L’amour est mort

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Il y avait fort longtemps que je désirais vous écrire, comme on croit pouvoir rattraper les années : mon âme voulait une dernière fois se tenir entre vos bras nus. Mon corps protestait ; mes genoux fatigués peinaient à me porter plus loin ; mes yeux d’avenirs mangés par les bourrèlements ne voyaient plus dans le vent que la pluie faisant rouiller les rêves ; ces rêves, où vous occupiez jadis une place à part.
À l’aube, un téléphone sonna dans le vide sans réussir à couvrir le silence des pages blanches du livre qui n’avait pas voulu venir.
Je m’affaissai peu à peu, m’abandonnant aux ombres. Le sommeil n’arriva jamais, mais le froid, oui, qui m’enveloppa tout à fait. Pour ne pas me perdre, j’avais jeté en chemin des pierres vives, comme autant de cailloux, et je ne pouvais même plus me tourner. Qu’importe : derrière soi, on ne laisse jamais que du vide. Tout disparait sous la neige quand arrive l’hiver.


Photo : Paris – août 2016.

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