De l’Internet, du web et des réseaux sociaux

De même que l’on confond trop souvent le web avec Internet, on confond aujourd’hui les réseaux sociaux et le web, abandonnant chaque jour un peu plus la promesse utopique des débuts, au profit d’un idéal ultra libéral aveugle et froid.
Désœuvrés, nous nous laissons mettre au poignet des montres connectées qui sondent nos corps et nous emprisonnent et, tout en réclamant notre droit à la liberté, nous installons dans nos salons des appareils-espions qui enregistrent jusqu’aux plus intimes de nos conversations, avec la seule promesse, terrifiante, d’un jour devancer nos désirs.
Ce jour-là venu — demain, déjà —, nous ne saurons même plus si nos achats compulsifs correspondent réellement à des pulsions sincères à venir ou à une simple manipulation de nos cellules responsives.
Gavés malgré nous comme des oies malades, transformés en rat de laboratoire, il ne nous restera plus qu’à attendre, terrifiés, de mourir, sans plus de libre arbitre, condamnés à une insatisfaction permanente savamment orchestrée par d’artificielles intelligences insensibles à notre condition humaine, programmées pour nous abreuver d’un flux continu de médiocrité.


Photo : usine en friche, Longueville.

Les ondes gravitationnelles

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Mes grandes mains élastiques fondent sous le regard de ton œil magnétique. Je m’enivre à une vitesse étourdissante de l’électrique infini de tes reins, mais tu n’es jamais précisément là dans la bascule de nos vies accélérées, et c’est à peine si tu te souviens de la courbure du temps.
Je marche principalement par oscillations, englué à ta surface, dans la noirceur des productions de masse. Le vide, pareil à une onde de folie changeante, me rappelle les fantasmes qu’on nous fournissait jadis.

Nous mourrons de voyeurisme, sans jamais voir la source du soleil. Je tiens le diable fermement par les hanches, le contraignant à un baiser mortel : la physique éphémère de nos existences est le prix relatif à payer.


Photo : Garage à l’abandon, Saint-Hippolyte-du-Fort — février 2016

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Trouver la lumière

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le cerveau électrique
les idées bousculent le clavier
manque encore la lumière

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Friche industrielle : la Manufacture Royale de Villeneuvette

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Wikipedia : « Villeneuvette (en occitan La Fatura) est une commune française située dans le département de l’Hérault et la région Languedoc-Roussillon. L’histoire de Villeneuvette se confond avec celle de la manufacture, maintenant désaffectée, qui portait ce nom, et avait été agrandie et élevée – sous Louis XIV – au rang de manufacture royale par Colbert.
Ce remarquable Village-Usine donne un aperçu concret du volontarisme économique manifesté par le Colbertisme (appellation souvent donnée au Mercantilisme français). Classée en Zone de Protection du Patrimoine et du Paysage depuis 1995 pour l’originalité et la qualité de son patrimoine, Villeneuvette comporte plusieurs constructions inscrites à l’inventaire des monuments historiques comme le porche d’entrée, la chapelle et l’aqueduc du « Pont de l’Amour ». Plusieurs bâtiments encore existants donnent une idée de la qualité de l’environnement et du logement dont bénéficient les ouvriers tisserands et leur familles dans cette « Ville nouvelle » (d’où le nom de Villeneuvette, autrefois «Villeneuve-lez-Clermont») construite de toutes pièces au XVIIe siècle. L’ancien réseau hydraulique qui alimentait la Manufacture depuis Mourèze est toujours partiellement existant. »

Une photo par jour : 315 – Villeneuvette, 34 / mars 2014

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