
Quand la nature tente de reprendre ses droits…
Longtemps que je n’avais rien ajouté à mon projet « embrasures » (l’occasion aussi de tester mon nouvel appareil photo nouveau téléphone).
Photo : Vintimille, Italie, avril 2017


Quand la nature tente de reprendre ses droits…
Longtemps que je n’avais rien ajouté à mon projet « embrasures » (l’occasion aussi de tester mon nouvel appareil photo nouveau téléphone).
Photo : Vintimille, Italie, avril 2017


L’Angleterre, c’est ma première histoire d’amour, et c’est mon premier baiser.
Je rencontrais Alison à dix ans, au cours de l’été 1978, dans un camping de Loire Atlantique, et tombais foudroyé, amoureux au premier regard. Alison ne parlait pas français, je bafouillais tout au plus quelques mots d’anglais. Nous communiquions malgré tout, traçant nos noms dans le sable, marchant timidement l’un près de l’autre sur le bord de la plage, main dans la main, deux enfants complices jouant un jeu encore innocent devenu incompréhensible aux adultes. Je partais huit jours plus tard sans avoir pu lui dire adieu. Ce fut un long chagrin d’amour, un bleu à l’âme dont je porte encore l’ecchymose, une blessure profonde devenue douce et qu’on appelle mélancolie ; c’est un blues qui ne me quittera plus.
Deborah, je la rencontrais 6 ans plus tard. Nous étions une vingtaine d’adolescents, filles et garçons, en stage d’intégration en vue d’un séjour long à l’étranger. Deborah avait deux ans de plus que moi, et s’apprêtait à rentrer chez elle en Angleterre après trois mois passés en France. Elle avait des rudiments de français, mais s’amusait de mon anglais de pacotille, et je m’escrimais une nuit durant à la faire rire, assis sur les marches de l’escalier conduisant à nos chambres, tâchant de repousser le plus longtemps possible le moment de nous séparer, tenant timidement sa main dans la mienne sans oser encore aller plus loin. Elle riait de mes maladresses et j’aimais son sourire. Enfin, elle se blottit contre moi, et sans plus rien dire, serrés l’un contre l’autre, nous regardâmes le jour se lever. Elle fumait et notre premier baiser échangé à l’aube avait le goût de cendre des matins gris d’automne.
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Vous pourrez également me retrouver et vous faire dédicacer le livre le weekend prochain, samedi 13 mai, au Salon du livre du Grand Narbonne, sur le stand publie.net.

Juliette Automatique lit 50 nuances de générateur, épisode 18
son corps soumis est couché sur l’ardoise luxuriante de mes passions rieuses il me regarde avec ses yeux de guipure brodés dans l’étoffe de la lune envoyant des étoiles brillantes de convoitise au-dessus du lit je lui demande dans un souffle s’il veut toujours de moi sa respiration m’arrache un craquement qui s’enfuit en courant par ma bouche satisfaite ça claque encore en moi est-ce sa gueule chiffonnée qui me trouble son corps de travers sa tête penchée sa langue de dentelle mon fol orgueil mal placé ses doigts furieusement beaux ses mains splendides et glorieuses ses mains animées par un souhait défendu dont la brûlure est si forte sur ma chair rose et tendre j’adore sur mes lèvres humiliées sentir dans ses baisers le doux frisson de nos corps noirs serrés je m’étais assise nue impérieuse avec pour lui le regard bleu des âmes conquérantes et il m’avait renversée
50 nuances de générateur, le dispositif détaillé, c’est ici.
Le site web dédié, c’est là.
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50 nuances de générateur a pour objectif de se réapproprier les mots, de tordre le texte pour y réinjecter de la littérature.
Le principe en est simple :
1. générer un fragment aléatoire, en anglais, inspiré du livre 50 nuances de Grey
2. faire traduire le passage en français par Google
3. passer le résultat obtenu dans une machine à cut-up
4. Réécrire le texte
5. Répéter l’opération 50 fois
