Catégorie : textes

  • Viva Las Vegas

    Toby Keith’s I Love This Bar & Grill

    Enfin, c’est Vegas. La nuit tombe et c’est partout une débauche de lumières. Nous roulons le long du Las Vegas boulevard, le fameux strip, et croisons les hôtels mythiques : le Caesar Palace et son architecture pseudo-romaine, le Flamingo, premier hôtel-casino construit à Las Vegas, en 1946, pour le compte du gangster Bugsy Siegel et de ses associés mafieux, le Bellagio et ses fontaines… Nous laissons notre Hyundai au voiturier à l’entrée du Treasure Island, et récupérons les clés de notre chambre à l’accueil. Nous ne sommes là que pour une nuit, et surprise, nous voilà surclassé : en fait de chambre, c’est une suite qui nous attend, au 33ème étage : salon avec baie vitrée donnant sur Las Vegas boulevard, chambre à coucher si grande que le lit king-size paraît minuscule, et deux salles de bains : douche pour monsieur, Jacuzzi pour madame.
    Le temps de poser nos affaires, et nous voilà dehors, passant du strip aux casinos. On s’arrête au Venitian, on joue un long moment, on perd et l’on gagne, un peu plus de 160 $ de bonus pour L. à la fin de la soirée, et les bières gratuites pour moi.
    Au Mirage hotel se donne le spectacle du Cirque du Soleil consacré aux Beatles. Il y a depuis la rue cette vision fascinante, onirique, des visages des quatre Beatles alignés, surmontés du nom de l’hôtel : The Mirage, et c’est l’impression que cela donne, oui, un mirage en plein désert… Trop tard pour le spectacle, mais il y a une boutique Beatles (et même un pub ! Le Beatles lounge, mais nous nous contenterons de passer devant) et je m’achète deux figurines tirées du film Yellow Submarine, renonçant finalement aux boules pour le sapin de Noël.
    En route pour notre hôtel, nous nous arrêtons un moment dans un pub appartenant à un chanteur country qui s’est diversifié dans la restauration, le Toby Keith’s I Love This Bar & Grill, où joue un groupe de country rock. Ambiance musicale très 80’s, nostalgie forcément communicative et très bons musiciens.
    Il est 1 h 37 du matin quand nous regagnons le Treasure Island.

    Une photo par jour : 194 — Toby Keith’s I Love This Bar & Grill
    Fragments d’un voyage : Las Vegas, octobre 2013

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  • Un désert climatisé

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    Drôle de désert que ce désert des Mojaves : 40 000 km² de plaines arides et de massifs rocheux qui recouvrent la Californie et empiètent sur l’Utah, le Nevada et l’Arizona ; c’est le plus sec des déserts du continent, célèbre pour sa vallée de la mort, un yucca nommé Joshua tree, et une ville fondée par les mormons en 1855, avec une population aujourd’hui estimée à 1 777 539 personnes et la plus grande capacité hôtelière au monde : Las Vegas.
    Peu après Barstow, on quitte la Californie pour le Nevada, et on roule encore 240 km sur l’interstate 15. On est en plein désert, mais c’est un désert traversé par une autoroute qui transporte jour et nuit des milliers de véhicules. Ici la highway patrol veille à faire respecter la loi, zero tolerance s’affiche sur certains panneaux et à intervalles réguliers on voit débouler des voitures, surgissants de nulle part, sirènes et gyrophares allumés, derrière ceux qui se risquent à rouler à plus de 70 miles à l’heure.
    C’est un désert, oui, mais un désert climatisé, en quelque sorte.

    Une photo par jour : 193 — Désert des Mojaves
    Fragments d’un voyage : USA, octobre 2013

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  • California dreamin’

    Mail boxes

    Nous avons quitté San Luis Obispo tôt ce matin, peu avant huit heures, et avons rejoint rapidement par la 101 la route 58, plus pittoresque que la 46 d’abord envisagée. À peine sortis de la ville, nous nous sommes retrouvés en pleine campagne, au milieu de zones rurales, croisant au fil des miles avalés des fermes isolées, perdues au milieu de nulle part — maison en bois, enclos pour les bêtes, pick-up garé sur le côté, et personne en vue.
    Quelques dizaines de kilomètres plus loin, nous attaquons une région plus vallonnée, aux routes en mauvais état, toujours en ligne droite, mais suivant le tracé des collines, et c’est par moment comme de gigantesques dos d’âne se succédant sur des miles et des miles, et gare au vertige si l’on arrive trop vite dans la descente !

    Bien plus loin, au détour d’une route, alors que cette fois ça grimpe vraiment, et en zigzag, on nous arrête pour laisser passer un convoi exceptionnel. On attend patiemment, et pendant vingt minutes il n’y a rien, sinon Fred, le préposé qui nous a demandé d’attendre, qui discute avec le chauffeur de la voiture devant nous, puis bientôt une camionnette s’avance, avant-garde du convoi ; on nous fait signe de repartir, et nous longeons alors une vingtaine de semi-remorques proprement gigantesques et leur escorte de véhicules légers qui ouvrent et ferment la marche.
    Plus bas, dans la vallée, il y a des fermes solaires implantées un peu partout. On croise également pas mal de bétail et, au beau milieu de la route, ici une biche, là un coyote. Et puis, tout à coup, le paysage change à nouveau, et c’est un derrick, puis deux, puis trois, d’abord isolés, posés là au beau milieu de grandes plaines arides, et bientôt ce sont des champs entiers de forages à perte de vue, et soudain voilà que les routes sont refaites, fini les nids de poules et les accotements non stabilisés, et c’est un ballet incessant de camions qui nous accompagne, acheminant le brut vers les raffineries. À peine le temps de s’habituer que sans transition nous quittons les paysages désertiques pour nous retrouver au milieu des orangeraies.
    Sur la route, un immense panneau affirme que l’industrie pétrolière et l’agriculture verte peuvent travailler main dans la main : vœu pieux, ou prophétie autoréalisatrice ?

    Enfin, nous arrivons à Buttonwillow, où nous nous arrêtons pour faire le plein et avaler un copieux petit déjeuner chez Denny’s… Buttonwillow, 42 kilomètres à l’ouest de Bakersfield, population estimée à 1508 habitants, célèbre pour ses pompes à essence, ses restaurants routiers, ses fast-foods et ses trois décharges de déchets toxiques… California dreamin’

    Une photo par jour : 192 — Californie, sur la route 58
    Fragments d’un voyage : USA, octobre 2013

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  • Motel California

    Motel California

    San Luis Obispo, 45 119 habitants, est idéalement situé à la jonction de la State Route 1 Cabrillo Highway et de la highway 101, et pour qui veut se lancer ensuite à l’assaut du désert, c’est une étape parfaite pour passer la nuit. C’est ici qu’en 1925 fut construit le premier motel de l’histoire, le Milestone Motor Hotel qui avait la particularité de disposer de places de parking situées devant les chambres. Le concept plaît, et l’appellation motor hotel est bientôt raccourcie en motel et rentrera dans la mythologie moderne du voyageur qui arpente les routes de l’Amérique du Nord.
    Nous avions prévu de rouler jusqu’à Bakersfield au moins, mais nous étions fatigués maintenant que la nuit était tombée. Le San Luis Inn and Suites, au 404 Santa Rosa St., fut le premier motel que nous avisâmes, et constitua un point de chute satisfaisant. La chambre était confortable et propre, et comme tout motel qui se respecte, il y avait même une piscine chauffée à l’extérieur. Après avoir posé nos valises, nous sortîmes dîner à deux blocs de là, jetant notre dévolu sur un restaurant japonais tenu par des Chinois et une serveuse Sud-Coréenne. Les sushis étaient bons, et nous avons discuté un moment avec la jeune femme, installée ici depuis quelques années pour ses études, et rêvant de venir un jour en France.

    Dans le tiroir de la table de nuit, comme il se doit, il y a une bible et les pages jaunes. Sur le bottin est collé un sticker promotionnel pour le cabinet Steven P. Roberts attorney : « He has developed a powerful and aggressive legal strategy that obtains the best possible outcome for his clients » nous dit l’accroche.
    Quand Dieu n’y suffit plus, en Amérique, il est toujours possible de se trouver un bon avocat.

    Une photo par jour : 191 — San Luis Obispo, Californie
    Fragments d’un voyage : USA, octobre 2013

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