New York City, Sunday morning

 

Dimanche matin. Tout est calme. New York voudrait nous retenir.
Hier encore, nous marchions sous la pluie, remontant la 9ème avenue.
Les lumières de la ville se reflétaient dans les flaques et rien ne semblait devoir finir.


Photo : New York, dimanche 19 août 2018
Musique : Sunday Morning, © The Velvet Underground.

Edie Sedgwick n’est jamais venue à Paris

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Edith Minturn Sedgwick n’est jamais venue à Paris. Elle est née à Santa Barbara, Californie, le 20 avril 1943. À New York, Edith rencontre Andy et elle devient Edie. Edie : la reine de la Factory. Edie est belle, mais elle, elle ne trouve pas. Quand elle joue, on dit qu’elle est la nouvelle Marilyn. Edith, elle, ne trouve pas. Edie vit de flashbacks psychédéliques. Edie est la lune échappée des fenêtres, le feu couvant, une guerre larvée, un juke-box désolé ; elle est l’alcool qui fait battre le sang au rythme du jazz les soirs d’hiver dans l’extase triste de villes chimériques.
Edie a la beauté moderne maniaco-dépressive, elle est une sorte de cri aveugle, la foudre pareille à l’héroïne. Elle est l’ivresse libératrice, la course incontrôlée sur les quais des métros dégorgeant leurs trop-pleins de vies médicamentées, le chemin des rêves disparus dans la neige. Edie est la nuit télépathique, la bouche meurtrie, la solitaire au cœur brisé pleurant dans l’arrière-cour, une souffrance jetée sur un trottoir, les yeux brillants de pluie, à peine une anecdote, un vague souvenir, une cigarette éteinte aux lèvres d’un ange gris-blond-platine accro aux sédatifs qu’emporte une limousine.
Wharhol en 65, Dylan en 66, la Factory, le purgatoire : Edie s’est perdue dans l’obscurité surnaturelle des hôpitaux psychiatriques ; les électrochocs dans le cerveau, un happening chimique dans la vibration des lumières, juste avant le crépuscule de l’esprit. Edie, les yeux en lambeaux et le corps en friche, fantôme déconnecté des étoiles, les nuits où la mort se loue à l’heure au comptoir du Chelsea hotel. Mais Edith, pourtant, est morte dans son lit, à 7 h 30, le 15 novembre 1971. Elle n’est jamais venue à Paris.


Photo : Edie Sedgwick à Paris, à l’exposition THE VELVET UNDERGROUND – NEW YORK EXTRAVAGANZA à la Philharmonie.

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