Auteur : Philippe Castelneau

  • San Remo, mai 2015

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    Immersion dans les eaux profondes de l’écriture ces temps-ci, travail au long court, et c’est trop tôt pour en donner des extraits ou même un aperçu. Étrange paradoxe : je suis trop pris par l’écriture pour pouvoir donner ici à lire. Du coup, je donne à voir :

    La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.
    Paul Éluard – donner à voir


    Photo : San Remo, Italie, le 2 mai 2015


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  • En passant du coq à l’âne (Pet Sounds, en quelque sorte)

    MMMay211966

    L’autre jour, sur Facebook, Peter Milton Walsh, le chanteur-compositeur de The Apartments, citait Marc Ribot : « If guitars could vote, all guitars would vote to play surf music. That’s what guitars like. »
    Brian Wilson, la « surf music », il l’a inventée, avant de l’entrainer vers des sommets que lui seul pouvait atteindre (et où personne n’a jamais pu le rejoindre, d’où son pétage de plombs intégral en 1967). François Bon, c’est plutôt Dylan qui l’anime en ce moment, l’irrésistible désir de bifurcation : « tout d’un coup le voile se déchire sur un détail, et ça te bloque complètement sur tout le reste – de nouveau tu te refais happer dedans par le Dylan de I’m not there (I don’t belong…) et tu sais que c’est pas bon signe, que t’es à un cheveu d’elle, la nouvelle bifurque ». De comment on fait quand on est attiré par les sommets, mais qu’on nous jette des cailloux tranchants sur la route et qu’on marche pieds nus, et qu’autour ça roule à toute blinde en Range Rover. On s’obstine, voilà tout, et on avance.
    Pour la sortie de L’appel de Londres chez publie.net la semaine prochaine, j’ai enregistré une lecture, mise en musique par Lilac Flame Son (pour l’instant réservée aux abonnés publie.net). Ça c’est fait comme ça, avec une facilité qui nous a surpris tous les deux, et ça a ouvert des possibilités. Des années qu’on en parle de faire ça, ça remonte même à nos 17 ans, quand on avait loué un studio pour enregistrer une poignée de chansons écrites par nous.
    La vie est courte, alors tant pis pour les obstacles, tant pis pour les cailloux qui vous entaillent la plante des pieds tandis qu’on avance, il faut faire fi de la douleur tant qu’on peut et avancer quand même. Lilac Flame Son et moi, on avance : un recueil de textes, Récits de la grand’ route, dont on a pu avoir ici et un aperçu en son temps sur nerval.fr, qu’on va mettre ensemble en musique, et rendez-vous est pris pour un enregistrement, une semaine en studio, pas loin de chez lui, à San Francisco, peut-être avant la fin de l’année. Ce qu’il en adviendra, on verra le temps venu, et si personne n’en veut, « alla founjia della malagente ! » comme dit ma chérie (elle est sicilienne, ma chérie !) : « À la gueule des mauvaises gens » ; tant pis pour les cons, en quelque sorte !

    Brian Wilson, c’est pareil, une obsession qui remonte à loin, et voilà l’envie d’écrire sur lui qui revient, seulement cette fois je ne la laisse pas passer : time to pay respect where respect is due, comme disent les Américains. Envie d’écrire pour témoigner aussi, de l’émotion qui me prend à l’écoute de ses chansons, de la beauté qui me met à genoux, et parler de cet homme pourtant rongé par les doutes et l’incertitude, si souvent seul contre tous, en qui je me reconnais trop souvent.

    Et si la surf music vous laisse de marbre, jetez donc une oreille au dernier album de The Apartments, No Song, No Spell, No Madrigal, album désespéré et d’une beauté à couper le souffle. Un disque qui, en passant, a vu le jour grâce au financement participatif, quand à côté de ça les maisons de disques mettent des millions sur les belles gueules creuses de la télé-réalité. De François Bon à The Apartments, c’est dur pour tout le monde, dès lors qu’on est un peu sincère.
    Eh tiens, pour finir, le nouveau disque des Lilac Times est sorti ces jours-ci. Contre vents et marées, là aussi, Stephen Duffy a conduit sa barque, sans jamais rien perdre de son intégrité. On le retrouve aujourd’hui apaisé et heureux, toujours fidèle à sa devise : Bohemia forever (et voilà, en quelque sorte, qui nous ramène à Dylan et aux rêves fracassés de Brian Wilson).


    Image : Article du Melody Maker du 21 mai 1966, il y a 49 ans presque jour pour jour.

    Pet Sounds est un album des Beach Boys sorti le 16 mai 1966, imaginé de bout en bout par Brian Wilson quand le reste du groupe était en tournée et lui resté seul à Los Angeles. À leur retour, les boys, surpris et décontenancés par la musique écrite par Brian, prétendirent que certains sons sur le disque ne pouvaient être entendus que par des animaux, d’où le titre du disque. Mike Love, qui pensait compte en banque avant de penser musique, eut cette belle formule : « Brian, don’t fuck with the formula! ». Aujourd’hui, Pet Sounds est considéré comme l’un des albums les plus influents de l’histoire de la musique rock.

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  • Face à la mer

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    La mer, depuis ma fenêtre, me manque parfois. Elle n’est pas loin de là où je suis habituellement, la mer, mais ça n’est pas comme s’endormir bercé par ses vagues, et rien ne vaut le café du matin, quand, face à la fenêtre ouverte, l’horizon où l’eau et le ciel se mélangent, l’esprit encore endormi accumule des images pour plus tard.


    Photo : Roquebrune-Cap-Martin, mai 2015

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  • Brian Wilson

    Tiens, tiens… Et si mon prochain sujet, c’était ça ?

    Brian Wilson with Dr. Eugene Landy outside rehearsal for Rock Awards at The Hollywood Palladium in Hollywood, CA 1977; Various Locations; Mark Sullivan 70's Rock Archive; Hollywood; CA.   (Photo by Mark Sullivan/Contour by Getty Images)
    Brian Wilson with Dr. Eugene Landy outside rehearsal for Rock Awards at The Hollywood Palladium in Hollywood, CA 1977; Various Locations; Mark Sullivan 70’s Rock Archive; Hollywood; CA. (Photo by Mark Sullivan/Contour by Getty Images)

    « Eugene Landy and Brian Wilson » by Source (WP:NFCC#4). Licensed under Fair use via Wikipedia – http://en.wikipedia.org/wiki/File:Eugene_Landy_and_Brian_Wilson.jpg#/media/File:Eugene_Landy_and_Brian_Wilson.jpg