Auteur : Philippe Castelneau

  • Genèse

    Comme j’écrivais mes larmes une à une, les poches vides et les poings crevés, du sang coula sur la page. La difficulté initiale résidait dans le silence. L’aventure s’entreprend la nuit : la nuit, tout est mouvement.

  • Autoportrait à la piscine

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    Parfois, je nage en eaux troubles !

    Sinon, le très beau et lumineux numéro zéro de la revue La Piscine est disponible ici.


    Photo : Montpellier, devant la piscine olympique Antigone – mars 2016

    Licence Creative Commons

  • La texture instantanée

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    Le monde conventionnel est un paravent, il faut en sortir — quand on photographie.
    Sergio Larrain, lettre à Sebastian Donoso, son neveu, 1982

    La lune qui se reflète en cristaux argentiques sur papier souple photosensible est le signal de la duperie standardisée. Le renoncement facile à la sincérité m’assaille parfois en demi-teintes, mais je résiste au danger invisible. Je pèse les choses et les rends égales. Je suis celui qui demeure dans un état d’abandon. L’attente n’est pas un espoir vide, et les temps ne sont pas encore accomplis. Les contours sensibles de l’exposition sont stables, c’est la dominante rêvée qui augmente en densité. Il y a une constante à la persévérance : dans le combat, c’est la composante principale de la lumière.
    La réussite calme équilibre le destin. On ne peut tout atteindre d’un seul coup, voilà le seul secret.


    Licence Creative Commons
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  • Paroles en longueurs de tissus fripés — Nolwenn Euzen

    Les Vases communicants ont lieu chaque premier vendredi du mois. Aujourd’hui, un échange de textes avec Nolwenn Euzen, écrits en partant d’une phrase prélevée sur le site de l’autre. Chaque texte s’accompagne d’une image originale.
    Les textes de Nolwenn ont été publiés dans plusieurs revues et anthologies, et un livre, Présente, est paru en 2007 aux éditions L’idée bleue.
    Elle tient un blog, La fonction minuscule, où elle propose de « petits objets non identifiés à destination de la lecture », bijoux littéraires qui tiennent parfois du poème, parfois du journal, d’autres fois du jeu (ainsi des « textes-minutes », publiés par programmation automatique à 19h01 chaque jour). Toujours, c’est un immense plaisir de lecture.

    (pour suivre son actualité, c’est ici).


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    u – par Nolwenn Euzen

    Aller chercher celles que j’ai sur le dos, un peu lourdes pour moi. Feuilletées en plis dans l’ossature. Jamais le tour possible, jamais de suite. Une masse, mouvements floutés aussitôt qu’une saisie formule. La parole contrôlée à chaque escale sans qu’on sache pourquoi. Sans risquer d’offusquer un rond devant un carré. Papier buvard des houles, des rejets, des calots . Une phrase rassemble jusqu’à trouver un temps l’accord. Ressemble, chaque portion nous regarde. Elle réussit le temps de sa longueur. Le vrac ralentit. Cette trace à gros traits parce qu’il faut bien commencer par un trait . Petit plongeoir dans les choses inconnues. Mots à directions contigües, ramifiées. Toute la géométrie à étudier sans qu’on ait jamais fait le tour. A vif : tant pis. Déglingués, à bosses. Particules en cavale. Les paroles dans leurs tissus fripés. Quand on ouvre, l’imagination rattrape au vol, drap plié ordonné. Rapports, perspectives. Le pronom s’affale, étanche. Les verbes prennent les choses au sérieux. Il est question de vivre. Les plans renforcés promettent. En haut c’est la panique. L’été en 360 degrés vers le crépuscule et l’aurore différée. Flambée.


    Texte et image : Nolwenn Euzen
    Mon texte à partir d’une phrase de Nolwenn est à retrouver ici.

    Les Vases communicants se déroulent tous les premiers vendredis du mois depuis juillet 2009, à l’initiative de François Bon et Jérôme DenisMarie-Noëlle Bertrand coordonne les publications et inscrit les futurs échanges sur le blog associé le rendez-vous des vases. Il existe aussi une page Facebook. Aux blogueurs de définir un thème, d’associer images ou son à leur texte et d’écrire sur le blog de l’autre.