L’abandon à l’intime

Une irréductible fragilité.

Ainsi vont les jours

Mais, à la lisière du monde, une lueur !


Une photo, un rêve, un oracle : l’hexagramme de l’astro pop !

L’espace mental optimal

Toi seul sais exactement comment tu veux les choses.

Reste seul, mais toujours attaché au monde.

Et résiste aux sirènes !


Une photo, un rêve, un oracle : l’hexagramme de l’astro pop !

Poèmes du hasard

Fenêtre ouverte, volets fermés, pour que rentre le frais et ne se sauvent les chats, je lis à la lueur d’une lampe de poche posée sur le bureau, un peu comme à la bougie. J’attrape dans la pénombre des livres sur l’étagère derrière moi, où sont les recueils de poésie.
Je les ouvre et je lis au hasard.

Cherchant par ailleurs un synonyme de hasard, j’ai trouvé risque et péril, fatalité, fortune, occasion et aubaine. Nul doute qu’il y a tout ça dans la poésie.
Et le merveilleux.


Car ce monde, nous savons toujours l’aimer, nous qui dénichons
Un chaton affamé sur une marche, et connaissons
Des retraites qui le soustraient des fureurs de la rue,
Ou de tièdes coudes déchirés en guise d’abri.

(Hart Crane — Chaplinesque)


Dans le café près de la synagogue orientale
Tu me sembles toi aussi venue d’Espagne.
Tu écris — une mèche brune caresse le papier,
Le cajole,
S’en éloigne pour mieux le frôler.
Ton visage disparaît derrière tes cheveux,
Tes doigts repliés s’agrippent au crayon de bois
Et je sais
Que malgré tous les signes tracés,
Malgré toutes les traces,
Nous n’écrivons rien.

(Mathias Enard — Dernière communication à la société proustienne de Barcelone)


J’ai rencontré un homme sur South Street, grand —
une dent nerveuse de requin oscillait sur sa chaine.
Ses yeux pressaient contre le verre verdâtre
— des verres verdâtres, ou c’étaient les lumières du bar qui les faisaient
ainsi —

briller —

en VERT —

ses yeux —

Sortirent — oublièrent de vous regarder
ou vous laissèrent à quelques pâtés de là —

(Hart Crane — Cutty Stark)