Catégorie : journal

  • La liberté

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    « C’est la Déesse devant qui tout s’incline : c’est la liberté ».
    Avec ces mots, le 14 juillet 1901, Louis Revel, maire de la commune de Claret, inaugurait cette « statue de la République » qui se dresse au-dessus de la fontaine, sur la place du village.
    Les platanes, derrière, ont continué de pousser.

    Une photo par jour : 278 – Claret, Hérault, février 2014

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  • bas-côté

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    Toujours, le même trajet. Jour après jour, les mêmes kilomètres avalés. Townes Van Zandt dans l’autoradio, la voix blessée du chanteur qui déchire le voile des nuages sombres. L’espace d’un instant, le soleil illumine le bas-côté.
    Après, la pluie reprend, plus forte, jusqu’au soir.

    Une photo par jour : 277 – février 2014

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  • Après la nuit

    Dormir, elle a dit. Tu dois dormir maintenant, et s’endormir presque aussitôt avec un air de Dylan dans la tête.
    Se réveiller, bien plus tard, sans plus savoir où l’on est, se tourner dans le lit, et voir le jour depuis longtemps levé percer la porte en bois de la véranda. Un air de Vic Chesnutt dans la tête, rêver que dehors c’est une ferme du Montana, dehors c’est Nashville, c’est Rio Rancho ou un motel en Arizona. Tendre le bras, attraper le téléphone posé sur la table de nuit, et voir qu’il est bientôt 11 h. Un air des Cowboy Junkies dans la tête, se dire qu’un café noir ferait vraiment du bien. Se lever, prendre en photo avec le téléphone la porte et le jour au travers et se dire qu’ici c’est chez nous, et qu’on y est bien.

    Une photo par jour : 268 – janvier 2014 / Projet 52 – épisode 14

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  • Je suis un chat errant

    Je suis un chat errant. Un chat malade, peut-être, et peut-être seul, mais pour rien au monde je ne voudrais d’une autre vie.
    Avoir pour maître un homme ? Enfin, voyons, un homme… Un homme, ça pleure, ça geint, ça souffre de nous voir souffrir. Un homme, ça fait comme ça peut, et c’est toujours trop peu. Un homme, je veux bien m’en approcher, d’accord, dans un fauteuil, auprès du feu, un homme sur les genoux duquel je viendrais dormir un moment. Mais qu’il n’essaie pas de me garder, je sais me défendre et nul n’a jamais pu me tenir enfermé.

    Un homme pour me nourrir, aujourd’hui que j’ai faim je ne dirais pas non, ni me glisser chez lui, un peu, parce que dehors il pleut. Mais il ne me voit pas. Il travaille, il écrit, et depuis la fenêtre je le regarde faire.
    Ce monde qu’il croit diriger, eh bien, il m’appartient ! Le jour quand je dors j’en explore les frontières invisibles, la nuit il est mon territoire et gare à ceux qui croisent ma route. Je suis un chat, un chat errant, chat de gouttière, laissé pour compte ; un chat abandonné, ni Dieu ni maître, et je suis libre. Le maître, c’est moi. Le roi, c’est moi, mais le royaume est triste, et il n’est que souffrance. La vie passe, cependant, et si la vie d’un chat par ici ne vaut finalement pas grand-chose, c’est ma vie et c’est bien tout ce que j’ai.

    Pourtant, quand je te croise, toi, si douce qui doucement pleure sur l’un des miens que tu serres si fort contre toi, quand je te vois l’aimer ainsi, alors pour un instant, je me dis que rien ne vaut la vie d’un chat, quand c’est auprès de toi.
    Et je me dis qu’au moment de partir, je voudrais être là, moi aussi, dans tes bras.

    (Pour L., qui sait pourquoi)

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