50 Nuances de Générateur : le dispositif

(…) le vrai message, c’est le médium lui-même, c’est-à-dire, tout simplement, que les effets d’un médium sur l’individu ou sur la société dépendent du changement d’échelle que produit chaque nouvelle technologie, chaque prolongement de nous-mêmes, dans notre vie.
— Marshall McLuhan

Qu’est-ce que le numérique change à notre façon d’écrire ? Si les outils influent sur l’oeuvre, existe-t-il une littérature proprement numérique, qui se différencierait de l’écriture mécanique (machine à écrire), elle-même distincte de l’écriture manuscrite ?
Certainement, les contraintes diffèrent, et l’auteur qui écrit sur ordinateur n’a plus à se soucier que de la batterie de sa machine et de la sauvegarde de son texte. Il n’est plus contraint par le papier et l’encre. Il n’est plus contraint par les horaires d’ouverture et la richesse du fonds des bibliothèques auxquelles il a accès pour sa documentation : il a, en permanence, internet à sa disposition. Cela suffit-il à changer l’orientation de son texte ? Proust aurait-il écrit différemment La Recherche — aurait-il même écrit La Recherche ? — s’il avait disposé d’un ordinateur et de Google ou de Qwant ?

Marcel Proust — À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU : les manuscrits de la Madeleine
Marcel Proust — À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU : les manuscrits dits de la Madeleine

On parle de réalité virtuelle ou augmentée. De quoi s’agit-il dans le cas qui nous préoccupe ? Littérature augmentée, c’est-à-dire enrichie, ou littérature virtuelle, dans le sens d’ersatz ?
Plus sérieusement, peut-on parler de littérature numérique, comme on dit art numérique ?

En définitive, je ne sais pas si écrire « en numérique » change le texte, mais je crois qu’il est possible de créer une oeuvre littéraire originale authentiquement numérique, c’est-à-dire une oeuvre qui ne se conçoit pas autrement qu’en recourant aux outils numériques.

C’est ce à quoi je me suis attelé avec mon projet 50 nuances de générateur.

E.L. James a écrit ses 50 shades of Grey d’abord comme une fan-fiction s’inspirant des personnages de la saga Twilight, qu’elle a publiée sur son blog. Anna Todd, avec After, a fait elle aussi une fan fiction, cette fois autour d’un des membres du groupe One Direction, qu’elle a rédigée sur son smartphone, et publiée sur Watpad. Dans les deux cas, le succès fut considérable. La qualité littéraire, sans faire insulte aux nombreux lecteurs et aux deux auteurs, n’était pas l’enjeu de ces textes. Surtout, ils ont donné naissance à un genre à part entière, la « new romance ». Un genre extrêmement codifié, à mille lieues de toutes exigences créatives et reposant sur l’accumulation de clichés (1). À tel point que Lisa Wray, une développeuse américaine, a eu l’idée d’écrire un programme informatique générant des textes parodiques, à la manière de 50 nuances de Grey.

Le concept m’a plu, et j’ai voulu le pousser plus loin. Ainsi, j’avais accès à des textes, en anglais, « écrits » par une machine. Que se passait-il si je demandais à Google de les traduire en français ? Que devenait cette traduction, si après je la faisais mouliner dans une machine à fabriquer des cut-up ? Pouvais-je enfin me réapproprier les mots, tordre en quelque sorte le texte, et y réinjecter de la littérature ? C’est tout l’objet de mon travail.

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Il restait ensuite à trouver les moyens de sa diffusion : un site web sur lequel le texte est publié par épisodes, à raison d’un ou deux par semaine, et un livre qui en reprend la totalité, les deux disponibles simultanément. L’oeuvre se produit, en même temps qu’elle est déjà produite.

Le site est accessible à tous, gratuitement.
Le livre — volontairement produit là encore par un procédé numérique — est vendu 10€, frais de port inclus.
L’ensemble, que j’aimerai indissociable, forme un « dispositif », au sens où on l’entend d’une installation artistique.


Notes :
(1) comme le souligne très justement Camille Emmanuelle dans son livre Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite, aux Éditions Les Échappés.

— Pour consulter le site dédié, c’est ici.

— Pour acheter dès aujourd’hui le livre reprenant les 50 textes, il suffit de cliquer .


Licence Creative Commons

publie.net, version 2

badge-02-noirPublie.net, c’est une maison d’édition — au départ 100 % numérique —, fondée en 2008 par François Bon, avec une exigence rare. Au fils des années, la maison a évolué, les collections se sont diversifiées, et les éditions papier sont venues compléter l’offre, sans jamais rien perdre de la qualité affichée dès le début.
Il y a quelques mois, François Bon a souhaité passer la main, et la nouvelle version du site a été lancée aujourd’hui par l’équipe désormais aux commandes. Pas de révolution, mais une évolution bienvenue, et des projets alléchants.
Il y a deux ans, après quelques valses-hésitations et l’achat de deux ou trois titres à l’unité, je me suis abonné à publie.net, ce qui me donne un accès intégral à l’ensemble des 800 titres du catalogue, en téléchargement et en lecture en ligne. C’est un choix que je ne regrette pas, tant l’offre est déjà riche et diversifiée, et je vous invite, à l’occasion de cette nouvelle étape pour publie.net, d’aller y jeter un œil et de vous offrir quelques titres… avant peut-être de souscrire vous aussi un abonnement annuel !

J’ai écris pour mon blog quelques articles sur certains de ces livres, en voici les liens :
– FABIEN CLOUETTE – UNE ÉPIDÉMIE
– IT’S ONLY ROCK ‘N’ ROLL (BUT I LIKE IT) – À PROPOS DE QUELQUES TITRES DE LA COLLECTION PUBLIE.ROCK
– J’AI ÉTÉ ROBERT SMITH – DANIEL BOURRION

Un « feel good book » 100% numérique !

votre profilMarre de la morosité ambiante ? Lassés des polars nordiques ? Fatigués des best-sellers formatés ?

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Votre profil plaît déjà beaucoupÉditions Numeriklivres : seulement 3,49€, format epub et sans DRM !

C’est bien beau, tout ça, dites-vous, mais les lecteurs, ils en pensent quoi ?

Les premiers retours de lecture ne mentent pas :

Un récit particulièrement sympathique. A la fois dynamique, touchant, particulièrement drôle et piquant à certains moments. J’ai fini le livre le soir-même. — Marie (article de blog)

J’ai été séduite par le ton et l’humour de ce livre vraiment très agréable à lire, bien écrit et bien pensé. Il m’a fait sourire bien souvent et m’a émue également. — Michèle (amazon.fr)

C’est le livre à acheter chez Numeriklivres pour terminer l’été ! — Marlen (article de blog)

Je viens de le terminer. J’aime, vraiment, en particulier la rupture de ton entre Montpellier et Tokyo. — Franck (Facebook)

C’est la première fois que je prenais le risque d’acheter un e-book et par la même occasion de découvrir un auteur « inconnu », et franchement, je suis contente de l’avoir fait, mes appréhensions étaient bien inutiles. — Marie (Numerikstore)

Prenant au point de n’avoir pu le lâcher avant la fin ! — Parekelau (amazon.fr)

Ce livre m’a bouleversé tellement il est réussi ! A DECOUVRIR ABSOLUMENT ! — Cédric (livraddict)

Envie d’en savoir plus ? Voilà, voilà : le pitch !
Après une déception amoureuse, Étienne se laisse convaincre par son ami Manu de s’inscrire sur un site de rencontre. Les aventures d’un soir, drôles ou pathétiques, succèdent aux histoires sans lendemain, laissant notre héros de plus en plus perplexe, jusqu’au jour où il fait la connaissance de Juliette. Mais Juliette est une femme libre qui refuse de s’engager, et il lui faudra jouer de persévérance pour la convaincre de lui laisser une chance. Dans le même temps, Flore entre dans la danse, et si Flore aime Étienne, lui aime Juliette en secret. Au milieu de tout cela, Manu, l’ami de toujours, prouve chaque jour un peu plus qu’il mérite haut la main la palme du parfait loser, et entraîne son ami dans des situations où l’absurde rivalise avec le comique.

Envie d’en savoir encore plus ? Voici une interview de l’auteur (si, si !) :
votre profilComme Étienne, vous êtes libraire à Montpellier, on ne peut résister à l’envie de vous demander si Étienne est votre double littéraire. Quels sont vos points communs, ou vos divergences ?
Non, Étienne n’est pas mon double, mais nous partageons quand même quelques points communs. Nous avons les mêmes centres d’intérêt : les livres, la musique ou le design, par exemple, et comme lui, j’aime les chats !
C’est vrai qu’il est lui aussi libraire, mais je donne dans le roman une vision idéalisée de ce métier (que j’adore, au demeurant) et sa librairie est assez proche dans mon esprit de celle où travaille Hugh Grant dans le film Coup de foudre à Notting Hill. Pour romantique que ce soit, c’est assez éloigné de la réalité !
En ce qui concerne le lieu, j’ai choisi Montpellier d’abord pour rendre hommage au film de François Truffaut, L’homme qui aimait les femmes. Je cite d’ailleurs le film à un moment, mais il y a aussi dans le livre un autre clin d’œil à peine déguisé, que les spécialistes reconnaitront sans peine. Il y a également une référence au cycle Antoine Doinel, qui était une des mes sources d’inspirations quand j’ai écrit le livre. Il y a une fraicheur et un humour très particulier qui courent dans le cinéma de Truffaut dont j’ai essayé de m’approcher, à ma manière et en le transposant dans notre époque.
Enfin, je n’ai pas vécu les aventures que connaît Étienne tout au long du récit, même si j’ai pu m’inspirer ici ou là de choses qui me sont arrivées, et fort heureusement pour moi, je n’ai pas comme meilleur ami Manu, le spécialiste des mauvais plans… Même si, en y réfléchissant bien…

Tout votre roman se construit autour de la relation amoureuse, comme si l’on existait que par et pour être deux. C’est important pour vous, bâtir un couple, combattre la solitude ?
Comme je l’écris à un moment dans le livre, je suis un solitaire, mais je n’aime pas la solitude quand elle est subie. Certains veulent voir dans le couple une accumulation de compromis, je crois au contraire que c’est une source d’enrichissement mutuel. On est plus fort à deux, à condition que cela repose sur une profonde et durable complicité. Je ne sais pas si l’homme est fait pour vivre seul ou en couple, mais en ce qui me concerne, je me sens mieux à deux que seul.

On pourrait trouver Étienne bien compliqué, il rejette la proie pour l’ombre pourrait-on dire, dans sa recherche d’une histoire d’amour passionné, intense. L’amour, cela doit toujours être passionné, intense ?
C’est parce qu’Étienne est un idéaliste romantique, chose que je ne suis pas loin de partager avec lui. On a soif d’idéal, chantait Alain Souchon, je crois profondément à cela. C’est mon moteur, en tout cas, que ce soit en amour ou ailleurs. J’imagine que l’on peut très bien construire un couple sans cette passion et cette intensité qui prévaut souvent aux histoires d’amour qui débutent. Peut-être est-ce même mieux en définitive, ça évite sans doute parfois de tomber de trop haut !
Alors oui, certainement, Étienne est un garçon compliqué, mais c’est aussi un héros de roman : ses aventures seraient bien plus tristes sans ce désir d’amour fou qui le transporte !
(propos recueillis par Anita Berchenko)

C’est sympa, tout ça, dites-vous, mais vous aimeriez bien en lire quelques extraits ! C’est ici et ici.

De la romance, des rires, des larmes… et même un chat ! Maintenant, vraiment, vous n’en pouvez plus d’attendre, il vous faut acheter le livre : c’est , et aussi partout ailleurs.

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