L’usine à cheese-cake

Cheesecake Factory

Michigan avenue. Devant nous, une femme traverse à pas rapides, enveloppée dans un manteau noir, les cheveux tirés, la tête baissée, cachée par un foulard et d’épaisses lunettes de soleil. Derrière elle, son garde du corps, la veste ostensiblement ouverte sur son holster, l’arme chromée bien visible, une oreillette à l’oreille, ne lâche pas des yeux sa cliente. Impossible de savoir qui était la jeune femme : à peine le temps de les voir qu’ils avaient disparu, comme une image dans un rêve, une vision fantasmée de l’Amérique.

En arrivant devant le John Hancock Center, nous avisons sur le côté l’entrée de la Cheesecake Factory, un restaurant situé au rez-de-chaussée de la tour, et moi je ne résiste pas à un cheese-cake. Il est midi, nous n’avons pas déjeuné, et il nous faut de toute façon prendre des forces pour grimper les 94 étages qui nous séparent de l’observatoire (certes, oui, en ascenseur). Par chance, il y a peu de monde, et nous pouvons profiter pleinement de l’endroit et de son ambiance tamisée art déco du meilleur effet. Les hamburgers, délicieux, auraient largement pu suffire à nous rassasier, mais j’ai dit mon goût pour le cheese-cake, et cheese-cake il y eut… Allez vous lever après ça et reprendre comme si de rien n’était le cours de votre journée !
Prendre de la hauteur nous fait du bien et la vue depuis l’observatoire est fabuleuse. Nous y restons un bon moment, jouant avec les écrans tactiles fort bien conçus qui permettent de nous situer en temps réel grâce à des webcams et des cartes interactives, prenant beaucoup de photos, nous reposant enfin autour d’une table et d’un café, Chicago sous nos pieds quelque chose comme 340 mètres plus bas.

Une photo par jour : 212 — Serveur au restaurant Cheesecake Factory de Chicago
Fragments d’un voyage : Chicago, octobre 2013

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The Magnificent Mile

Jean Baptiste Pointe du Sable

En sortant de l’hôtel le matin, nous nous sommes dirigés vers le bien nommé Magnificent Mile, cette portion de la Michigan avenue qui part du Du Sable Bridge pour rejoindre Oak Street et où sont quelques-uns des plus beaux immeubles et des plus hauts gratte-ciels : ainsi du Wrigley Building, dont l’architecture s’inspire de la cathédrale de Séville ou de la Tribune Tower, siège du Chicago Tribune, inspirée de celle de Rouen ; plus loin, c’est encore la Chicago Water Tower ou le John Hancock Center — 344 mètres de hauteur ! —, où nous profitons de la vue panoramique depuis l’observatoire du 94e étage.
À la base de la Tribune Tower, les mûrs intègrent quelque 136 pierres provenant de monuments historiques rapportées du monde entier par les correspondants du journal au moment de sa construction, en 1925. Cela va de Notre-Dame à Paris jusqu’à la muraille de Chine, en passant par le mur de Berlin où les pyramides d’Égypte.

À l’extrémité nord du pont qui porte son nom, un buste de bronze, réalisé en 2009 par le sculpteur Erik Blome, rend hommage à Jean Baptiste Point du Sable, un métis d’origine haïtienne, considéré aujourd’hui comme le fondateur de la ville, qui, dans les années 1780, installa un comptoir commercial à l’embouchure nord de la Chicago river, et y fit construire sa maison, devenant ainsi le tout premier habitant de ce qui allait devenir Chicago.

Une photo par jour : 211 — Buste de Jean Baptiste Pointe du Sable
Fragments d’un voyage : Chicago, octobre 2013

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