Auteur : Philippe Castelneau

  • No direction home : notes sur un projet

    young americanHow does it feel
     To be on your own
     With no direction home ?
     (Bob Dylan - Like a rolling stone)

    No direction home, ça peut se traduire de deux façons : sans foyer où revenir, et aussi sans indications de retour. À la fois homeless, et perdu loin de chez soi.

    À 17 ans, je passais une année complète à Topeka, Kansas, aux États-Unis. Ça aurait pu être ailleurs, n’importe où sur le globe, dans n’importe quel autre pays, n’importe quelle autre culture et n’importe quelle autre langue : le choc aurait été certainement le même, un ébranlement de toutes les certitudes, une ouverture en grand des portes sur le monde, tous les possibles soudain à portée de main.
    Ça aurait pu être ailleurs, n’importe où, mais pas à un autre moment : à 17 ans, j’étais une page vierge sur laquelle j’étais libre de tracer une carte, dessinant à grands traits les routes possibles de ma vie future — naïf peut-être, ignorant encore tout des chemins de traverse. Je plantais là, au cœur du Nouveau Monde, mon axis mundi, point de passage entre le réel et le rêvé, le lieu non pas idéal, mais où prit forme un idéal. Mon lieu totem d’où partaient toutes les pistes qui reliaient tous les points du globe, éternelle invitation au voyage.
    Mais en y revenant, je me perdais sans cesse. À 17 ans, j’étais un brouillon sur lequel j’écrivais mes obsessions futures. J’avais tracé une carte, et oublié d’y inscrire mes points cardinaux : sans boussole, il me fallait tout reprendre, tout parcourir, citoyen du monde, en mouvement et sans domicile fixe, explorant de nouveaux lieux, repassant par des routes mille fois traversées, cherchant à faire sens, à épuiser le réel pour retrouver le chemin d’un rêve.

    No direction home est le récit de ce voyage.

  • Clap de fin

    autoportrait au miroir

    Un autoportrait réalisé à l’aide d’un abat-jour en métal poli, une façon comme une autre de mettre un point final à ce projet photo, à la fois clin d’œil et mise en abyme : je me photographie photographiant à travers un miroir déformant…

    Il y a une éternité en temps internet, deux ans en temps humain, j’avais choisi un habillage extrêmement sobre pour ce blog, qui ne supportait aucune image. L’idée était de me concentrer uniquement sur le texte. Ma pratique de la photo se résumait à mon iPhone, mais j’y prenais beaucoup de plaisir, comme je prenais beaucoup de plaisir à regarder les livres de grands photographes qui sont dans ma bibliothèque. Saul Leiter, Robert Frank, Bettina Rheims ou William Klein me touchaient particulièrement.
    L’idée m’est venue d’écrire des textes, introspectifs ou de fictions, en partant de photos piochées dans ces livres. En y réfléchissant plus avant, je trouvais l’idée un peu vaine, et fus bientôt convaincu qu’un tel projet ne pouvait se faire qu’en collaboration étroite avec un photographe, à moins de réaliser moi-même les photos.
    Aussi, je décidais d’acheter mon premier « vrai » appareil photo, un Sony DSC-RX100. Je pris des cours, lu beaucoup et me lançais enfin dans ce projet 365, convaincu que cela m’obligerait à progresser !
    Un an après, quel bilan tirer ? Je ne sais pas si je suis un meilleur photographe, mais je sais en revanche que la photographie m’est devenue aussi indispensable que l’écriture, et j’ai toujours avec moi, dans ma poche ou dans mon sac, mon petit Sony, comme j’ai depuis tant d’années un carnet et un stylo.
    D’un point de vue technique, je sais aujourd’hui utiliser la plupart des réglages que propose un appareil, et je ne recadre plus que très rarement mes photos en postproduction. J’ai acquis les bases et mon regard s’est affûté. Je ne suis qu’au début de mon apprentissage, mais cette expérience m’a permis de me jeter à l’eau et d’apprendre à nager.
    Vos encouragements, vos remarques, vos visites régulières m’ont aidé à réfléchir à mon travail, à progresser, et beaucoup des photos publiées ici au fil des jours, je ne les publierais plus aujourd’hui.

    Je suis soulagé d’en avoir enfin fini avec ce projet 365, et il n’a pas été tous les jours facile de trouver la motivation pour continuer, mais pour autant, je suis heureux de l’avoir fait, et je conseille à quiconque en aurait l’envie de se lancer : le jeu en vaut vraiment la peine !

    Une photo par jour : 365/365

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  • Chat derrière la vitre

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    Une photo par jour : 364 – avril 2014

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  • Red district

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    Une photo par jour : 363 (Montpellier, avril 2014)

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  • American Graffiti

    American graffiti

    Une photo par jour : 362 (San Francisco, oct. 2013)

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