Kinder Planetario

On sait bien qu’en plus de sa vocation de photographe, Sergio Larrain enseignait le yoga et la peinture. Mais il fut surtout un mystique qui écrivait: c’est ce qu’il n’a jamais cessé de faire. Il a écrit plus qu’il n’a photographié, même si la plupart de ses textes étaient comme des descriptions photographiques, des sortes de haïkus qui parlaient d’une ombre dans un arbre et d’une ligne qui traversait un mur.

La grande œuvre à laquelle il consacra la seconde partie de sa vie est la centaine de petits livres qu’il fabriquait à la main et qu’il réunit sous le titre Kinder Planetario. Au début, il les reproduisait en photocopies, mais par la suite ils furent imprimés. Ces publications circulèrent à profusion quand il résidait à Limari, et elles sont maintenant conservées par les nombreuses personnes à qui il les envoyait par courrier, avec son insistance habituelle. Ce sont des objets hybrides, simples et beaux, très chargés, qui contiennent des poèmes, des analyses sur la situation globale, des instructions pour la méditation, des réflexions spirituelles, des exercices pratiques et surtout des indications sur la façon de mener sa vie. Il y a des dessins, des textes, des extraits de presse et des photos d’autres livres. — Catalina Mena (Sergio Larrain, la photo perdue — Atelier EXB)


Dans la pénombre du bureau, écrire l’intime, des messages sans destinataire et lancés à la mer. Posts de blogs ou petits livrets photocopiés, mêlant textes et photos, comme autant de haïku.

Si personne ne pouvait me voir
je bâtirais en silence
un refuge sans enseigne


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3 réponses à « Kinder Planetario »

  1. Avatar de Caroline D

    Au lieu de lire dans la pénombre du bureau, j’ai d’abord lu dans la pénombre du réseau… ;o)

    Merci Philippe. Pour un autre beau billet. Il fait toujours bon sous ton… ciel de mots.

    1. Avatar de Philippe Castelneau

      Ça fonctionne aussi avec « réseau » 😉 Merci à toi.

      1. Avatar de Caroline D

        Je viens de voir… que tu es à l’origine du haïku au bas de ton texte. J’ai cru qu’il était de Larrain. Si j’avais su, je l’aurais écrit. Parce que ma première réaction après t’avoir lu provenait de ce haïku – qui a résonné fort.

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