Étiquette : Sony DSC-RX100

  • Depuis la fenêtre arrière

    rearview mirror

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    Ces temps-ci, j’ai l’impression de vivre dans ma voiture, toujours sur la route. La route, parfois ce sont des moments de joie, souvent des moments de replis nécessaires, mais d’autres fois, la route de nuit, c’est l’angoisse au ventre, l’histoire qui se répète et l’indicible douleur au bout. Il faut bien faire face, pourtant. Et si cette douleur qui touche celle qui est assise à mes côtés, je le ressens si fort, au moins, je sais que c’est parce que je l’aime.


    photo : près de Montpellier, le 21 février 2015.
    On ne doit pas, dit-on, présenter ensemble des clichés n & b et couleurs. Très subjectivement, pour moi, ces deux photos se répondent. Prises à moins d’une heure l’une de l’autre, elles disent quelque chose, le noir et blanc Low key fait place à la couleur, et même avec la pluie, c’est une note d’espoir.


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  • Fenêtre sur cour

    fenêtre sur cour

    Sonné, voilà. On est sonné, KO debout.
    On sait qu’il faudrait publier quelque chose, écrire, mais écrire quoi ? Écrire au moins pour soi, parce qu’on est vivant ; même si on ne sait pas quoi ni pourquoi, écrire quand même. Dans les premières heures, on ne peut pas, mais les jours qui suivent, oui, les mots viennent, les mots coulent même assez bien. On est surpris d’écrire un texte qui résonne, au moins pour soi, un texte qui n’a presque rien à voir avec ce qui vient de se passer.

    Ce texte, on ne le montre pas. Pas maintenant. On voudrait qu’il soit lu, mais pas aujourd’hui. On le voudrait détaché de l’immédiate actualité, et il est bien trop tôt pour ça.
    Il rejoint les autres textes qui s’accumulent, classés dans l’ordinateur, dans des fichiers qui font des ensembles qui eux-mêmes s’organisent peu à peu. Ils grossissent, aussi on espère qu’ils feront bientôt des livres. On l’espère, parce que les livres sont notre dernier refuge : « O Dieu ! Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix et me regarder comme le roi d’un espace infini, si je n’avais pas de mauvais rêves » dit Hamlet. Un livre nous libère de nos mauvais rêves, un livre est une coquille de noix qui contient l’espace infini.

    Les mauvais rêves, sans doute qu’ils sont venus visiter Françoise Renaud au lendemain des inondations qui, en septembre dernier, ont détruit son village, et en partie sa maison. Elle en a fait un livre, un texte émouvant et beau qu’on peut lui acheter directement (pour la contacter, c’est ici. Vous pouvez aussi l’acheter en ligne). Le livre coûte 10 €, port inclus, et, nous dit-elle « les petits bénéfices engendrés par cette parution seront consacrés à la restauration du mur de soutènement de mon jardin et aux plantations printanières ».

    Lire et écrire, planter et restaurer, être solidaires, ensemble, pour réussir à se relever. Arriver à se détacher de la fenêtre qui donne sur la cour et sortir dans la rue, marcher comme avant, retrouver ses amis, dans l’insouciance et les rires : espérer bientôt retrouver la couleur.


    photo : Montpellier, janvier 2015.


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  • Clap de fin

    autoportrait au miroir

    Un autoportrait réalisé à l’aide d’un abat-jour en métal poli, une façon comme une autre de mettre un point final à ce projet photo, à la fois clin d’œil et mise en abyme : je me photographie photographiant à travers un miroir déformant…

    Il y a une éternité en temps internet, deux ans en temps humain, j’avais choisi un habillage extrêmement sobre pour ce blog, qui ne supportait aucune image. L’idée était de me concentrer uniquement sur le texte. Ma pratique de la photo se résumait à mon iPhone, mais j’y prenais beaucoup de plaisir, comme je prenais beaucoup de plaisir à regarder les livres de grands photographes qui sont dans ma bibliothèque. Saul Leiter, Robert Frank, Bettina Rheims ou William Klein me touchaient particulièrement.
    L’idée m’est venue d’écrire des textes, introspectifs ou de fictions, en partant de photos piochées dans ces livres. En y réfléchissant plus avant, je trouvais l’idée un peu vaine, et fus bientôt convaincu qu’un tel projet ne pouvait se faire qu’en collaboration étroite avec un photographe, à moins de réaliser moi-même les photos.
    Aussi, je décidais d’acheter mon premier « vrai » appareil photo, un Sony DSC-RX100. Je pris des cours, lu beaucoup et me lançais enfin dans ce projet 365, convaincu que cela m’obligerait à progresser !
    Un an après, quel bilan tirer ? Je ne sais pas si je suis un meilleur photographe, mais je sais en revanche que la photographie m’est devenue aussi indispensable que l’écriture, et j’ai toujours avec moi, dans ma poche ou dans mon sac, mon petit Sony, comme j’ai depuis tant d’années un carnet et un stylo.
    D’un point de vue technique, je sais aujourd’hui utiliser la plupart des réglages que propose un appareil, et je ne recadre plus que très rarement mes photos en postproduction. J’ai acquis les bases et mon regard s’est affûté. Je ne suis qu’au début de mon apprentissage, mais cette expérience m’a permis de me jeter à l’eau et d’apprendre à nager.
    Vos encouragements, vos remarques, vos visites régulières m’ont aidé à réfléchir à mon travail, à progresser, et beaucoup des photos publiées ici au fil des jours, je ne les publierais plus aujourd’hui.

    Je suis soulagé d’en avoir enfin fini avec ce projet 365, et il n’a pas été tous les jours facile de trouver la motivation pour continuer, mais pour autant, je suis heureux de l’avoir fait, et je conseille à quiconque en aurait l’envie de se lancer : le jeu en vaut vraiment la peine !

    Une photo par jour : 365/365

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