L’âge d’or

Aucune influence, aucun éveil soudains ne sont durables.
L’homme pèse les choses et les rend égales. Lorsqu’il s’enfonce dans la forêt, il marche vers son âge d’or.

Au centre de la terre est une montagne. Sur la montagne, un arbre. L’arbre sur la montagne est visible au loin. Le vent qui se lève est doux à l’homme qui marche.

La vie parvient ici à son terme. L’œuvre est achevée.


Une photo, un rêve, un oracle : l’hexagramme de l’astro pop !

Un doigt levé dans les ténèbres

La voisine généreuse était bien disposée, mais lorsque le feu s’éteint, il n’y a plus ni à manger ni à boire. L’art est un combat. Un chemin solitaire. Le cours sombre d’une vie construite sur des charbons ardents.

Parfois, il faut choisir entre le besogneux ou l’esthétique.
La contemplation transforme le sujet observé.
L’épanouissement viendra après la traversée du tourbillon vers où vous conduisent vos pas.

Dans votre prochain rêve, notez vos gestes et l’expression de votre visage.


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Hasard et entropie

Se battre contre l’entropie. Contrer le temps. Empiler des pierres et conjurer le chaos.

Les rêves érotiques n’arrivent pas par hasard.
Le rêve passé représentait les désirs sexuels d’une rêveuse ? Il faudrait se rendormir et la rejoindre pour en avoir le coeur net.
Finalement, votre mérite est peut-être d’ordre moral. Regardez : vous rêvez encore de bonheur.

Des chiffres sont associés au rêve. Vous pouvez jouer ces chiffres, mais vous n’y gagnerez rien.


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Vent et tonnerre

En haut le vent
En bas le tonnerre

S’affranchir de principes trop rigides permet de se ressourcer.
Se ressourcer requiert la diminution de ce qui se trouve en excès.
Les évènements négatifs peuvent ne pas poser problème quand on est en position de force.

Les conditions de la réussite ne sont pas encore réunies. Sois patient et flexible. Cultive la mesure. Conserve ton énergie et assemble les choses.
Sois attentif aux détails, avance avec modération. Adapte-toi aux influences externes, sans jamais fléchir : ne garde qu’un élément de chaque chose.


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Ode à LA

Les voilà, les raisons du déclin de Los Angeles. J’ai toujours pensé que c’était vrai. Selon de nombreuses sources dans le quartier, des lézards vivent dans les égouts de LA. Des hommes et des femmes lézards qui sortent la nuit pour aller boire un verre dans les bars du centre-ville ou danser à La Cita. Ici, vous entendrez ce genre de conversations, encore et encore. Et un frisson glissera sur votre nuque. Vous savez bien, ce genre de sensation : l’air est chaud et lourd, les arbres immobiles, et soudain souffle un vent morbide à travers vos fenêtres. On dit qu’un homme chargé de la maintenance s’est effondré ici, entre une biture et une dispute avec sa compagne de l’époque. Il ne vivait pas dans cet immeuble, l’immeuble où il travaillait. Il vivait d’un assortiment d’hallucinogènes. La drogue peut être une décision créative : des lumières s’allument et s’éteignent toutes seules, aux moments les plus incongrus. La route de nuit, il la voyait depuis les toits. Des choses se produisent tout le temps que nous ne pouvons pas expliquer. Barney, lui, a toujours son juke-box, le totem de la paix. Il y a un buste dans la cour intérieure, source d’embrouilles et de controverses. Les graffitis sur les murs sont devenus des accessoires indispensables. Autrefois, dit-on, les tramways allaient partout, de Venice à la vallée de San Gabriel, mais c’est faux. Le vent, la précipitation, la température et les changements de pression barométrique affectent uniquement la surface et le sous-sol peu profond de la Terre. Les membres des gangs conduisent avec leurs phares éteints et personne ne marche à Los Angeles. La mère de toutes les routes, la rue principale de l’Amérique a été repérée dans le vent sauvage. À Hollywood, il y a une Déesse au sommet de la montagne, là où, dit-on, une starlette s’est donné la mort, mais on n’a jamais su si c’était par la fumée ou le feu. Et ce vendredi soir, le Dahlia Noir se prépare à souffler les portes de l’enfer pour la fête du jour des Morts.


Photo : États-Unis, juillet 1985

Licence Creative Commons

L’homme au mojo triste (pour Jim Morrison)

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La vie réelle s’étire en longs après-midis passés à ne rien faire. Je vais de motel en motel, l’ennui est mon royaume et l’avenir a comme un air mutant.
À minuit, à l’heure où dansent les morts avec des filles nues dans la boue, je sers aux hommes-chiens leurs repas de sang frais. Ma tristesse se dissipe dans la nuit, mais elle m’entraine si loin que je ne suis pas sûr de retrouver ma route. Je vois bien la lumière en haut de la tour du guet, mais c’est celle de l’écran vide d’un poste de télé. La folie imprévue, une maladie étrange, a congédié mon âme ; elle me conduit dans un fracas d’enfer et m’abandonne au carrefour d’un chemin et moi je fais un vœu au corbeau qui s’en vient creuser ma tête bleue, couchée sur le côté, cheveux au vent, sur le bord du sentier.


Il y a 45 ans, le 3 juillet 1971, James Douglas Morrison mourrait à Paris.
Il est enterré au cimetière du Père Lachaise. La photo a été prise en novembre 2014.

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Les ondes gravitationnelles

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Mes grandes mains élastiques fondent sous le regard de ton œil magnétique. Je m’enivre à une vitesse étourdissante de l’électrique infini de tes reins, mais tu n’es jamais précisément là dans la bascule de nos vies accélérées, et c’est à peine si tu te souviens de la courbure du temps.
Je marche principalement par oscillations, englué à ta surface, dans la noirceur des productions de masse. Le vide, pareil à une onde de folie changeante, me rappelle les fantasmes qu’on nous fournissait jadis.

Nous mourrons de voyeurisme, sans jamais voir la source du soleil. Je tiens le diable fermement par les hanches, le contraignant à un baiser mortel : la physique éphémère de nos existences est le prix relatif à payer.


Photo : Garage à l’abandon, Saint-Hippolyte-du-Fort — février 2016

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