Étiquette : journal

  • Un soir au pub

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    Dans un pub, non loin de St Christopher’s place, il y a une inscription au plafond que l’on ne peut vraiment lire qu’allongé sur le sol. C’est une citation attribuée à l’acteur Oliver Reed : S’ils peuvent se coucher sur le plancher sans avoir à se tenir, alors ils ne sont pas ivres, tout juste se reposent-ils. Au Hand and Shears, sur Middle street, les prisonniers étaient jugés à l’étage, et si le jugement était en leur défaveur, ils étaient autorisés à boire un verre au bar avant d’être conduits à la potence. Le Two Brewers, du côté de Covent Garden, s’appelait autrefois le Sheep’s Head, parce qu’on y déposait chaque jour à côté de l’entrée la tête d’un mouton fraichement abattu.
    Un chien, plus vrai que nature, portant sur sa tête une lampe surmontée d’un abat-jour, est installé au-dessus de la porte du Black Dog, à 200 mètres de notre hôtel, du côté de Vauxhall. C’est une grande pièce qu’un simple comptoir sépare des cuisines. On y sert des burgers et du fish & chips, et on y propose à la pression une dizaine de bières différentes.

    (L’appel de Londres – editions publie.net 2015)

    Le livre L’appel de Londres est disponible au format numérique et en édition papier en librairie et sur toutes les plateformes de vente en ligne.


    Photo : Londres, octobre 2014

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  • Journal de la nuit noire

    le jour

    Jusqu’où peut-on tirer la nuit ? Et le corps, il peut aller jusqu’où dans l’absence du sommeil ? Je tire sur la corde jusqu’à ce qu’elle casse, mais si ça ne vient pas, si elle résiste et qu’à la fin elle se tend d’un coup sec, le risque c’est de se balancer au bout, non ? Pousser le corps jusqu’aux limites, il y a longtemps que les clignotants sont passés du vert à l’orange, maintenant les lumières sont au rouge, les alarmes se sont toutes mises en route, au début ça vrille les tympans, mais après je ne les entends même plus, après c’est juste un léger mal de tête, le corps je ne sais pas, le corps il reste assis dans le fauteuil, il n’y a plus que le cerveau, les yeux et les doigts sur le clavier, les yeux de plus en plus fixes, au début ils se fermaient, maintenant non, ils sont comme fermés ouverts, avec un voile rose humide devant, ils enregistrent sans les voir les lettres qui tombent sur l’écran gris pâle, état second — état tiers même —, les portes de la perception chères à Huxley et Morrison éventrées, franchies depuis longtemps ; derrière moi les cadavres pourrissants, les murs qui suintent. Mon enveloppe charnelle décrépie, derrière aussi : le risque c’est d’y laisser ma peau, la bonne blague, ça m’arrangerait un peu, de pouvoir m’en défaire, la laisser derrière moi, cette vieille peau, comme une mue qui m’aurait accompagnée jusque là, pour me permettre de repartir à neuf, avec une peau nouvelle bien ferme, élastique, la vitalité retrouvée au-delà du sommeil. Pouvoir passer la barrière, étirer la nuit au-delà même du jour. Sortir du corps et plonger enfin dans l’abîme du temps.
    Alors, levant les yeux de mon clavier malade, par le toit défait je verrais la lumière.


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  • notes pour moi-même

    carnet photo

    Les cinquante nuances de générateurs continuent de s’écrire, au rythme d’un à trois textes par jour (déjà une vingtaine en réserve), mais j’arrête pour l’instant de les publier en ligne, au moins le temps de voir où me mène ce projet.

    Accords de principe reçus ces dernières semaines pour la publication de plusieurs nouvelles, mais sans doute pas avant 2016 ; il est trop tôt pour en dire plus. Des nouvelles, je commence à en avoir beaucoup, et il me faudrait prendre le temps de mettre tout ça en forme, mais le temps manque. Pour l’instant, ce sont encore des petits cailloux que je sème en chemin. Je verrais bien si je retrouve ma route ensuite !

    Les enregistrements audio se poursuivent avec Lilac Flame Son. Réflexions aussi sur le format des vidéos, et déjà de courtes séquences vidéos filmées en prévision. Quelques belles choses, vraiment, sont à venir !

    Mais la grande annonce du moment, c’est la création de La Piscine, revue graphique et littéraire avec Louise Imagine, Christophe Sanchez, Isabelle Pariente-Butterlin et Alain Mouton, un projet né au début de l’été et dont le premier numéro est en cours d’élaboration. Vous pouvez déjà nous retrouver sur Facebook, Twitter et Instagram, en attendant le site et la revue papier.


    La rentrée littéraire est là, si jamais ça vous avait échappé, et il y a pas mal de bons livres qui vous attendent sur les tables des librairies : Bleu de travail de Thomas Vinau aux éditions La fosse aux ours, 7 de Tristan Garcia chez Gallimard, Boussole de Mathias Enard chez Actes Sud et Il était une ville de Thomas Reverdy chez Flammarion m’ont tous pas mal accroché.
    Et puis il y a L’infinie Comédie de David Foster Wallace, la traduction tant attendue d’Infinite Jest, mais j’attendrais l’hiver et d’avoir terminé 2666 de Bolaño pour m’attaquer à ça (1487 pages quand même !). Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, je vous conseille vivement la lecture du très bon article de Titiou Lecoq dans Slate, Infinite Jest, la momie de Toutânkhamon de l’édition française.


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  • Bussana Vecchia

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    Photo : Bussana Vecchia, Italie, juillet 2015
    En savoir plus sur Bussana Vecchia : lire ici.


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