Un soir au pub

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Dans un pub, non loin de St Christopher’s place, il y a une inscription au plafond que l’on ne peut vraiment lire qu’allongé sur le sol. C’est une citation attribuée à l’acteur Oliver Reed : S’ils peuvent se coucher sur le plancher sans avoir à se tenir, alors ils ne sont pas ivres, tout juste se reposent-ils. Au Hand and Shears, sur Middle street, les prisonniers étaient jugés à l’étage, et si le jugement était en leur défaveur, ils étaient autorisés à boire un verre au bar avant d’être conduits à la potence. Le Two Brewers, du côté de Covent Garden, s’appelait autrefois le Sheep’s Head, parce qu’on y déposait chaque jour à côté de l’entrée la tête d’un mouton fraichement abattu.
Un chien, plus vrai que nature, portant sur sa tête une lampe surmontée d’un abat-jour, est installé au-dessus de la porte du Black Dog, à 200 mètres de notre hôtel, du côté de Vauxhall. C’est une grande pièce qu’un simple comptoir sépare des cuisines. On y sert des burgers et du fish & chips, et on y propose à la pression une dizaine de bières différentes.

(L’appel de Londres – editions publie.net 2015)

Le livre L’appel de Londres est disponible au format numérique et en édition papier en librairie et sur toutes les plateformes de vente en ligne.


Photo : Londres, octobre 2014

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L’île singulière (la littérature à l’époque de sa reproductibilité numérique)

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Nous voilà avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la vérité, ô âmes graves et nobles, descendez sous les fondations, de caves en caves.
Melville – Moby Dick

N’en déplaise aux cassandres qui prédisent régulièrement sa fin, le livre, sous sa forme communément admise, continue d’exister. Seulement, il a perdu de sa superbe (1), et surtout, il n’est plus ni la fin ni le seul but de la littérature. Il en est tout au mieux un possible. La littérature de nos jours s’écrit souvent en ligne, où discrètement elle conquiert de nouveaux espaces, elle réinvente les lieux oubliés, détourne les outils sociaux : le feuilleton, les revues en ligne, les blogs où elle s’écrit en fragments, etc. (2) participent d’une expérience globale, qui n’est plus nécessairement linéaire. Le financement participatif, la POD accessible pour presque rien, les programmes sur nos ordinateurs qui permettent la création d’un ebook en deux clics ont fait tomber les barrières et ouvert grand les digues aux projets les plus fous (3).
Bien sûr, les best-sellers préfabriqués continuent d’envahir chaque mois les tables des librairies, noyant le reste sous leur masse toujours plus dense. Peu importe, ce qui compte navigue en eaux profondes. Mobilis in mobili, quelque chose émerge ici et là qui est encore peu visible, quelque chose bruisse que nous sommes plusieurs à sentir. La littérature, libérée du livre, trouvera peut-être à se déployer sans contraintes : elle envahit déjà les interstices de l’internet. Désormais, elle s’écrit aussi sur le web, elle s’écrit sur la toile ; la littérature s’écrit sur le fil.

la littérature s’écrit sur la toile ; elle s’écrit sur le fil.

« Les choses sont faites de telle sorte en littérature que, durant des siècles, une poignée de lettrés faisait face à des milliers de lecteurs. Vers la fin du siècle précédent, un changement survint (…) Le lecteur est à tout moment prêt à devenir écrivain », écrit Walter Benjamin en 1935 (4), à propos de l’essor du livre à la fin du XIXe. On voit qu’à plus d’un siècle de distance rien n’a changé, sinon que le phénomène s’est prodigieusement accéléré. On pourrait presque dire qu’il y a aujourd’hui une poignée de lecteurs face à des milliers d’auteurs. Pourtant, grâce à l’internet, tous peuvent trouver leur public, fut-il restreint : c’est la longue traine théorisée par Chris Anderson. La demande est réelle, toutefois il est de plus en plus difficile pour un auteur de vivre de sa seule écriture, en tout cas selon les vieux schémas. La représentation nouvelle impose d’être agile, toujours en mouvement, appliquant le précepte édicté par Mohammed Ali : flotte comme un papillon, pique comme une abeille.

L’homme, pour appréhender le monde, a besoin de croire. Parce qu’il est trop intelligent, dans un monde trop complexe, il s’interroge, il a besoin de certitudes pour ne pas perdre pied face au vertige du monde. Lorsqu’il s’est débarrassé de Dieu, il croit encore : chacun accompli dans son quotidien le plus intime des dizaines de petits rituels qui le rassurent et lui permettent d’avancer. Notre rapport aux objets en fait partie. Comme le souligne Benjamin, « les œuvres d’art les plus anciennes (…) sont nées pour servir un rituel, d’abord magique, puis religieux (…) En d’autres termes, la valeur singulière de l’œuvre d’art “authentique” trouve son fondement dans le rituel ».
Ainsi, l’œuvre artistique porte en elle, même diffus, un rapport au spirituel qui inconsciemment nous amène à la lier, dans l’approche que nous en avons, à une sorte de cérémonial. Il y a de grandes chances que le livre que vous tenez à portée de main ne soit déjà plus un livre au sens où vous l’entendez : c’est un fichier numérique, imprimé à l’encre chimique sur du papier traité à l’acide, un ersatz de livre (5). Pourtant, tous, nous éprouvons encore une attirance particulière pour cet objet, que l’on rattache à une tradition ancienne, un sentiment particulier, une charge symbolique forte, une expérience physique (l’odeur du livre, le ressenti du grammage du papier sous les doigts et jusqu’au bruit des feuilles qui se tournent) qui ajoutent au plaisir premier du texte, et sans lesquels, croyons-nous, ce plaisir ne serait pas complet.
« Le livre sera toujours notre nostalgie, dit François Bon. Seulement, des œuvres comme celles de Kafka, Proust, Michaux, nous apprenons maintenant, depuis des usages différés, à les appréhender aussi dans leur potentialité non-linéaire. (…) si on pense en termes d’écosystème, alors la forme linéaire (le film, le livre) peut très bien être incluse dans le projet général transmedia (6) ». Mais, écrit Roger Chartier, « en brisant le lien ancien noué entre les discours et leur matérialité, la révolution numérique oblige à une radicale révision des gestes et des notions que nous associons à l’écrit. » (7)

Quoi qu’on en dise, le livre est une marchandise : c’est son contenu qui ne l’est pas. Nous confondons trop souvent la carte et le territoire. Dans toute croyance, il y a un enseignement exotérique, accessible à tous, et un savoir ésotérique, plus mystérieux, qui s’acquiert par l’initiation. La littérature est l’ésotérisme du livre.

La littérature est l’ésotérisme du livre.

Je discutais il y a peu avec un pianiste, suffisamment connu pour remplir un peu partout des salles sur son nom, et qui voyait dans le disque un support physique destiné à n’être qu’un marqueur temporel, une balise, dans un flux plus large. Ses albums enregistrés lui ouvraient les portes des salles, mais se vendaient peu. Les concerts étaient sa principale source de revenus. Tout est infiniment reproductible, sauf l’immédiateté d’une émotion : le concert pour un musicien, le happening artistique, il reste à en trouver l’équivalent pour la littérature. La reproduction de l’œuvre entraine la perte de son hic et nunc, son « ici et maintenant » qu’il nous appartient de réinventer sous des formes nouvelles. Il nous faut apprendre à bâtir des cathédrales de mots éphémères qui subjuguent dans l’instant présent. Plus prosaïquement, il faut trouver d’autres moyens de subsistance. Cory Doctorow (8) donne l’exemple d’un auteur de strips abondamment piraté, qui vit pourtant confortablement des bénéfices des produits dérivés qu’il commercialise lui-même : son public paye pour un t-shirt, un mug, à l’effigie de son héros. Pourquoi ? Parce que si le livre a perdu sa force symbolique, le lecteur ressent toujours le besoin d’afficher son appartenance à l’idée-force qu’il véhicule. Les musées regorgent de foulards, bijoux, parapluies reprenant des tableaux célèbres. L’œuvre en elle-même est de plus en plus facilement reproductible, à l’échelle individuelle. Son coût devient dérisoire, son prix de vente symbolique. Pourquoi ne pas alors imaginer d’autres pistes, des badges, des cartes — que sais-je ? — que le lecteur qui a si aisément piraté l’œuvre initiale sera heureux d’acheter et de porter.
Le livre physique est peut-être déjà condamné, non pas à disparaître, mais à devenir, comme le vinyle, un objet à tirage réduit à forte portée symbolique, pressage 180g de qualité en édition limitée pour le disque, papier vélin ou vergé ivoire, tirage entre 500 et 1500 exemplaires pour le livre. Après, il reste le CD et le mp3, il reste l’e-pub ou l’impression en POD.
Neil Young que l’on interrogeait récemment sur le retour du vinyle soulignait qu’il ne pouvait s’agir que d’un marché de niche : « notre société recherche toujours plus de commodité, et le vinyle n’est pas un objet commode. » (9)

Mon pianiste m’expliquait vouloir refaire une édition de son dernier album, à l’issue de sa tournée actuelle, en y ajoutant un nouveau disque enregistré live : nous aurions ainsi la même œuvre, avant et après. Si un musicien peu le faire avec un objet aussi fermé qu’un compact disc, pour un écrivain aujourd’hui, les possibilités sont infinies. Reproductible, l’œuvre est aussi infiniment perfectible. Elle n’est plus figée comme dans le marbre (Benjamin prend l’exemple de la statuaire grecque), l’auteur peut y revenir et la modifier à loisir. Le livre papier est une statue de marbre, comparé à l’œuvre numérique (10).

« Chaque jour, écrit Walter Benjamin, se fait plus irrésistiblement sentir le besoin de rendre l’objet possédable par une proximité toujours plus intime. » Mais aujourd’hui, ce ne sont déjà plus le livre ou l’enregistrement sonore ou vidéo que nous désirons posséder, ceux-là, en tant qu’objets, ont perdu ou sont en passe de perdre leur valeur symbolique. Ce sont les liseuses ou les tablettes, les téléphones portables et les ordinateurs — qui potentiellement contiennent tous les livres, toutes les musiques et tous les films —, qui se font désirables. Ce sont eux qui pénètrent le mieux notre intimité.
L’époque est vaniteuse, peut-être, mais elle est aussi porteuse de richesses qui reste à inventer.

L’écriture, comme le langage, est constitutive de l’homme : nos outils changent et évoluent, elle ne peut pas disparaître. La littérature est une île singulière, aux contours changeants, une île sans cesse réinventée qu’il nous appartient de redécouvrir en permanence.


NOTES :
(1) « l’édition en France fonctionne par des mises en place massives, une durée de présence librairie qui est en moyenne de 5 semaines, un système aberrant et obsolète de « retour » à 3 mois pour les « offices », un stock minimum qui reste chez l’éditeur et le reste on recycle, quitte à réimprimer si redécollage, ou passer en POD si sorties à moins de 500/an. » François Bon – Comment de 15 Annie Ernaux en faire 30.

(2) fragments repris ensuite pour faire un ensemble, sans pour autant effacer le travail premier : les deux se complètent et se répondent. Ainsi le Lovecraft Monument de François Bon, ou l’expérience Radius de Walrus eBooks.

(3) Bien sûr, cela ne garanti en rien la qualité des ouvrages proposés. Ce sont ceux qui s’investiront dans la maîtrise des outils qui sortiront du lot. Et encore, nul n’est à l’abri du mauvais goût : gare alors, car sur internet, comme dans l’espace, personne ne vous entend crier !

(4) Walter Benjamin – L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935). Toutes les citations de Walter Benjamin citées dans l’article viennent de ce texte.

(5) « En général, par exemple, ceux qui vous répondent tant aimer « l’odeur du papier » n’ont pas connaissance des 4 ou 6% de chaux vive en couche fine sur la page qu’ils respirent, pour la rendre hydrofuge et économiser sur les micro-gouttelettes du jet d’encre. Ni d’ailleurs que cette odeur est plutôt celle de la colle et de l’encre que celle du papier (résidus de tri sélectif blanchis à l’acide puis agglomérés en mélasse colorée pour casser le blanc et ne pas se déchirer dans le nouveau roulage), et surtout éviter en ce cas de les informer des différents composants chimiques inhalés dans cette odeur d’encre, c’est à vous qu’ils en voudraient et non pas à la chimie. » (François Bon – Après le livre)

(6) François Bon – ce qu’on a raté avec le livre numérique

(7) Roger Chartier, cité par Jean-Philippe de Tonnac, préface au livre d’entretiens entre Jean-Claude Carrière et Umberto Eco : N’espérez pas vous débarrasser des livres, ed. Grasset

(8) Cory Doctorow – Information doesn’t want to be free, laws for the internet age

(9) Neil Young: vinyl revival is « a fashion statement »

(10) je dis écriture numérique à escient, l’ebook en tant que transposition du livre papier est lui même une forme d’enfermement.


Photo : Sète, le mont Saint-Clair vu depuis la plage de Carnon, janvier 2015.

Sète, l’île singulière, la formule est de Paul Valery. « Jusqu’en 1927, Sète a changé de nom à plusieurs reprises. Ce nom, De Ceta, Seta, ou Cetia au Moyen Âge, trouve son origine dans la forme qu’a le mont Saint-Clair vu des villes alentour, faisant penser à une baleine surplombant la mer » (Wikipedia).
Ainsi quand je vais à Sète, je pense à Paul Valery et au Moby Dick de Melville (et à Brassens aussi, incidemment).


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Une chance et un espoir (un conte de Noël)

Il y a, en littérature, une tradition du récit de Noël qui remonte au moyen-âge. Il s’agit alors d’édifier l’auditoire avec des histoires ayant trait à la nativité.
Dans sa forme moderne, le conte de Noël apparaît sous la plume de Dickens avec son Christmas Carol, publié en 1843 en Angleterre, à l’époque victorienne, et participe d’un retour à la célébration d’une fête un peu tombée en désuétude. C’est l’apparition, au même moment, du sapin décoré et des cartes de vœux.
Hans Christian Andersen, Alphonse Daudet ou Guy de Maupassant s’essaieront également à l’exercice.
Si la tradition s’est aujourd’hui un peu perdue chez nous, dans les pays anglo-saxons, il n’est pas rare de voir un auteur proposer à ses lecteurs, pour Noël, dans les pages d’un journal, une nouvelle ou un conte. J’ai pour ma part une affection toute particulière pour un texte de Paul Auster, le conte de Noël d’Augie Wren, publié le 25 décembre 1990 dans les pages du New York Times, et repris depuis en livre.

Une chance et un espoirParce que j’aime profondément ces récits, l’idée m’est venue d’écrire une nouvelle célébrant l’esprit de Noël. Ceux qui ont lu La grammaire du chaos y reconnaitront certains des personnages, mais elle se lit indépendamment du roman.
Elle est accessible en cliquant ici, et comme c’est Noël, elle est gratuite jusqu’à dimanche prochain.


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Le dernier voyage

Il est un petit volume pour lequel j’ai beaucoup de tendresse, c’est Le diable par la queue, de Paul Auster. Dans ce livre, publié en 1996, Auster revient sur ses années de vaches maigres, ses tentatives désespérées pour gagner un peu d’argent et faire, en vain, publier ses livres. Il raconte comment, sous le pseudonyme de Paul Benjamin, il écrit un roman policier, Squeeze Play (Fausse balle, en français), qui sortira éventuellement en 1982.
Je me souviens m’être dit que c’était pour moi aussi peut-être une piste à creuser, et j’ai aussitôt noirci des carnets entiers avec des idées de machinations machiavéliques et de portraits de femmes fatales en pagaille. Je me souviens surtout avoir perdu une idée comme on en a peu dans une vie d’auteur, un matin sur un quai de gare, au moment de monter dans un train. Il faisait froid, et pour tout dire, je n’étais pas vraiment réveillé. Et voilà, elle est passée, l’idée, l’idée parfaite, l’intrigue imparable, et comme j’avais froid, je l’ai laissée tourner dans ma tête, reportant à plus tard le moment de la noter. Plus tard, c’était lorsque je serai assis dans le train, qui tardait à arriver. Il tarda si bien qu’il était bondé quand je grimpais à bord, et bien sûr, pas moyen de s’asseoir, ni même de sortir mon carnet au fond de mon sac. Alors j’ai laissé l’idée se déployer à sa guise, et lorsqu’enfin j’ai pu me poser et sortir mon carnet, elle avait tant vagabondé, mon idée, que je l’avais perdue.
Je me console en me disant qu’elle n’était peut-être pas si bonne que ça, cette idée, mais la vérité, c’est que je n’en sais rien.

le dernier voyageQuelques années plus tard, mon premier texte sérieux, Le dernier voyage, était tout naturellement un récit noir. La nouvelle est restée des années dans un tiroir, jusqu’à ce que j’entreprenne récemment de mettre un peu d’ordre dans mes dossiers.

La voici, entièrement refondue, à seulement deux clics de souris.


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Ératosthène, de Thierry Crouzet (éditions L’âge d’homme)

On sait peu de chose d’Ératosthène, sinon qu’il est né à Cyrène en Libye (alors une colonie grecque), aux alentours de –276 av. J.-C., et mort à Alexandrie, en Égypte vers –194. On sait encore qu’il dirigea la célèbre bibliothèque d’Alexandrie, qu’il fut philosophe et astronome, mathématicien et géographe. On sait surtout qu’il fut le premier à tenter de mesurer la circonférence de la Terre, se trompant de moins de 2000 km.
Si l’on sait peu de chose d’Ératosthène, c’est surtout parce son travail, et l’homme tout entier, marquait une rupture radicale avec ce qui le précédait : il réinventait le monde, ouvrait seul de nouvelles perspectives proprement révolutionnaires. Cela lui valut incompréhension et inimitiés, et dès lors qu’il disparut — et n’ayant pas voulu créer d’école, il partit sans laisser de véritables disciples —, il fut dénigré, d’abord, oublié ensuite.

C’est son histoire que nous raconte Thierry Crouzet dans son nouveau roman, une vaste fable historique qui nous plonge dans une époque mythique à l’origine de notre civilisation, un roman ample et fort bien documenté. Surtout, au-delà de l’histoire d’Ératosthène, il nous propose dans la dernière partie une plongée en avant dans le temps jusqu’à aujourd’hui, qui permet de mieux comprendre comment l’héritage de cet homme absolument visionnaire a été petit à petit redécouvert, et combien son époque, si troublée, n’est somme toute pas si différente de la nôtre. À l’heure de l’Internet et des réseaux, un monde nouveau se met en place dont ne mesurerons pas encore toutes les ramifications, et il nous reste à souhaiter que notre Ératosthène, s’il se manifeste, ne se heurte pas comme son double lointain à l’incompréhension et au rejet de ses pairs, ce qui nous plongerait à nouveau dans 2000 ans d’obscurantisme.
En attendant, la lecture du livre de Crouzet est un salutaire rappel, et un bel hommage à l’un des génies de l’humanité.

Le livre, édité par les éditions L’âge d’homme, est disponible dans toutes les librairies. Signalons aussi que la version numérique propose en plus un journal d’écriture, une chronologie détaillée et une bibliographie. Enfin, sur son blog, l’auteur propose visuels, carte, timeline, etc. qui viennent enrichir un peu plus la lecture.

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