Le salut pour muraille et rempart

 

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Paris, place de la Nation

Pour donner un sens à tout ça il faut affronter les ténèbres, se coltiner les marges et les limites, se jeter nu dans le chaudron brûlant, le brasier des origines, se mêler au désordre et revenir guéris. Il faut sans cesse rêver les ombres et creuser le chaos.
Comme tout doit finir, faisons tomber dès aujourd’hui les murs des châteaux de cartes qui nous retiennent prisonniers. Quand viendra le sacre du printemps, soyons à la fois l’archet et la corde tendue, l’arc bandé, la flèche, l’image volée, la note de musique.
Nous sommes des grains d’atome balayés par les vents sidéraux, corps célestes perdus dans l’infini de l’espace, poussières d’étoiles, enveloppes fragiles destinées à pourrir sous terre, sacs d’os rongés par les chiens, peut-être, mais sauvés par l’éclair vif, la fulgurance d’une idée fixe.
Des expériences ont lieu et nous n’en savons rien. L’esprit absolu nait du renversement des ciels de traîne dans le crime de la pensée magique : Dieu est cet autre mot pour dire Nous.


Photo : Paris – février 2016

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Portrait-robot

Partir à l’aventure, carnet du jour
Disparaître immobile
Réchauffer un moment les frissons sur la peau

Reste la route de nuit
Le voyage qui avale l’obsession
Photo classée, quelques notes et il faut partir
Remplacer le marteau par un souffle

Le matin compte encore
Le temps finira par finir
Le bleu, parfois le blues
La musique déserte quelques souvenirs portables

Besoin de vieux récits
Quatre Stones et risque maximum
Toujours quatre démons tranchants
Ébauches d’épisodes avalés

Je veux déjà noter les rêves
Je veux juste une messe, un abri
L’enfer est fait de ces textes qui viennent du cœur


J’aime les jeux d’écriture (pas comptable, mais littéraire), les cut-ups, l’écriture automatique, les libres associations d’idées. Je pensais à cela en lisant hier soir la proposition d’écriture à partir d’un texte de Jacques Roubaud que donne François Bon sur son site (les ateliers d’écriture sont des expériences magiques, les propositions de François Bon sur tiers livre sont un trésor), et je me suis souvenu avoir noté l’autre jour des bouts de phrases qui me venaient en regardant le Wordle généré à partir de l’url de mon blog.
Simplement mis en forme (arbitrairement en vers non rimés, mais il ne s’agit pas nécessairement d’un poème), et en supprimant quelques redondances, le texte, qui m’a paru s’écrire seul, brosse pourtant un portrait qui pourrait être le mien, comme un portrait-robot.

Une photo par jour : 319 Robots – mars 2014 / Projet 52 épisode 18

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