will explore using Facebook’s Oculus headsets.

    Néanmoins, à la fois une bonne et une mauvaise chose, le métavers est encore loin d’être une réalité :

    Hopes and assurances from tech executives are nice, but private platforms are private platforms. “Right now, I can create an avatar, but I can’t jump from one world to the next,” Ms. Heyning said, describing a concept known as “interoperability.” The metaverse, in her view, isn’t a single firm or organization’s product or space, or even all of them together —  it’s the way they’re connected.

  • Ce qui reste du jour.

    La rue s’est transformée, 
    Elle est un rêve que je fais éveillé, 
    Un rêve de rencontres et de corps enserrés
    
    Un ange passe comme une ombre, porté par le vent du soir. 
    Est-ce l’amour, ou bien la mort qui vient ?
    Toujours, l’homme tremble d’un amour panique
    Lui qui croyait ne plus rien éprouver
    
    Ma couronne est trop lourde, je l’ai tressée d’épines
    J’ai construit des châteaux de cartes, 
    Bâti des villes sur des sables mouvants
    Je donnerais mon royaume pour un instant de calme
    
    Je suis trop plein de mots, de tristesse et d’angoisses
    Je voudrais des baisers, des poèmes
    Et ce sont des larmes qui viennent
    
    Mon cœur crève et se déverse en tempêtes 
    Je suis comme un noyé bercé par les flots déchainés 
    L’océan est vaste qui me retient d’échouer
    
    Et voilà que je danse sur les vagues teintées d’orage, 
    Le monde enfin à ma façon :
    Il fait jour à minuit sur mon astre lointain.
  • David Mitchell — Utopia Avenue (L’Olivier)

    Londres, 1967. Trois garçons, une fille, quatre musiciens d’horizons différents réunis par un manager qui ambitionne de faire d’eux un supergroupe. Si l’époque, le contexte nous sont familiers, l’auteur se joue des clichés du roman rock. Les archétypes sont là : conflits d’égos, drogues, groupies. On y croise Bowie, Lennon, Cohen. D’autres encore. On connait la chanson, croit-on, mais voilà : dans sa dernière partie le récit bascule dans le merveilleux, l’envers surréaliste de l’histoire, dont a peut-être négligé les indices.
    Au lecteur de les retrouver, ainsi que les références aux précédents livres de Mitchell. À lui de décider si finalement c’est un étonnant roman d’apprentissage qu’il vient de lire, ou un conte fantastique. Dans tous les cas, ce récit de 750 pages le hantera longtemps.


    (article paru dans le Midi Libre du dimanche 3 juillet 2022)

    Utopia Avenue, de David Mitchell (éditions de L’Olivier) — 752 pages — 25€

    Traduit de l’anglais par Nicolas Richard

  • L’auteur, dans le poste

    En mai dernier, j’étais invité par Occitanie Livre & Lecture à parler de mon livre Motel Valparaiso. Les organisateurs ont même eu l’idée folle d’enregistrer l’entretien. Le voici ! (et grand merci à toute l’équipe !)


    Si après ça, vous venait l’envie d’acheter le livre, c’est par là que ça se passe (ou chez votre libraire favori, ça va sans dire !).