2′ 35″ pour un manifeste rock

« Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. − Et je l’ai trouvée amère. − Et je l’ai injuriée. »
Rimbaud

Qu’est-ce que le rock ? Le rock, fondamentalement, c’est l’enfance privée d’innocence. Un regard de garnements sur un monde d’adultes fait de faux-semblants et d’hypocrisie. « L’insulte aux nantis d’une poignée de beaux gosses blancs aimant la musique noire », disait Yves Adrien.

Awopbopaloobop alopbamboom !

Basse, guitare, batterie : la Sainte Trinité, une explosion, la vie qui dévie soudain à cause de la musique ; la sortie de route qui vous conduit sur le wild side, le chemin de traverse, la grand-route. L’appel du large, irrésistible.
La vie marquée au fer rouge du rockandroll, les pulsions adolescentes si fortes qu’elles ne vous quittent plus ; des pulsions qui s’incarnent bientôt en un idéal qui vous transcende ; c’est la prise de conscience que le monde qu’on cherche à nous vendre n’est pas le bon. « La vraie vie est ailleurs » : Rimbaud est rock, certainement.

Si le rock est une explosion incandescente, comme la lave il finit par refroidir et se figer. Le rock devient roc, un monolithe impressionnant et sans danger. Ou plutôt, qui présente justement le risque de l’idolâtrie. C’est pourquoi l’écriture rock, si une telle chose existe, et, quel que soit son sujet, doit puiser à la source, revenir à l’origine du monde, la pulsion première, primaire, l’énergie brute des débuts.

Awopbopaloobop alopbamboom ! Be-bop-a-lula she’s my baby doll, my baby doll, my baby doll.

Il y a dans le rock quelque chose de tribal, une incandescence hypnotique, une forme de poésie primaire, mystique. Au commencement était la Parole et la parole s’est faite chair : le rock est d’abord une parole sexuée.
Alors, publie.rock, c’est l’appropriation du champ rock par la littérature ?
En tout cas pas des hagiographies, mais des tranches de vie traversées par une pulsion électrique, marquées par une musique, une esthétique, tout en s’attachant à suivre le conseil d’Yves Adrien (encore lui) : « Se méfier. De la nostalgie qui frappe et gagne à tous les coups. Des légendes dont on cimente les cultes et religions. »

Et toujours tirer la langue à la société.


Depuis 2018, je dirige la collection publie.rock. C’est pour cerner l’essence et le devenir de cette collection j’ai écrit ce petit manifeste rock.

Le prochain opus de la collection, signé Benoît Vincent : Un de ces jours – Pink Floyd, une fiction, paraîtra le 21 novembre prochain, en même temps que la réédition de Local Héros – Dire Straits, une fiction.

Et pour tirer la langue à la société,
nous recherchons des textes…
Vous avez écrit un texte qui vous semble correspondre à cette collection ? Contactez-nous à editorial[at]publie.net, avec en objet : POUR COLLECTION PUBLIE.ROCK.

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L’île singulière (la littérature à l’époque de sa reproductibilité numérique)

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Nous voilà avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la vérité, ô âmes graves et nobles, descendez sous les fondations, de caves en caves.
Melville – Moby Dick

N’en déplaise aux cassandres qui prédisent régulièrement sa fin, le livre, sous sa forme communément admise, continue d’exister. Seulement, il a perdu de sa superbe (1), et surtout, il n’est plus ni la fin ni le seul but de la littérature. Il en est tout au mieux un possible. La littérature de nos jours s’écrit souvent en ligne, où discrètement elle conquiert de nouveaux espaces, elle réinvente les lieux oubliés, détourne les outils sociaux : le feuilleton, les revues en ligne, les blogs où elle s’écrit en fragments, etc. (2) participent d’une expérience globale, qui n’est plus nécessairement linéaire. Le financement participatif, la POD accessible pour presque rien, les programmes sur nos ordinateurs qui permettent la création d’un ebook en deux clics ont fait tomber les barrières et ouvert grand les digues aux projets les plus fous (3).
Bien sûr, les best-sellers préfabriqués continuent d’envahir chaque mois les tables des librairies, noyant le reste sous leur masse toujours plus dense. Peu importe, ce qui compte navigue en eaux profondes. Mobilis in mobili, quelque chose émerge ici et là qui est encore peu visible, quelque chose bruisse que nous sommes plusieurs à sentir. La littérature, libérée du livre, trouvera peut-être à se déployer sans contraintes : elle envahit déjà les interstices de l’internet. Désormais, elle s’écrit aussi sur le web, elle s’écrit sur la toile ; la littérature s’écrit sur le fil.

la littérature s’écrit sur la toile ; elle s’écrit sur le fil.

« Les choses sont faites de telle sorte en littérature que, durant des siècles, une poignée de lettrés faisait face à des milliers de lecteurs. Vers la fin du siècle précédent, un changement survint (…) Le lecteur est à tout moment prêt à devenir écrivain », écrit Walter Benjamin en 1935 (4), à propos de l’essor du livre à la fin du XIXe. On voit qu’à plus d’un siècle de distance rien n’a changé, sinon que le phénomène s’est prodigieusement accéléré. On pourrait presque dire qu’il y a aujourd’hui une poignée de lecteurs face à des milliers d’auteurs. Pourtant, grâce à l’internet, tous peuvent trouver leur public, fut-il restreint : c’est la longue traine théorisée par Chris Anderson. La demande est réelle, toutefois il est de plus en plus difficile pour un auteur de vivre de sa seule écriture, en tout cas selon les vieux schémas. La représentation nouvelle impose d’être agile, toujours en mouvement, appliquant le précepte édicté par Mohammed Ali : flotte comme un papillon, pique comme une abeille.

L’homme, pour appréhender le monde, a besoin de croire. Parce qu’il est trop intelligent, dans un monde trop complexe, il s’interroge, il a besoin de certitudes pour ne pas perdre pied face au vertige du monde. Lorsqu’il s’est débarrassé de Dieu, il croit encore : chacun accompli dans son quotidien le plus intime des dizaines de petits rituels qui le rassurent et lui permettent d’avancer. Notre rapport aux objets en fait partie. Comme le souligne Benjamin, « les œuvres d’art les plus anciennes (…) sont nées pour servir un rituel, d’abord magique, puis religieux (…) En d’autres termes, la valeur singulière de l’œuvre d’art “authentique” trouve son fondement dans le rituel ».
Ainsi, l’œuvre artistique porte en elle, même diffus, un rapport au spirituel qui inconsciemment nous amène à la lier, dans l’approche que nous en avons, à une sorte de cérémonial. Il y a de grandes chances que le livre que vous tenez à portée de main ne soit déjà plus un livre au sens où vous l’entendez : c’est un fichier numérique, imprimé à l’encre chimique sur du papier traité à l’acide, un ersatz de livre (5). Pourtant, tous, nous éprouvons encore une attirance particulière pour cet objet, que l’on rattache à une tradition ancienne, un sentiment particulier, une charge symbolique forte, une expérience physique (l’odeur du livre, le ressenti du grammage du papier sous les doigts et jusqu’au bruit des feuilles qui se tournent) qui ajoutent au plaisir premier du texte, et sans lesquels, croyons-nous, ce plaisir ne serait pas complet.
« Le livre sera toujours notre nostalgie, dit François Bon. Seulement, des œuvres comme celles de Kafka, Proust, Michaux, nous apprenons maintenant, depuis des usages différés, à les appréhender aussi dans leur potentialité non-linéaire. (…) si on pense en termes d’écosystème, alors la forme linéaire (le film, le livre) peut très bien être incluse dans le projet général transmedia (6) ». Mais, écrit Roger Chartier, « en brisant le lien ancien noué entre les discours et leur matérialité, la révolution numérique oblige à une radicale révision des gestes et des notions que nous associons à l’écrit. » (7)

Quoi qu’on en dise, le livre est une marchandise : c’est son contenu qui ne l’est pas. Nous confondons trop souvent la carte et le territoire. Dans toute croyance, il y a un enseignement exotérique, accessible à tous, et un savoir ésotérique, plus mystérieux, qui s’acquiert par l’initiation. La littérature est l’ésotérisme du livre.

La littérature est l’ésotérisme du livre.

Je discutais il y a peu avec un pianiste, suffisamment connu pour remplir un peu partout des salles sur son nom, et qui voyait dans le disque un support physique destiné à n’être qu’un marqueur temporel, une balise, dans un flux plus large. Ses albums enregistrés lui ouvraient les portes des salles, mais se vendaient peu. Les concerts étaient sa principale source de revenus. Tout est infiniment reproductible, sauf l’immédiateté d’une émotion : le concert pour un musicien, le happening artistique, il reste à en trouver l’équivalent pour la littérature. La reproduction de l’œuvre entraine la perte de son hic et nunc, son « ici et maintenant » qu’il nous appartient de réinventer sous des formes nouvelles. Il nous faut apprendre à bâtir des cathédrales de mots éphémères qui subjuguent dans l’instant présent. Plus prosaïquement, il faut trouver d’autres moyens de subsistance. Cory Doctorow (8) donne l’exemple d’un auteur de strips abondamment piraté, qui vit pourtant confortablement des bénéfices des produits dérivés qu’il commercialise lui-même : son public paye pour un t-shirt, un mug, à l’effigie de son héros. Pourquoi ? Parce que si le livre a perdu sa force symbolique, le lecteur ressent toujours le besoin d’afficher son appartenance à l’idée-force qu’il véhicule. Les musées regorgent de foulards, bijoux, parapluies reprenant des tableaux célèbres. L’œuvre en elle-même est de plus en plus facilement reproductible, à l’échelle individuelle. Son coût devient dérisoire, son prix de vente symbolique. Pourquoi ne pas alors imaginer d’autres pistes, des badges, des cartes — que sais-je ? — que le lecteur qui a si aisément piraté l’œuvre initiale sera heureux d’acheter et de porter.
Le livre physique est peut-être déjà condamné, non pas à disparaître, mais à devenir, comme le vinyle, un objet à tirage réduit à forte portée symbolique, pressage 180g de qualité en édition limitée pour le disque, papier vélin ou vergé ivoire, tirage entre 500 et 1500 exemplaires pour le livre. Après, il reste le CD et le mp3, il reste l’e-pub ou l’impression en POD.
Neil Young que l’on interrogeait récemment sur le retour du vinyle soulignait qu’il ne pouvait s’agir que d’un marché de niche : « notre société recherche toujours plus de commodité, et le vinyle n’est pas un objet commode. » (9)

Mon pianiste m’expliquait vouloir refaire une édition de son dernier album, à l’issue de sa tournée actuelle, en y ajoutant un nouveau disque enregistré live : nous aurions ainsi la même œuvre, avant et après. Si un musicien peu le faire avec un objet aussi fermé qu’un compact disc, pour un écrivain aujourd’hui, les possibilités sont infinies. Reproductible, l’œuvre est aussi infiniment perfectible. Elle n’est plus figée comme dans le marbre (Benjamin prend l’exemple de la statuaire grecque), l’auteur peut y revenir et la modifier à loisir. Le livre papier est une statue de marbre, comparé à l’œuvre numérique (10).

« Chaque jour, écrit Walter Benjamin, se fait plus irrésistiblement sentir le besoin de rendre l’objet possédable par une proximité toujours plus intime. » Mais aujourd’hui, ce ne sont déjà plus le livre ou l’enregistrement sonore ou vidéo que nous désirons posséder, ceux-là, en tant qu’objets, ont perdu ou sont en passe de perdre leur valeur symbolique. Ce sont les liseuses ou les tablettes, les téléphones portables et les ordinateurs — qui potentiellement contiennent tous les livres, toutes les musiques et tous les films —, qui se font désirables. Ce sont eux qui pénètrent le mieux notre intimité.
L’époque est vaniteuse, peut-être, mais elle est aussi porteuse de richesses qui reste à inventer.

L’écriture, comme le langage, est constitutive de l’homme : nos outils changent et évoluent, elle ne peut pas disparaître. La littérature est une île singulière, aux contours changeants, une île sans cesse réinventée qu’il nous appartient de redécouvrir en permanence.


NOTES :
(1) « l’édition en France fonctionne par des mises en place massives, une durée de présence librairie qui est en moyenne de 5 semaines, un système aberrant et obsolète de « retour » à 3 mois pour les « offices », un stock minimum qui reste chez l’éditeur et le reste on recycle, quitte à réimprimer si redécollage, ou passer en POD si sorties à moins de 500/an. » François Bon – Comment de 15 Annie Ernaux en faire 30.

(2) fragments repris ensuite pour faire un ensemble, sans pour autant effacer le travail premier : les deux se complètent et se répondent. Ainsi le Lovecraft Monument de François Bon, ou l’expérience Radius de Walrus eBooks.

(3) Bien sûr, cela ne garanti en rien la qualité des ouvrages proposés. Ce sont ceux qui s’investiront dans la maîtrise des outils qui sortiront du lot. Et encore, nul n’est à l’abri du mauvais goût : gare alors, car sur internet, comme dans l’espace, personne ne vous entend crier !

(4) Walter Benjamin – L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935). Toutes les citations de Walter Benjamin citées dans l’article viennent de ce texte.

(5) « En général, par exemple, ceux qui vous répondent tant aimer « l’odeur du papier » n’ont pas connaissance des 4 ou 6% de chaux vive en couche fine sur la page qu’ils respirent, pour la rendre hydrofuge et économiser sur les micro-gouttelettes du jet d’encre. Ni d’ailleurs que cette odeur est plutôt celle de la colle et de l’encre que celle du papier (résidus de tri sélectif blanchis à l’acide puis agglomérés en mélasse colorée pour casser le blanc et ne pas se déchirer dans le nouveau roulage), et surtout éviter en ce cas de les informer des différents composants chimiques inhalés dans cette odeur d’encre, c’est à vous qu’ils en voudraient et non pas à la chimie. » (François Bon – Après le livre)

(6) François Bon – ce qu’on a raté avec le livre numérique

(7) Roger Chartier, cité par Jean-Philippe de Tonnac, préface au livre d’entretiens entre Jean-Claude Carrière et Umberto Eco : N’espérez pas vous débarrasser des livres, ed. Grasset

(8) Cory Doctorow – Information doesn’t want to be free, laws for the internet age

(9) Neil Young: vinyl revival is « a fashion statement »

(10) je dis écriture numérique à escient, l’ebook en tant que transposition du livre papier est lui même une forme d’enfermement.


Photo : Sète, le mont Saint-Clair vu depuis la plage de Carnon, janvier 2015.

Sète, l’île singulière, la formule est de Paul Valery. « Jusqu’en 1927, Sète a changé de nom à plusieurs reprises. Ce nom, De Ceta, Seta, ou Cetia au Moyen Âge, trouve son origine dans la forme qu’a le mont Saint-Clair vu des villes alentour, faisant penser à une baleine surplombant la mer » (Wikipedia).
Ainsi quand je vais à Sète, je pense à Paul Valery et au Moby Dick de Melville (et à Brassens aussi, incidemment).


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Fragments du dedans, François Bon (éd. Grasset)

9782246806905-X_0Les livres sont faits de mots, les mots des 26 lettres qui font tout notre alphabet.
Vingt-six, c’est le titre d’une toute nouvelle collection des éditions Grasset, qui propose à des écrivains contemporains d’écrire un abécédaire intime et personnel, avec pour seule contrainte l’ordre alphabétique des entrées.
Après François Bégaudeau et Yves Michaud, c’est à François Bon de se frotter à l’exercice.
Avec ces Fragments du dedans, Bon aborde des thèmes qui lui sont chers, et brosse de lui-même un portrait sincère, intime et sans fard. Comme pour Autobiographie des objets (au Seuil en 2012), le livre s’est d’abord écrit en ligne, sur tierslivre.net, son laboratoire d’écriture depuis 1997.
Certaines entrées se résument à quelques lignes, d’autres occupent plusieurs pages, toutes sont d’égale importance : c’est la littérature toujours qui jaillit, sous la frappe rageuse de l’écrivain sur son clavier. « Le beau tremble » écrit-il, « ou bien parce que tu projettes sur lui le tremblement qu’il induit ? »

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Aude Seigne – Chroniques de l’Occident nomade (éditions Zoé)

« Il y a beaucoup de narcissisme dans la narration qu’on fait d’une péripétie, mais on omet souvent qu’il y a aussi une absolue nécessité. Entre la Grèce de mes quinze ans et la Syrie de mes vingt-trois, je partais chaque année deux ou trois mois. Nomade, en fait. Puis ça a été le presque burn out. Trop de pays, trop de mouvement, trop de bonheur, de beautés incomprises, d’absences douloureuses, de peur, de rencontre et de séparations. Car la vie continuait pendant mes périodes d’errance, si j’étais à Helsinki, c’était quand même le 1er août que célébraient, en Suisse, amis et famille, si j’étais dans l’Ontario, cela n’empêchait pas ma famille de déménager. En un mois de dénuement presque périlleux au Burkina Faso, trois nouveaux magasins avaient vu le jour dans les rues basses de Genève. J’étais donc aussi nomade, aussi désorientée au retour qu’au départ. Je ne comprenais pas ce que j’avais quitté — l’appréhension du monde s’effectuant toujours pour moi de manière poétique d’abord, intellectuelle ensuite — et je ne comprenais pas ce que je retrouvais non plus. »

seigneChroniques de l’Occident nomade n’est pas le récit d’un voyage. Il est une réflexion sincère, sans fard — parfois même impudique —, sur notre place dans le monde, sur l’impossibilité d’être quelque part chez soi. Il est le portrait d’une jeune femme née en 1985, brossé à travers une série d’instantanés pris à différents endroits et en différents temps. Il est peut-être le portrait de sa génération.
Chroniques de l’Occident nomade est un livre qui parle de voyages, qui parle d’amour et d’errance. Il parle de chambres d’hôtel, de longs trajets à pieds, de longs trajets en voiture, il parle de rues désertes et de belles rencontres, il parle d’attente et d’éblouissement, il parle de Rimbaud, Dostoïevski et Bouvier.
Porté par une très belle écriture, ce petit texte de 140 pages est surtout un très grand livre. Il a reçu en 2011 le prix Nicolas Bouvier au Festival Étonnants Voyageurs à Saint Malo.