Catégorie : textes

  • Une photo par jour : 251

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    Une photo par jour : 251 – Chicago, oct. 2013

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  • Je suis un chat errant

    Je suis un chat errant. Un chat malade, peut-être, et peut-être seul, mais pour rien au monde je ne voudrais d’une autre vie.
    Avoir pour maître un homme ? Enfin, voyons, un homme… Un homme, ça pleure, ça geint, ça souffre de nous voir souffrir. Un homme, ça fait comme ça peut, et c’est toujours trop peu. Un homme, je veux bien m’en approcher, d’accord, dans un fauteuil, auprès du feu, un homme sur les genoux duquel je viendrais dormir un moment. Mais qu’il n’essaie pas de me garder, je sais me défendre et nul n’a jamais pu me tenir enfermé.

    Un homme pour me nourrir, aujourd’hui que j’ai faim je ne dirais pas non, ni me glisser chez lui, un peu, parce que dehors il pleut. Mais il ne me voit pas. Il travaille, il écrit, et depuis la fenêtre je le regarde faire.
    Ce monde qu’il croit diriger, eh bien, il m’appartient ! Le jour quand je dors j’en explore les frontières invisibles, la nuit il est mon territoire et gare à ceux qui croisent ma route. Je suis un chat, un chat errant, chat de gouttière, laissé pour compte ; un chat abandonné, ni Dieu ni maître, et je suis libre. Le maître, c’est moi. Le roi, c’est moi, mais le royaume est triste, et il n’est que souffrance. La vie passe, cependant, et si la vie d’un chat par ici ne vaut finalement pas grand-chose, c’est ma vie et c’est bien tout ce que j’ai.

    Pourtant, quand je te croise, toi, si douce qui doucement pleure sur l’un des miens que tu serres si fort contre toi, quand je te vois l’aimer ainsi, alors pour un instant, je me dis que rien ne vaut la vie d’un chat, quand c’est auprès de toi.
    Et je me dis qu’au moment de partir, je voudrais être là, moi aussi, dans tes bras.

    (Pour L., qui sait pourquoi)

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  • Une photo qui n’existe pas ailleurs qu’en moi

    Ça commence comme ça, avec un texte de François Bon qu’on lit au petit matin, assis dans l’obscurité, le jour naissant, le café chaud et noir dans la tasse qui réchauffe les mains. Il fait froid dans la cuisine, le chauffage est cassé. Par la fenêtre sale, le jour se pointe, il a plu toute la nuit et il pleuvra encore tout le jour, mais à cet instant il ne pleut plus. À cet instant le temps est suspendu aux mots et au café, à la fatigue accumulée, et on hésite encore entre trouver la force de continuer ou aller se recoucher. On regarde l’arbre dehors où est le nid de frelons que les oiseaux découpent depuis des semaines, on l’observe se transformer en ruine, Babylone de rien des insectes prédateurs, on prend une photo, vite fait, une photo de rien, pareil, une photo qui ne veut rien dire en soi, une photo pour soi, une photo qu’on regarde plus tard, après la route, une photo du soir qui nous ramène loin en arrière, une photo qui vaut pour ce qu’elle porte d’une image cachée, la photo de l’hiver 67, une photo de Zimmerman à Woodstock pour un disque enregistré à Nashville le mois où l’on est né, la photo qui n’existe pas de l’hiver 85 à Topeka, on a tout juste 18 ans, assis sur le porche d’une maison en bois, jean et t-shirt et une cigarette contre le froid, une photo de l’hiver 1988 à lire Lennon au coin d’une cheminée, plongé dans une torpeur induite par la fumée, une photo, encore, qui n’existe pas ailleurs qu’en moi, qui n’existe pas ailleurs que là, sur la feuille blanche de l’écran noircie par l’encre électronique pulsée par mes doigts qui courent sur le clavier.

    Une photo par jour : 248 / Projet 52 : épisode 12 – janvier 2014

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  • Une nouvelle aube

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    Au loin, dans le petit matin, brillent les feux encore incertains d’un nouveau jour qui se lève…

    Une photo par jour : 244

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